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La dépêche de l'Aube n°799
du Vendredi 14 janvier 2005
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Non
à la Constitution Giscard
Lappel des artistes.
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Cent huit artistes ont déjà signé cet
appel national pour le droit à la culture dans une Europe
sociale, solidaire et démocratique !
Face au risque dune culture de plus en plus élitiste,
où seuls des produits de consommation culturelle seraient
proposés à celles et ceux qui nont pas les
moyens de soffrir un accès à la culture.
Face aux attaques généralisées contre la
culture et celles et ceux qui la font vivre, en France comme dans
le reste de lEurope.
Face à un désengagement constant de lEurope
des questions culturelles (cf. paragraphe 151 du traité
constitutionnel), où le budget culturel ne représente
quà peine 0,003 % du budget communautaire .
Face à lAGCS et toute autre tentative dinclure
la culture dans un impératif de rentabilité dicté
par Bruxelles ou ailleurs.
Face à la mondialisation libérale, responsable directe
de la ruine de pays entiers et de secteurs économiques
complets.
Face à la concentration de plus en plus grande dans le
secteur culturel (télévisions, édition, distributeurs,
laboratoires cinématographiques, exploitants, etc.).
Nous, artistes, technicien-ne-s, salarié-e-s du spectacle,
de laudiovisuel, des arts plastiques et graphiques, de lédition,
du cinéma, travaillant par intermittence ou non, nous associons
pleinement à lappel dit Copernic dans lequel nous
reconnaissons la nécessité de combattre cette Europe
ultralibérale que lon nous prépare, dans la
continuité des précédents traités,
et qui avalise les principes dune économie de marché
dont nous avons déjà subi les effets en France,
avec la réforme du régime de lintermittence.
LEurope quon nous demande davaliser est totalement
organisée autour dun principe unique : le marché,
la généralisation de la concurrence. Cest
cela qui autorise lattaque contre les services publics,
lincitation à lallongement de la durée
du travail et sa flexibilisation, que nous vivons déjà
dans nos secteurs, et ce de plus en plus, année après
année. Cette Europe-là est menée par le haut,
par des négociations opaques entre les gouvernements et
par des instances non élues, telles la Commission européenne
ou la Banque centrale.
Nous ne nous reconnaissons pas dans cette pseudo-Europe qui a
le marché pour idole, et pensons quil est urgent
de sortir de cet engrenage.
Le «traité constitutionnel» adopté par
les chefs dÉtat et de gouvernement le 18 juin 2004
constitue lensemble juridique libéral le plus complet
et contraignant de la planète. Il grave dans le marbre
les dogmes et les politiques inscrites dans le traité de
Rome, aggravé dans un sens néolibéral par
les traités ultérieurs. Il ouvre la voie à
une politique militariste subordonnée à lOTAN.
Il refuse légalité des droits à ceux
qui résident en Europe sans posséder la nationalité
dun État membre et les désigne au harcèlement
administratif et policier. Il laisse les citoyens à lécart
des lieux de décision.
Il nest dailleurs une constitution ni par son mode
dadoption, ni par son mode délaboration, ni
par son contenu. Sil est ratifié, lunanimité
des 25 États .

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membres sera ensuite requise
pour le modifier. Cela alors même quil fixe dans le
détail des choix politiques, économiques et sociaux
essentiels qui ne pourront donc plus être remis en cause.
Ce vice antidémocratique affecte déjà les
traités actuels ; il est incorporé avec eux
Cette masse de stipulations précises et contraignantes
va toujours dans le même sens : la domination du marché,
la liberté daction des capitaux et des firmes transnationales.
Au fronton de cet édifice est inscrit un principe primordial,
décrété intangible : «Le principe dune
économie de marché ouverte où la concurrence
est libre et non faussée.»
Cette Europe-là nest pas la nôtre. Cest
pourquoi il est urgent de donner à lEurope de nouvelles
fondations qui lémancipent du capitalisme financier
et prédateur, qui la réconcilient avec le progrès
social, la paix, la démocratie, un développement
soutenable, la coopération entre les peuples de la planète.
Nous sommes des partisans résolus dune Europe du
plein-emploi, mobilisée contre le chômage, la précarité
et la dégradation du cadre de vie. Une Europe qui renforce
les garanties sociales, met en oeuvre un développement
économique compatible avec les équilibres écologiques,
défend la diversité culturelle, reconnaît
aux femmes légalité et les droits quelles
revendiquent, et lutte contre les discriminations que subissent
les lesbiennes-gay-bi-trans partout en Europe.
