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La dépêche de l'Aube n°801
du Vendredi 28 janvier
2005
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35 heures et augmentation
des salaires
journée daction syndicale
le 5 février
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Travailler plus pour gagner plus. Parvenir à déminer
ce»leurre», cette «esbroufe», ce «marché
de dupes», cette «illusion» a été
lélément fédérateur de la reconstitution
dun front syndical uni et large.
Les confédérations CGT, CFDT, FO, CFTC ont décidé
d'appeler les salariés du secteur public et privé,
ainsi que les demandeurs d'emploi à construire une "journée
nationale d'action et de mobilisation locale dans toute la France",
le samedi 5 février. L'UNSA se joint au mouvement ainsi
que Solidaires, qui regroupe les syndicats SUD et la FSU. Un mouvement
suffisamment large pour que le secrétaire général
de la CGT fasse "le pari de grandes manifestations dans les
grandes villes de France".
Les thématiques d'action ne se résument pas à
la seule défense des 35 heures. Les confédérations
ne se contentent pas de réclamer le retrait du projet de
remise en cause des 35 heures déposé par des députés
UMP. Les thèmes retenus sont larges, mais assez précis
pour cerner les sujets de préoccupation du moment. Les
salariés sont invités à manifester "sur
le temps de travail" - 35 heures, mais aussi la suppression
d'un jour férié, pour exiger "l'ouverture de
négociations salariales" dans le secteur privé
et la fonction publique, sur "le développement de
l'emploi" que les syndicats considèrent intimement
lié au temps de travail et sur "la défense
du Code du travail menacé par des dérégulations",
revendication au cur de toutes les autres.
Quelle que soit la porte d'entrée revendicative, salaires
ou RTT, "l'unanimité syndicale s'est construite sur
le refus de l'idée que pour gagner plus il faudrait travailler
plus" estime un syndicaliste.

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Les confédérations
sont donc parvenues à relancer un processus de mobilisation.
Mais elles ont peut-être réussi à faire plus
que ça. Il leur a fallu trouver une forme d'unité
d'action différente que sur les retraites, qui ne les enferme
pas dans "une plate-forme commune". Elles ont donc privilégié
un appel à manifester ciblé sur des revendications
qui laisse à chacun le loisir de développer ses
priorités.
"C'est un jour important qui prouve que les syndicats sont
capables de trouver, sur des éléments essentiels,
les moyens de se rassembler", constate Maryse Dumas, de la
CGT.
Dire deux fois non au libéralisme
La presse économique a multiplié ces jours-ci les
articles ironiques sur cette initiative, tentant de la minimiser
ou plus exactement de l'exorciser. Car la perspective du 5 février
inquiète le patronat et le pouvoir. Ministres et députés
se succèdent dans les médias pour répondre
à cette offensive syndicale qu'ils prennent très
au sérieux.
La gauche doit se sentir aussi interpellée. Sur sa capacité
de résistance immédiate à la politique gouvernementale
et sur son projet alternatif. La campagne référendaire
sur le projet de constitution européenne pourrait fort
bien cristalliser ces deux attentes. Repousser ce projet qui sacralise
l'orientation antisociale de la construction européenne
actuelle, c'est dire deux fois NON au libéralisme, en France
et en Europe. Les partisans du OUI craignent par dessus tout cette
perspective et tentent de vider le débat européen
de sa substance. Le parti socialiste apporte malheureusement de
l'eau à ce moulin. Il serait suicidaire pour la gauche
de jouer ce jeu-là. Dire NON au projet Giscard de Constitution
LDA
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Budget
2005 de la Région
Les élus communistes ont été entendus
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Hausse de la fiscalité : l'effort le plus important
sera demandé aux entreprises. Pierre Mathieu Vice président
du Conseil régional répond à nos questions.
La Dépêche de l'Aube : La nouvelle majorité
régionale présentera lundi 31 janvier son budget
pour 2005. Dans quel cadre celui-ci s'est-il préparé
?
Pierre Mathieu : Dans un contexte particulièrement
difficile. A marche forcée le gouvernement transfère
sur les régions un maximum de charges sans assurer à
celles-ci les moyens financiers de les assumer. Sous l'impulsion
de Jacques Chirac et des parlementaires de droite, nous assistons
à une baisse des impôts des plus riches. Les ressources
qui font ainsi défauts sont autant de moyens en moins pour
les services et les investissements publics, les collectivités.
Les réformes fiscales successives ont par ailleurs fait
fondre comme neige au soleil, l'autonomie des régions.
