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| La dépêche
de l'Aube n°747 du Jeudi 15 janvier 2004 | 
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Budget du Conseil
Général La Droite refuse toute avancée proposée
par les communistes |
Le
Conseil général vient de se réunir durant deux jours pour
examiner et voter le budget 2004. Un budget qui ne prend pas réellement
en compte les problèmes du département comme devait le souligner
Joë Triché au nom des élus communistes. Les lecteurs de la
Dépêche pourront le constater en prenant connaissance de sa déclaration
dont nous publions des extraits. Si tout ne va pas mal dans l'Aube, il faut
admettre que notre département est confronté à certains nombres
de défis majeurs comme l'emploi, la désindustrialisation, la formation,
l'insuffisance de moyens sanitaires, des difficultés d'existence qui frappent
des milliers de familles auboises. Certes, la solution de tous ces problèmes
ne peut dépendre de notre seule assemblée. La responsabilité
première en revient bien évidemment au gouvernement. Avec Chirac/Raffarin
tout s'aggrave Les décisions qu'ils prennent, loin d'apporter un début
de solution, aggravent la situation en plongent nos concitoyens dans l'insécurité
sociale. Leur politique a pour objectif de répondre aux exigences de
la construction Européenne guidée par le traité de Maastricht
avec à court terme la réduction du déficit en transférant
des charges aux collectivités et à long terme en cassant la spécificité
française en matière de service public en ouvrant en grand les vannes
au marché. De fait, de plus en plus, les budgets des collectivités
vont être les relais de cette politique se traduisant par la perte de leur
autonomie. Avec la droite, l'Aube banc d'essai de la politique ultra libérale S'adressant
à Ph. Adnot, le Président du Conseil général, Joë
Triché élu communiste lui lança "sans la moindre hésitation,
vous inscrivez la politique du département dans cette optique. Vous allez
même parfois au devant en proposant que lAube serve de banc d"essai
à cette politique ultra libérale". Pourtant, même si
notre assemblée n'a pas toutes les clés des solutions à mettre
en uvre pour s'attaquer aux problèmes rencontrés dans notre
département, elle pourrait avec son budget, affirmer une volonté
politique visant à les affronter. Le bilan d'une droite hégémonique Depuis
toujours, la droite auboise détient toutes les manettes de commandes du
département. Pour quel résultat ? -plus de 13 000 salariés
sont au chômage -le taux horaire moyen est inférieur de 16% par
rapport à celui pratiqué en France -la désindustrialisation
se poursuit avec les délocalisations -des milliers de salariés
licenciés se retrouvent dans la quasi incapacité de retrouver un
emploi car ils sont sans réelles formations leur permettant d'évoluer
vers des métiers plus qualifiés et mieux rémunérés. Moins
de salaire, plus d'impôts et moins de services à la population Par
exemple, le produit de la taxe d'habitation et de la taxe foncière bâtie
payé au département est supérieure de 8% par rapport aux
départements de même importance. Par contre le Conseil général
nest pas très généreux à l'égard des
familles auboises puisque les dépenses de fonctionnement sont inférieures
de 12,7% toujours par rapport aux départements de même importance. Une
droite qui refuse de s'attaquer aux inégalités. C'est ce que
démontra l'élu communiste de Romilly " votre budget ne corrigera
pas cette situation puisqu'il est élaboré toujours avec la même
logique à savoir : dégager le maximum d"autofinancement pour.financer
les investissements. En effet, l'excédent financier attendu en section
de fonctionnement sera de 37,3 millions d'euros qui sont totalement utilisés
au financement des investissements. Or, je continue de penser qu'une partie de
cet excédent financier pourrait servir à répondre à
des besoins en attente comme : -une meilleure reconnaissance de la vie associative -le
fonctionnement des collèges notamment ceux classés en zone d'éducation
prioritaire -l'aide à la restauration des élèves des collèges
afin d'alléger la participation des parents -la revalorisation de l'aide
du département aux communes et associations qui développent des
activités en direction de l'enfance ; classes de découverte, classes
de neige, piscine...