Nous voulons une Europe démocratique, fondée sur
la pleine citoyenneté de tous ses résidents. Nous
proposons une Europe dont les peuples seront les acteurs dun
authentique processus constituant, qui leur permette de décider
vraiment des choix politiques et de contrôler leur mise
en oeuvre. Pour que cette Europe si nécessaire devienne
possible, il faut partout donner la parole aux citoyens et refuser
cette prétendue constitution européenne.
Nous entendons largument de ceux qui combattent avec nous
le néolibéralisme et craignent pourtant quun
tel refus serve les forces réactionnaires. Mais laisser
lEurope actuelle continuer sur sa lancée favorise
lessor dangereux des populismes réactionnaires, des
droites souverainistes, de lextrême droite xénophobe.
Cette Europe-là représente une grande menace pour
lidée européenne elle-même. Cest
pourquoi nous appelons à opposer un «Non» majoritaire
au traité constitutionnel. Un «Non» de gauche,
en rupture avec le système libéral, qui puisse traduire
dans les urnes ce que les mobilisations sociales et altermondialistes
de ces dernières ont exprimé avec le soutien de
la majorité de la population, des salariés, de la
jeunesse.
Cest pourquoi nous appelons à voter non au référendum
sur le traité constitutionnel et rejoignons sur ces bases
lappel Copernic, et appelons tous les travailleur-se-s du
spectacle, de lédition, des arts plastiques et graphiques,
de laudiovisuel et du cinéma, à diffuser et
faire signer cet appel.
Pour signer lappel : culture.europe@wanadoo.fr.
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Pour
une industrie textile européenne forte
Une déclaration de Jacky HENIN, Député communiste
au Parlement européen
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La disparition, sur le territoire de lUnion européen,
des quotas dimportation du textile à partir du 1er
janvier 2005, va provoquer un drame industriel, social et surtout
humain de première ampleur.
En quinze ans, lindustrie du textile et de lhabillement
a perdu en France, la moitié de ses emplois. Ces derniers
temps, les destructions demploi dans cette branche se sont
succédées au rythme de 2000 par mois.
La décision de suppression des quotas prise par la Commission
et le Conseil des ministres de lUnion européenne,
en application des engagements contractés avec lOMC,
est très lourde de conséquence pour lavenir
même de lindustrie du textile en France, en Europe,
mais aussi dans le Maghreb et dans dautres pays du Sud.
Ce sont plus de 70.000 emplois directs qui risquent de disparaître
en France en un an.
Des délocalisations massives se préparent en direction
de la Chine et de lInde. Que faire, quand en Chine dans
le textile, le salaire moyen est 25 fois inférieur à
un salaire moyen français ?
Ainsi, on voit, que la question de la phobie du patronat sur les
«charges sociales» françaises est dérisoire,
en la matière.
Face à ce désastre annoncé, le gouvernement
français et les autorités européennes, ont
décidé quil était urgent de ne rien
faire (ou presque). On compte sur lautodiscipline des exportateurs
chinois et on met en place un «système de suivi»
des importations pour «ob-server si tout le monde joue le
jeu».
On est en retrait, sur les propositions, déjà très
insuffisantes de lex-commissaire européen Pascal
Lamy, alors quaux Etats-Unis, pourtant soumis aux mêmes
pressions de lOMC que lEurope, des mesures de sauvegardes
du marché intérieur, sont prises sur de nombreux
produits du textile et de lhabillement. Force est de constater
que cette soumission servile de lUnion européenne
aux diktats de lOMC, sinscrit entièrement

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dans la logique institutionnelle
du projet de Traité constitutionnelle.
Alors que faut-il faire pour sauver et développer lindustrie
textile française et européenne, pour sauvegarder
des centaines de milliers demploi en France, en Europe et
dans le Maghreb ?
Dabord, il est de la responsabilité des députés
européens et du gouvernement français de se battre,
au niveau de toutes les institutions européennes pour faire
entrer dans les directives et règlements de lUnion
européenne, les propositions stratégiques pour le
développement de lindustrie textile, élaborées
par les cinq syndicats de salariés et les professionnels
de la branche.
Par ailleurs, les fonds structurels européens doivent être
maintenu, passé 2006, à leur niveau actuel, dans
toutes les grandes régions textiles européennes.