Il y a dix ans par exemple, les recettes fiscales directes et
le recouvrement des cartes grises représentaient 55 % des
recettes de la région. Aujourd'hui avec 114 millions d'euros,
cela ne représente plus que 23 % de nos recettes ! Pour
le reste nous dépendons des dotations de l'Etat qui représentent
aujourd'hui 44 % du budget total. Les recettes complémentaires
sont apportées par des emprunts dont les remboursements
doivent être évidemment assurés. Le contexte
en Champagne Ardenne c'est aussi un des taux de taxe professionnelle
les plus bas de France alors même que les impôts locaux
payés par les ménages se situent plus dans la moyenne
nationale, malgré les revenus faibles de très nombreux
ménages champardennais.
LDA : Dans ce contexte quelle a été l'approche
des élus communistes ?
PM : Nous pensons qu'il faut résister par tous les
moyens à la politique de destruction en cours. Nous avons
donc plaidé pour que le budget 2005 n'anticipe sur aucune
des décisions que l'on tente de nous imposer. Nous avons
été entendus sur ce point. Le budget est donc construit
à champ de compétences constant. Au fil des mois
et lorsque nous disposerons réellement des informations
et des conséquences financières des décisions
prises par les parlementaires de droite, nous verrons bien si
les promesses de compensations des transferts à "l'euro"
sont tenus ou non. Nous préconisons dans chaque secteur
d'évaluer dans la transparence la réalité
des besoins à financer et

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de mener toutes les actions
pour obtenir les moyens correspondants. Car, si tel n'était
pas le cas, cela se traduirait par l'augmentation d'une fiscalité
locale, bien plus injuste que l'impôt progressif sur les
revenus. C'est l'arnaque montée par le gouvernement ! Notre
budget 2005 prend naturellement en compte tous les engagements
régionaux pour 2005. Et il commence à traduire la
concrétisation des engagements que nous avons pris pour
une politique régionale qui contribue à réduire
les inégalités sociales et territoriales. Nous avons
particulièrement veillé à ce que l'augmentation
de la fiscalité soit la plus modérée possible
et à ce que l'effort indispensable soit le plus équitablement
réparti.
LDA : Concrètement ?
PM : Lors du débat sur les orientations budgétaires,
j'ai demandé, au nom des élus communistes, qu'au
lieu d'appliquer une augmentation uniforme des taux d'imposition,
on augmente d'avantage celui de la taxe professionnelle. La justice
commandait en effet que l'on tienne compte que celle-ci était
à un des plus bas niveaux du pays, et que l'on demande
un effort moindre à ceux qui acquittent la taxe foncière,
c'est à dire aux propriétaires de leurs logements.
Cette proposition que nous avons défendue n'était
pas prévue initialement. Au final elle a été
retenue. Nous avons été entendus. Nous, nous en
félicitons. Très concrètement cela veut dire
que l'augmentation de la part régionale de la taxe foncière
sera de 6,10%, alors que celle de la taxe professionnelle sera
de 9,15%. Comme nous l'avions demandé, la modulation maximum
permise par la loi a été mise en uvre. Le
Medef crie déjà au scandale ! Faut-il lui rappeler
que le prélèvement régional sur les entreprises
restera toujours un des plus bas de France et que l'augmentation
appliquée en Champagne Ardenne sera l'une des plus faibles
de toutes les régions ? Pour avoir une vue juste des décisions
qui sont prises au plan régional, il ne faut pas oublier
qu'elles n'ont aucun impact sur la taxe d'habitation, et sur 100
€ payés par le contribuable local, 8 € reviennent
à la région et que la hausse prévue en 2005
aura une incidence inférieure à 5 € pour un
foyer moyen propriétaire de son logement. Il y a cependant
une évidence qui doit être rappelée, c'est
celle de l'urgence d'une réforme de la fiscalité
qui se donne enfin les moyens de mettre à contribution
les actifs financiers et permette aux collectivités de
faire face aux besoins des populations
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Venez
nombreux au 2e grand loto de la Dépêche de l'Aube
Dimanche 6 février.
Salle du Grand Salon rue Lamoricière
à Sainte Savine (à côté de la mairie)
à 14 h 00 (ouverture des portes 13 h 15)
Un voyage d'une semaine pour 2 personnes en pension
complète
VTT, Télé, four à micro ondes,
filets garnis,
De nombreux lots, de la bonne humeur, etc...
Des tas de bonnes surprises !!!