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Les élus communistes ont demandé
une majoration de 10% du crédit alloué à la vie associative Depuis
l'année 2000, l'enveloppe qui lui est destinée n'a pratiquement
pas bougé. Certes, celle-ci avait augmenté à cette époque
de 20% comme nous l'avions demandé mais cela correspondait déjà
à un rattrapage puisque ce crédit n'avait pas évolué,
je crois, depuis 1994. A l'époque, nous avions souhaité qu'il
ne soit pas à nouveau bloqué. Ce qui est le cas depuis quatre ans.
C'est pourquoi pour être au niveau de l'aide départementale de l'année
2000, il faudrait majorer cette enveloppe de 10% 2 800 000 d'euros pouvaient
être consacrés à la prise en compte des besoins des habitants. Quand
on étudie le budget 2004, nous constatons une hausse des recettes d'investissements
de 2,8 millions d'euros, soit plus de 18 millions de Francs, par rapport aux orientations
budgétaires de décembre dernier. Vous aviez ainsi la possibilité
de financer certaines actions en direction de la population, pour la vie associative,
les collèges et les collégiens, devait souligner Joë Triché. LDA.
| Intervention
de Marie-Françoise Pautras ( extraits.)

La droite détient tous les pouvoirs
dans le pays. Le gouvernement en profite pour mettre rapidement la France au pas
du capitalisme financier, faire sauter tout ce qui entrave largent roi et
lintérêt des riches au nom de la guerilla boursière. Vous
en êtes, Monsieur le Président, avec votre majorité, un relais
zélé. Vous partagez donc la responsabilité dune politique
qui déstructure les assises de la République, fondée sur
légalité, la justice sociale, la référence au
droit universel des hommes... Les progrès sociaux introduits en un siècle,
sont considérés comme des aberrations économiques... Pour
la bonne marche du système, la misère, le chômage, lexclusion
sont absolument nécessaires pour rendre les hommes dociles et les soumettre
à lexploitation sauvage. Le gouvernement Raffarin sy emploie
en réduisant la durée dindemnisation des chômeurs, celle
de lASS, et en créant le RMA. Dans un département comme
le notre où lindustrie est sinistrée, avec un taux de chômage
élevé, une pénurie de lemploi, ces mesures provoquent
une rage profonde. Des milliers de salariés se sont battus pour sopposer
aux fermetures dusines, aux délocalisations, pour conserver leur
travail, leur salaire. Ils ont été délibérément
sacrifiés, victimes de ce système économique barbare au nom
du profit maximum. Ils ont vécu la détresse, la souffrance du chômage,
la spirale de lexclusion. A la suite, on veut les contraindre avec le RMA,
daccepter nimporte quelle activité et non pas un travail pour
un salaire de misère et pour 18 mois seulement. Et après ces 18
mois, pour bon nombre dentre-eux, ce sera à nouveau la galère.
Car ce qui importe au final, ce nest pas de les réinsérer
dans un monde du travail qui les a jetés, abîmés, meurtris,
dégouttés. Le but, cest dexploiter deux ce qui
est encore exploitable, car cest plus rentable et moins coûteux quune
protection sociale contre le chômage. Le RMA est une loi mauvaise qui
contrevient à larticle 23 des droits de lhomme...