Ensuite toute marchandise produite par des enfants, des prisonniers
ou des travailleurs forcés doit systématiquement,
être refoulée aux frontières de lUnion
européenne.
Une taxe sur les profits des entreprises textiles qui délocalisent
et/ou réimportent leurs produits en Europe, doit être
établie. Le produit de cette taxe serait versé aux
entreprises du textile qui investissent dans la recherche, la
formation et lemploi en Europe.
Et enfin, lEurope doit tout faire pour aider au développement
des marchés intérieurs des pays émergeants,
pour que leurs industries répondent en priorité
aux gigantesques besoins des populations, au lieu de se focaliser
sur le «tout pour lexportation». Cest
le seul moyen durable de sortir du cercle vicieux des délocalisations
en cascade.
En tant que député européen, membre de la
commission «Commerce international» du Parlement,
je mets mon mandat à la disposition des salariés
et des professions de lindustrie textile. Car je suis persuadé
que notre pays et lEurope ont besoin dune industrie
textile forte créant des emplois qualifiants, stables et
durables.
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La
moitié des enfants du monde en péril
Un rapport terrible de lUNICEF
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Plus dun milliard denfants «souffrent de
privations extrêmes liées à la pauvreté,
à la guerre, au sida», souligne le rapport de lUNICEF
rendu public sous le titre Enfance en péril.
Faisant référence à la Convention de 1989
relative aux droits de l'enfant, une responsable de l'agence de
l'ONU déclare: "Lorsque la moitié des enfants
du monde grandissent en ayant faim et en mauvaise santé,
lorsque les écoles sont prises pour cibles et que des villages
entiers se dépeuplent à cause du sida, nous n'avons
pas tenu nos promesses prises en faveur de l'enfance".
L'Unicef a établi une liste de "sept privations de
base" qui hypothèquent l'avenir des enfants. À
partir de ces paramètres, les chiffres donnent le vertige
: 90 millions d'enfants souffrent de "graves privations alimentaires"
et 270 millions ne bénéficient pas de soins de santé
; 640 millions d'enfants n'ont pas de logement adéquat,
400 millions n'ont pas accès à l'eau salubre ; 500
millions n'ont pas accès à des installations sanitaires.
Et il est plus inquiétant encore «de constater qu'au
moins 700 millions d'enfants souffrent d'au moins deux privations
de ce type ". À la limite, on en arrive à ce
chiffre démentiel : l'espérance de vie pour un bébé
né en Zambie est de trente trois ans !
La pauvreté ne se limite pas aux seuls pays en développement.
Dans onze pays industrialisés étudiés,

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"la proportion d'enfants
vivant dans des ménages à faible revenu a augmenté
au cours des dix dernières années". En France,
un million d'enfants vivent dans une famille dont le revenu est
inférieur au seuil de pauvreté défini par
l'Insee, soit 8% de la population infantile française .
Le même rapport nous apprend que près de la moitié
des 3,6 millions de personnes tuées depuis 1990 lors des
guerres étaient des enfants.
Quant au Sida, il est responsable de "15 millions d'orphelins
dans le monde. Les enfants subissent les effets dévastateurs
de la pandémie avant même de perdre leurs parents
car ils sont confrontés à des difficultés
financières ou contraints d'abandonner leurs études
pour travailler".
En 2000, lors du sommet du millénaire des Nations unies,
les dirigeants de la planète adoptaient à grands
sons de trompe une série d'objectifs à atteindre
en 2015 "en vue d'améliorer la situation du monde"
: cette échéance ne sera pas respectée.
Pour le président d'Unicef France, "des mécanismes
permettant de dégager de forts investissements comme la
taxation internationale sur certains flux de capitaux doivent
être étudiés et mis en uvre. Investir
sur l'enfance est une question de choix politique : la survie
des enfants est l'affaire de tous. Et c'est aujourd'hui une situation
d'urgence"
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BAISSE TENDANTIELLE
La Poste vient de penser à moi et je l'en remercie. Contre
une hausse raisonnable de mon abonnement qui servira à financer
la modernisation du plus beau réseau d'Europe, la Poste va
faire baisser le prix de ma consommation. Je suis assez friand du
coup de fil et c'est volontiers que je décroche. Pour un
oui à mon ami, pour un non à l'Europe, je décroche.
Et si j'ai bien compris je dois décrocher de plus en plus,
car, comme Marx l'a dit, plus mon volume d'affaires augmente, plus
le taux de revient de l'unité diminue. Et c'est pareil dans
l'autre sens, plus mon volume de dépense grandit, plus je
vais atténuer le coût moyen de mon investissement.