Les communistes aubois, les amis de La Dépêche de
l'Aube sont invités à participer nombreux au 2e
loto de la Dépêche de l'Aube
Réserver votre après-midi et parlez-en autour de
vous
Pré inscription au 03 25 73 32 82. maxi 140 personnes
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RESISTANCE
Une Assemblée Générale de l'ANACR du comité
du Pays d'Othe s'est tenue à Aix-en-Othe sous la présidence
de Fernand IBANEZ. Il reste fort heureusement de ces anciens combattants
pour transmettre l'héritage et des Amis proches pour le recevoir.
Mais le temps qui dévore tout n'a-t-il pas tendance à
estomper déjà, sinon le souvenir des faits gravés
dans la pierre et dans les li-vres, du moins les raisons qui firent
sortir de l'ombre une armée de va-nu-pieds illustres ?
Il y eut en effet des politiciens pour tenter de supprimer la date
du 8 mai comme fête nationale. C'e n'est pas le jalon historique
qui les gênait mais son symbole.
Les guerres sèment des combattants pleins de gloire sur les
champs de bataille. Mais comme dit Aragon "Déjà,
(ils ne sont) plus qu'un nom d'or sur nos places", ceux de
1870, morts pour le Second Empire, ceux de 14-18, massacrés
et sacrifiés par millions pour l'enrichissement des marchands
de canons. Des sacrifices stériles. Des bravoures dévoyées.
Les combattants de la Résistance au contraire changèrent
la face de l'Europe. Ils furent bénévoles pour le
combat, volontaires pour la mort, et animés de trois passions,
la liberté du pays, la justice sociale et la fin de tous
les fascismes.
Toutes ces raisons font que leur souvenir doit être transmis
de façon impérissable car il est le ciment d'une société
juste et fraternelle.
Jean Lefèvre
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Forum-programme
du PCF
Rencontre nationale à lautomne
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Cest beaucoup de colère, une immense
exigence, lurgence absolue, un espoir déterminé
qui se sont exprimés le 12 janvier à Marseille lors
du premier des forums-programmes initiés par les communistes.
Des centaines de personnes, invitées une à une, parce
que militante et militant associatif, parce que syndicaliste, parce
que représentant politique, parce que citoyen, citoyenne
dont quelqu'un a dit : "Il, elle a des choses à dire".
Une seule règle : totale liberté de parole. Une commune
volonté : aller de l'avant, regarder devant (même s'il
faut savoir ne rien oublier du passé). Se sont imposés
comme des évidences l'écoute avide, l'attention, le
respect. Un chantier s'est ouvert. Comme l'a dit Marie-George Buffet,
"la politique peut redevenir populaire". "Tous ensemble",
c'est efficace pour manifester mais aussi pour élaborer.
Désormais, les paroles échangées à ce
forum n'appartiennent pas en propre à un parti : elles sont
dans un pot commun livrées à la réflexion.
Une sérieuse nuance avec la démarche envisagée
au Parti socialiste où, selon de récentes informations
de presse, il fallait être adhérent pour participer
à l'élaboration d'un projet; on y mettait en place
un nouveau type d'adhésion à cet effet. Ce n'est résolument
pas le choix des communistes. Ils pensent que le rôle des
partis n'est pas de confisquer le débat mais de l'ouvrir,
de l'alimenter, d'entendre et de porter les aspirations. Le rassemblement
à gauche ne se construira pas à huis clos.
Les questions ne manquent pas. Les forces sociales et politiques
existent-elles dans le pays pour résister à la politique
que la droite présidentielle entend continuer à appliquer
avec acharnement en 2005 ? L'heure est-elle au renoncement ? Une
récente enquête CSA/l'Humanité montrait que
le peuple de gauche dit haut et fort ses attentes au premier rang
desquelles la justice sociale, la défense des services publics,
l'antiracisme, la construction de l'Europe sociale. Et il ne s'agit
pas seulement d'énoncer des valeurs désirées
mais irréalistes; on attend de la gauche qu'elle les mette
en uvre en revenant au pouvoir. Avec des interrogations. Quels
moyens convient-il de déployer pour y parvenir ? Comment
identifier les obstacles qui ne manqueront pas de se dresser sur
la route d'une autre politique ? Comment affronter la logique de
la mondialisation capitaliste ? Mais ces questions ne conduisent
pas le peuple de gauche au renoncement. Si on est de gauche, on
se bat, on croit à une autre politique, on fait ce qu'il
faut pour quelle voit le jour.
Autant de questions qui viennent en débat lors des forums.
Après Marseille, cette démarche s'engage dans les
autres départements. Cette mise en commun pourrait déboucher
à l'automne sur une rencontre nationale.
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Quelques personnes me disent : «Jai lu tel passage
du projet de constitution, je le trouve correct».