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| Anna
ZAJAC honorée La femme est-elle enfin devenue lavenir de
lhomme ? |
À
l'initiative d'Arthur Badié, Président de l'Association Akwaba,
et de Nadège Nacrier et Karim Mesghiche, deux étudiants en BTS du
Lycée Chrestien-de-Troyes, une soirée "Honneurs aux femmes"
a été programmée vendredi dans la salle F. Doré de
Troyes. Il aura fallu cependant un an de préparation pour aboutir
à ce double résultat d'un spectacle magnifique et de la mise en
valeur du travail remarquable souvent bénévole des femmes dans les
associations ou dans la vie tout simplement. Les initiateurs de cette initiative
pensent à juste titre que les femmes ne sont pas reconnues à leur
juste valeur dans notre société. Ils ont donc voulu mettre en évidence
leur activité dans le domaine social en direction des plus démunis,
etc. Anna Zajac se bat depuis plus de 20 ans au MRAP (Mouvement contre le
Racisme et pour l'Amitié entre les Peuples) dont elle devenue présidente
en 1992. "Pour que les choses bougent, il faut entrer dans l'arène"
dit-elle. Elle lutte (avec de nombreuses autres personnes bien sûr) contre
les injustices et les discriminations, pour le droit des femmes, pour la paix,
enfin sur de nombreux fronts. C'est pour cela qu'elle a été sélectionnée
avec 7 autres femmes. Elle a été ensuite élue avec 3
autres militantes associatives, Annie Argot (mission locale), Mme Jaloux (bibliothèque
annexe des Sénardes), Samia Jerathou (association féminin pluriel)
par un jury très ouvert (1) Anna est également militante et
élue communiste au Conseil Municipal de Troyes. Elle a animé avec
Pierre Mathieu, aux côtés des parents d'élèves, la
bataille contre la suppression autoritaire des études surveillées

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gratuites dans les écoles primaires.
Des activités post-scolaires nouvelles d'accord, dit-elle, mais concertées
avec parents et enseignants, mais également des études gratuites,
comme cela s'est toujours fait à Troyes. Sans doute cela n'a pas dû
jouer beaucoup dans le choix de certains membres du jury ! Ajoutons que la
soirée fut d'une exceptionnelle qualité. On y a remarqué
Madah, styliste et rappeuse, Hanane, chanteuse, ainsi que l'école de danse
moderne du Conservatoire (Junior Ballet) qui nous a enchantés par sa virtuosité
et sa qualité. L'Est-Eclair a rendu-compte de cette initiative mais
a curieusement oublié de citer le parcours des 4 nominées. On aurait
d'ailleurs aimé les voir en photo. Ne nous plaignons pas, leur nom apparaît
quand même en tout petit, bas de page. Espérons que l'initiative
d'Arthur Badié et des jeunes du Lycée Chrestien fasse progresser
la parité véritable car on est encore loin du compte en France en
ce qui concerne l'accession aux responsabilités et l'égalité
des salaires ou des droits. Si le spectacle a duré une soirée,
la lutte pour l'égalité est permanente. LDA
(1) Elisabeth Grandpierre (Préfecture), Sylvie Bertail
(adjointe au maire de Troyes), Me Poret (directrice Jeunesse et sport), Anne Corbin
(CIDF), Françoise Sculfort (Lycée Chrestien), Ronnie Martin (journaliste),
Eric Loison (enseignant)..
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Retraites
Le dossier nest pas clos |
Le
gouvernement de combat de Jean-Pierre Raffarin pilonne. Alors que vont
paraître les décrets d'application de sa réforme des retraites,
il vient d'éditer à plusieurs millions d'exemplaires deux guides
pratiques pour "comprendre et préparer sa retraite". Comprendre
à sa manière, s'entend. Côté syndical, la CGT, l'UNSA
et la FSU ont engagé une riposte avec une brochure d'une trentaine de pages
analysant la réforme. La bataille des retraites est sans doute loin d'être
finie. Ne serait-ce que parce que cette réforme n'est pas financée.
Surtout sans doute parce qu'elle vient ébranler tout le socle social de
la France. Ce gouvernement est bien en effet un gouvernement de combat. D'une
part, parce qu'il est déterminé à mettre à bas plus
d'un demi-siècle de conquêtes sociales, construites aux lendemains
d'une Seconde Guerre mondiale qui avait redessiné le monde au prix terrible
que l'on sait, ensuite, parce qu'il le fait en menant une offensive idéologique
et réactionnaire sans précédent, en France tout du moins,
depuis des décennies. Il s'agit quant au fond d'en finir avec l'idée
forte, précisément, de cet immédiat après-guerre où
il fallait tout reconstruire. À savoir que le but de la vie en société
est le bonheur des hommes et que, pour cela, ils ont à construire le cercle
"vertueux" de la croissance économique et du progrès social.