J'ai intérêt à décrocher. La Poste va
m'aider sur ce coup (de fil) là. Elle me l'a dit : "les
gros consommateurs seront récompensés !"
C'est comme ma voiture. La garagiste me l'a expliqué, je
vous vends un diesel, Madame Malicette. C'est cher dans un premier
temps (Ah ! bon, je croyais que c'était à 4 temps
! je lui dis en rigolant). Il sourit de la soupape et rajoute aussi
sec, c'est cher d'abord, mais vous avez intérêt à
rouler beaucoup pour faire descendre votre coût kilomètre.
Depuis je roule pour un oui pour un non, pour promener Mimile et
son p'tit frère Toto ou pour tester la nouvelle qualité
des photos des nouveaux radars. Il n'y a pas de raison qu'elle soit
plus mauvaise ! Je bouffe du Kilomètre et c'est vrai que
ma moyenne a drôlement baissé. Pour le coût-kilomètre,
je ne crains personne, j'ai gagné au moins 5 %. Je ferai
pareil avec le téléphone si je veux faire baisser
mon coût-coup de fil. C'est ce que Marx aurait pu appeler
la baisse tendancielle du taux de dépense.
Il n'y a que mes dépenses globales qui soient en nette ascension.
Elles ont doublé. Mais on n'a rien sans rien à notre
époque.
Malicette
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Il
vient dadhérer au PCF Présentation dun
jeune utopiste....
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Commençons les présentations. Je m'appelle Florent
Ballanfat, né à Troyes il y a un peu plus de 24
ans.
Je vis à Saint-André depuis 8-9 ans avec ma mère.
Issu d'une famille ouvrière, surtout des cheminots, j'ai
suivi des études axées sur l'économie et
les sciences sociales jusqu'à un DESS en Gestion Stratégique
des Ressources Humaines et de la Qualité. Après
un stage à EDF GDF Ardennes, j'ai effectué quelques
petites missions en intérim mais je suis toujours à
la recherche d'un emploi. Je prépare également un
concours pour entrer à l'ANPE, un moyen, selon moi, d'aider
les gens à trouver du travail, ou au moins une formation
dans un premier temps
c'est d'ailleurs pour ça que
j'ai voulu travailler dans les ressources humaines. En dehors
de ça, je m'intéresse à l'actualité
et je lis la presse nationale et internationale, et quelques revues
spécialisées, principalement :Charlie Hebdo, Le
Canard Enchaîné, le Monde Diplomatique, Alternatives
Economiques (qui présente l'économie d'une façon
plus réaliste à enseigner dans les écoles),
et un peu l'Humanité.
Le PCF est, sans doute, le parti dont je me sens le plus proche,
je suis sans doute trop à gauche pour le PS et les Verts,
et j'ai envie de contribuer à changer le système
plutôt que de me contenter de le critiquer... je crois encore
en l'action politique même si je pense que toutes les actions
(associatives, syndicales, artistiques...)
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sont bonnes à prendre.
J'aime les débats d'idée et les projets qui peuvent
permettre de trouver la fameuse voie qui s'écartera du
modèle libéral qu'on cherche à nous imposer.
Je pense que ce système n'est pas viable et qu'il faut
rechercher une solution permettant à chacun de vivre convenablement
et de stopper cette course vers le "toujours plus" qui
place l'argent comme valeur absolue. Je suis un pacifiste convaincu
(persuadé que les armes ne servent qu'à enrichir
ceux qui les fabriquent et les vendent)... un beau gâchis
d'argent qui pourrait servir à des activités vraiment
bénéfiques pour la société. Bien qu'admiratif
de l'action du Che, je pense que la lutte armée n'est pas
la solution, car la contrainte sera toujours moins efficace que
la conviction d'après moi. Il faut donc agir par les idées
et faire ses preuves sur le terrain. Enfin je pense qu'il faut
préserver notre planète et que le gâchis des
ressources chez nous cause trop de souffrances chez les moins
favorisés. Je n'ai pas envie de léguer à
mes enfants un monde dans lequel l'Homme n'est pas la principale
préoccupation du système qui est censé lui
procurer le bien être. Bref je suis peut-être un utopiste
mais je pense que c'est ça qui fait avancer la société
et si les gens peuvent voir des résultats concrets sur
le terrain ils seront encore plus nombreux à se joindre
à nous....