La croissance économique peut permettre le progrès social et le
progrès social est en retour le moteur d'une vraie croissance économique. C'est
bien le fondement de la retraite par répartition. Elle est non seulement,
comme on le dit souvent, le fruit d'une solidarité nécessaire entre
générations, mais elle 
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est aussi une conception du monde. Non,
la vie n'est pas faite que de travail. Oui, il existe un autre temps, du repos,
du partage. C'est déjà beaucoup. Mais, plus encore, la répartition
suppose, appelle et conforte une croissance au service des hommes, faite de formation,
d'emplois qualifiés, de crédits au service de la création
d'emplois, de productions à haute valeur ajoutée sociale. Elle rejette
la politique du presse-citron, la course à l'argent, la précarité,
la surexploitation des jeunes et des femmes. Ce n'est pas d'ailleurs un détail
ni un hasard. Ce sont justement les jeunes et les femmes qui vont souffrir le
plus de cette antiréforme. Les jeunes et les femmes arriveront au terme
d'une vie de travail morcelé, atomisé, à un terrifiant "no
future". Condamnés. Mesure-t-on vraiment ce que cela représente
? Et ce qui était possible dans l'immédiat après-guerre ne
le serait plus aujourd'hui? Certes, de semblables réformes des retraites
sont à l'uvre dans nombre de pays et particulièrement en Europe
et, dans nombre de pays, elles soulèvent des vagues de protestations similaires
à notre printemps. Mais ce que prouvent ces réformes, ce n'est pas
du tout qu'elles seraient la seule solution. Ce qu'elles prouvent, au contraire,
c'est que nous sommes face à un choix de civilisation. Ou plutôt
à des choix de civilisation, dont ceux que remettent en cause, sous des
formes diverses, les forces qui rejettent la mondialisation libérale, les
forces syndicales, ce que l'on appelle le mouvement social, les forces politiques
qui ne se contentent pas dans le monde, en Europe, en France d'accompagner le
capitalisme avec humanité, mais qui entendent, d'une façon ou d'une
autre, remettre en cause et dépasser ses logiques . | | |
Dérisoire Autrefois la baleine avait des pattes et l'homme se traînait
sur quatre. Il grimpait aux arbres, n'avait pas de lumbago ni de varices ni d'hémorroïdes.
Mais depuis qu'il met des cravates et qu'il a fait faire des pas de géant
à l'humanité, il a glané ces menus bobos. Il s'est appelé
Armstrong, avec ou sans trompette, Gagarine, Pasteur, Galilée, Einstein,
Curie, Joliot, Langevin. Il a tordu le fer, extrait le radium de la pechblende,
débusqué le noyau de l'atome, et inventé ne serait-ce que
la cocotte-minute, ou la machine à coudre. Tout cela vaut bien quelques
inconvénients de santé. Oui, l'homme a fait du chemin et ses
bobos sont dérisoires. Il y a plein de malfaçons dans l'homme, physiques
et morales. Car accomplissant les progrès qu'on sait, il a acquis aussi
des difformités psychologiques comme de devenir cachottier, malveillant,
vaniteux, flatteur, hypocrite, politicien en un mot. Ce sont des petites choses
sans importance au regard des progrès des civilisations. Voyez comme
serait dérisoire le refus d'un maire de donner le nom d'une rue à
Maurice Camuset. Malicette | |
...Savoir titrer Libé titre "Pas d'instits en moins dans le
primaire". Il aurait pu aussi titrer "Pas d'instits en plus dans le
primaire" ! ce qui aurait voulu dire qu'il regrettait un nombre insuffisant
de postes pour satisfaire les besoins, alors que son titre actuel signifie qu'il
est content quand le recteur ne diminue pas le nombre de postes dans l'Aube. En
fait , le titre utile et véritable aurait dû être : 52 postes
supprimés dans la région Champagne Ardenne. Grogne des syndicats. L'Est-Eclair
a titré, certes en petit, "grogne des syndicats", ce qui était
juste mais neutre (un syndicat se doit d'être grognon). Dans l'Aube,
on avait pris l'habitude de dire que Libé et l'Est Eclair c'était
la même chose. Erreur on le voit. Malicette. |
Voeux
de Chirac La feuille de route du Medef |
En
entendant, lors de ses voeux, Jacques Chirac inviter le gouvernement à
passer à la vitesse supérieure, des millions de Français
ont dû se demander quelles nouvelles catastrophes les attendaient. Certes,
le président a déclaré 2004 année de l'emploi et le
chômage reste la première préoccupation des Français.
La priorité affichée devrait les combler ? Mieux vaut y regarder
à deux fois. On connaît le chic de Chirac pour emballer d'un papier
doré des cadeaux empoisonnés. Chirac a pris soin d'évoquer
son bilan 2003, égrenant la réforme des retraites, la politique
du tout sécuritaire, les baisses d'impôts et de charges qui n'ont
en réalité profité qu'aux plus hauts revenus, la compression
des dépenses publiques de l'État, «l'assouplissement"
des 35 heures. Quel tableau de chasse. Voilà qui nous éclaire sur
les promesses à venir. Avec un tel point de départ, pas étonnant
que le président de la République ne dise mot de l'ampleur des souffrances
sociales, ignore les 180 000 chômeurs privés de leurs indemnités
au 1er janvier, et voit au contraire le pays sur le bon chemin". En
écoutant ces vux, on ne pouvait manquer de se demander à qui
Jacques Chirac s'adressait-il droit dans les yeux ? À la France et à
ses salariés ? Ou tout simplement aux dirigeants du Medef, pour leur confirmer
qu'il ne dérogerait pas à sa feuille de route ? Sur l'emploi
justement, la priorité présidentielle a été clairement
dite : "alléger les procédures inutiles et les charges excessives
qui entravent le dynamisme des entreprises". Traduisez: "dérégulation
sociale, abaissement des salaires, recul des cotisations sociales". Ces directives
reposent sur un postulat une nouvelle fois réaffirmé, "la puissance
économique est la condition du progrès social", une manière
plus élégante de dire ce que le chancelier Helmut Schmidt  |
avait énoncé,
il y a plus de vingt ans, et qui a largement fait la preuve de son échec
: "les profits d'aujourd'hui sont les emplois de demain". Chirac peut
bien après cela évoquer le droit à la formation, la prévention
des licenciements, le droit aux reclassements, l'égalité professionnelle
; ces objectifs resteront des vux pieux si la baisse du coût du travail
reste le centre de gravité de la politique d'emploi du gouvernement. De
nouveaux cadeaux aux grands patrons Mardi dernier, devant les représentants
des "forces vives", Chirac a confirmé ses projets de déréglementation
sociale. Il prend de moins en moins de précaution pour présenter
son projet libéral et n'en finit plus de donner des gages au patronat.
À commencer par des étrennes sonnantes et trébuchantes :
une exonération de taxe professionnelle sur les nouveaux investissements
pour une première période de 18 mois. Soit un milliard et demi d'euros,
au bas mot, lâchés sans un seul engagement concret de créations
d'emplois en contrepartie. Et ce n'est pas tout : il promet au Medef l'allègement
de la législation sociale pour embaucher et surtout débaucher plus
facilement, la priorité donnée au Rma qui va livrer aux patrons
une main d'uvre à prix cassé, une réforme générale
de l'assurance maladie dans l'esprit de celle conduite pour les retraites
Il
vaudrait mieux renverser la donne, construire la politique de l'emploi et donc
le dynamisme économique sur ces nouveaux droits à la formation,
à la sécurisation de l'emploi, à l'égalité,
à une mobilité choisie. C'est par là qu'il faut commencer
et non l'inverse. Pour y parvenir, il faudra ranger au rayon des antiquités
les dogmes anti-salariaux qui non seulement ne sont pas une arme contre le chômage
mais contribuent à généraliser son avatar, la précarité
qui est déjà le statut social le plus répandu parmi les jeunes.