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Culture
De mémoire Souvenirs recueillis par M.B Ployé
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Marie-Benoît Ployé a recueilli pendant de longs
mois les paroles de la bouche même des vieux ou supposés
tels. La vieillesse commence pour certains très tard. Travail
longuet mais utile et efficace. On n'arrête pas de le dire,
un vieillard qui meurt, c'est une bibliothèque qui brûle.
L'intérêt peut être la récolte de souvenirs
pour l'édification des jeunes ou la musette des historiens,
mais cela peut être aussi un simple lien affectif entre
les générations.
En tout cas, ces textes serrés, notés tels que,
classés cependant par thèmes, soufflent sur les
braises du monde d'autrefois. Et nous sommes les héritiers
d'une société quasi engloutie.
Voici quelques pépites.
La mort : "Le matin, je me dis, me voilà réveillée,
encore un coup !" "On ne laissait pas le mort tout seul
La famille se relayait. Il était exposé dans son
cercueil et
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ceux qui le connaissaient
passaient faire une petite prière"
La danse : "j'ai connu mon mari" chez Néness
"On savait danser alors, on ne s'agitait pas, aujourd'hui
on remue le popotin. Ma mère, elle dansait la valse dans
une assiette tellement elle dansait bien."
La vie : "Je n'ai jamais vu mon père embrasser ma
mère, ça ne se faisait pas à l'époque
!"
L'amour : "On aime son mari, puis les enfants, puis les petits,
ça ne s'épuise pas ! ..
Le coup de foudre ? Il ne fait pas de bruit ! "
Toutes ces jolies réflexions et les autres, débarrassées
de l'amertume qui fait les vieilles vieillesses, ont été
lues sur scène le samedi 8 janvier au Théâtre
de la Madeleine par les dames elles-mêmes.
Contact : "La voie est libre" Bérulles, 0325438749.
J.L.
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Jappelle à voter «Non» car le projet
de constitution va bien au delà dun cadre institutionnel.
Il ne permet pas aux Etats de choisir leurs propres options politiques
puisquil institutionnalise un modèle de.santé
unique et libéral, qui ne permet ni aux élus territoriaux,
nationaux, européens et encore moins à tous les
citoyens de peser sur le processus européen.
Le projet de constitution poursuit loeuvre destructrice
du traité de Maastricht en matière de services publics
EDF-GDF, SNCF, la Poste, France Télécom, etc. La
destruction des droits à la retraite à la protection
sociale, à la santé, à la culture et léducation.
Ainsi, avec cette constitution, les services publics sont substitués
par des services dintérêt général
pouvant être assurés par les entreprises privées,
ce qui signifie au nom de louverture à la concurrence
et la libre circulation des marchés, la privatisation des
services publics.
Le vocabulaire européen refuse le terme du service public
pour des raisons de fond. La notion de ser-vice public implique
la priorité daccès à tous, la satisfaction
aux besoins, la péréquation tarifaire, etc...
A contrario, la raison dêtre du service dintérêt
économique général (SIEG) nest plus
la réponse aux besoins des usagers puisquil est tenu
de présenter un intérêt économique
et est astreint à la compétivité et à
la rentabilité.
LEurope devrait au contraire faire émerger un modèle
de services publics européens sinspirant des
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différentes expériences
nationales avec des impératifs :
1) le droit à chaque citoyen à son accès
avec un service de qualité de proximité
2) un service public non marchand, non régulé à
la concurrence
3) la reconnaissance de lintervention des usagers, des élus
locaux, des syndicats et du personnel qui veilleraient à
son développement industriel. LEurope a besoin de
plus de services publics, de plus de démocratie pour une
Europe plus sociale.
Lappel à voter «Non» cest aussi
le refus daccepter les textes de droits fondamentaux
l inférieur à la déclaration des droits de
lhomme
l inférieur au droit du travail
l inférieur à la constitution française.
Le «Non» cest aussi le refus dans certains Etats
de reconnaître le droit au divorce et lavortement,
mais aussi lacceptation du concept de guerre préventive
et la subordination aux Etats-Unis en matière de sécurité
défense.
La victoire du «Non» est possible, elle signifierait
une défaite globale infligée au libéralisme,
au Medef et au gouvernement, avec dautres choix en France
et en Europe.
Cest pourquoi jinvite tous les citoyens, les associations,
les politiques et ceux qui refusent lEurope libérale
à rejoindre le collectif aubois pour le «Non»
Françoise Potot
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