JPC |
Charm
EL-CHEIKH La jungle des charters |
Face
à la plus grande catastrophe aérienne frappant notre pays, une question
hante lesprit : la «jungle» des charters et la déréglementation
des vols aériens sont-elles, directement ou indirectement, à lorigine
de ce nouveau crash ? La structure même de Flash Airlines laisse
songeur. Créée en 2000 avec des capitaux égyptiens et italiens,
cette société est en fait la filiale d'un voyagiste local, Flash
Tour, spécialisé dans l'accueil de touristes occidentaux. Seulement
voilà, cette compagnie groupusculaire ne disposait que de deux avions,
des moyens-courriers Boeing 737-300. Or, l'appareil qui vient de s'abîmer
en mer Rouge avait effectué quatre vols ce vendredi, l'un vers Turin aller-retour,
l'autre vers Venise aller-retour. Quelques témoignages venus d'Italie concernant
la liaison du 27 octobre 2002 entre l'Égypte et Bologne sont affligeants:
problèmes techniques, explosion et flammèches sur un moteur, escale
d'urgence à Athènes
D'où des questions évidentes.
Quel était l'état de maintenance ? Pourquoi Flash Airlines n'était
plus autorisée à pénétrer l'espace aérien suisse
depuis octobre 2002 ? Et pourquoi les autorités françaises compétentes
n'avaient-elles pas pris la même décision ? De même, il
n'est pas inutile de savoir que les passagers français provenaient de trois
tour-opérateurs différents - illustration caricaturale des pratiques
mondiales des vols charters. En Égypte, aucun tour-opérateur français
n'affrète d'avions, n'étant pas sûr de les remplir! Tous font
appel à des "consolidateurs" dont la fonction est de faire du
remplissage. Qui n'a pas connu lors de voyages personnels ces heures d'attente
sans explication, ces incertitudes sur le nom de la compagnie, ces conditions
de transport proches de convois à bestiaux, ces doutes concernant l'état
intérieur ou extérieur des avions  |
empruntés
Bien sûr les tarifs pratiqués sont attractifs. Mais quelles conséquences
? Argent, profit, richesse, concentration, libéralisme forcené,
voilà les seuls mots d'ordre des compagnies aériennes, mécanique
infernale qui se nourrit de sa seule logique de rentabilité et de réduction
des coûts. Deux ans et demi après le 11 septembre et la crise
dans le secteur, les compagnies accélèrent leur restructuration
et leur privatisation, sans pour autant échapper aux turbulences provoquées
par la forte libéralisation. Le vice est tel que, face aux compagnies à
bas prix, les "grosses" entreprises pensent échapper à
la crise en réclamant toujours plus de déréglementation !
En vingt ans, 150 000 emplois ont été supprimés dans le transport
aérien mondial. Pourtant, l'Union européenne poursuit son projet
de ciel "ouvert" ultralibéralisé, dont la philosophie
peut se résumer ainsi: la mise en concurrence sauvage des compagnies privées,
vers lesquelles se tournent le plus les tour-opérateurs, aura " nécessairement
des effets bénéfiques". Mais le bilan est tout autre. Non seulement
la libre concurrence tant vantée a laissé la place à quelques
groupes hypertrophiés, mais malgré des tarifs promotionnels pratiqués
sur quelques lignes par des compagnies plus ou moins éphémères,
le prix des billets n'a cessé d'augmenter. Ce contexte risque donc d'empirer. Ajoutons
enfin que ce drame survient en pleine psychose terroriste. S'il est difficile
d'apprécier à sa juste mesure les réelles menaces annoncées
chaque jour, sommes-nous pour autant obligés de suivre les Américains
les yeux fermés dans une surenchère sécuritaire, certes destinée
à dissuader les candidats aux meurtres, mais qui génère aussi
fantasmes et entorses sérieuses aux libertés individuelles ?. | |