Bien entendu, une lecture partielle peut donner l'impression que
les initiateurs de ce texte tiennent compte des revendications
populaires. Ils se présentent vêtus de probité
candide et de lin blanc ! Mais, il ne faut pas s'y tromper, aussi
bien sur la culture que sur l'environnement, tous les articles
de ce projet sont inscrits dans un ensemble qui possède
sa logique et sa philosophie. Et c'est cela qui fait problème.
Au fronton de l'édifice est inscrit leur volonté
: "Le principe d'une économie de marché ouverte
à la concurrence libre et non faussée "
Cette philosophie est celle du capital et du profit. Giscard ou
Chirac peuvent dire qu'ils défendent l'exception culturelle,
mais ils la mettent entre les mains des groupes financiers. Le
résultat sera une culture élitiste d'un côté
et des produits de consommation basse
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gamme de l'autre. La preuve
en est la faiblesse extrême du budget culturel de l'Europe
qui ne sera que de 0,03 % !
Aujourd'hui la culture qui devrait être un ciment social,
l'essence la plus précieuse des peuples, souffre d'une
inégalité fondamentale. Elle épouse la fracture
sociale qui laisse de côté des millions de personnes
hors du champ culturel comme du champ économique.
Ce qui est mis au pinacle dans ce texte qu'il faut combattre sans
état d'âme, c'est la marchandisation de la culture,
la concurrence généralisée qui veut que le
plus original meure, que le plus génial se taise, que le
plus inventif crève ! Et que les peuples se contentent
des jeux et des idoles.
Rejoignez le collectif aubois pour le NON.
Jean Lefèvre
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Constitution
europeenne
LA FEDERATION CGT CHEMINOT DIT NON
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Dans un communiqué, la commission exécutive
de la fédération CGT des cheminots vient démettre
un avis négatif au projet de Traité de Constitution
Européenne et oppose à ce dernier un Non syndical.
Le communiqué précise notamment que dans ce projet,
la libre circulation des capitaux est classée parmi les «libertés
fondamentales de lUnion» ! Le libéralisme économique
est ainsi sacralisé !
Le thème de «léconomie de marché
ouverte» où «la concurrence est libre et non
faussée» constitue lépine dorsale autour
de laquelle est structuré le projet de Traité.
Cest une vraie machine de guerre contre une conception progressiste
des services publics.
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Référendum
sur la constitution Giscard
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Jacques Chirac a consulté les partis politiques sur
lorganisation de la campagne du référendum
sur le projet de constitution européenne.
On sait depuis les vux présidentiels que ce scrutin
se tiendra avant l'été, probablement au début
du mois de juin. Le temps existe donc pour un débat public,
sérieux, approfondi et pluraliste. Mais les partisans de
la ratification, et notamment le président de la République,
veulent-ils vraiment donner au pays, aux citoyens, les moyens
de cette confrontation démocratique ? Cela reste à
prouver. Les pouvoirs publics organiseront-ils les conditions
d'un grand débat populaire ? Le texte du projet de constitution
sera-t-il adressé à chaque électeur ? Télévisions
et radios publiques mettront-elles à disposition des temps
d'antenne à des heures de grande écoute ?
Évidemment, le gage d'une consultation démocratique
sera donné si le pluralisme des arguments est respecté.
Si un référendum est organisé, c'est parce
qu'à la question posée - ratifier ou non le projet
de traité constitutionnel - deux réponses sont possibles
et non une seule. Tout indique que le NON recueille déjà
le soutien d'un très grand nombre d'électeurs. Dans
la consultation interne du PS, plus de 40% des adhérents
ont voté pour le NON. Dans les derniers sondages, le NON
se situe également au-dessus de 40%. Le partage des temps
d'antenne et celui des espaces publics d'expression sont donc
amplement légitimes.
Mais la tentation dominante chez les gouvernants européens
est à l'esquive. Dans la plupart des pays, la ratification
se fera à la sauvette, bien souvent sans référendum.
En Italie, Berlusconi vient d'obtenir sans mal une ratification
parlementaire sans qu'aucune information n'ait été
réellement mise en débat dans le pays. En Espagne,
un référendum se tient le 20 février et dans
les derniers sondages 89% des Espagnols disent tout ignorer du
texte soumis à la ratification. Les gouvernements qui réduisent
à la portion congrue le débat sur le projet Giscard
sont les mêmes qui versaient en juin dernier des larmes
de crocodile sur le faible taux de participation à l'élection
européenne.
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En France, le déni
de démocratie peut être évité. On dispose,
pour mobiliser l'opinion publique, de plusieurs mois avant le
référendum (que DSK qualifie au passage de "connerie"
dans la presse).
Or, que voit-on se dessiner ? Un laborieux échange de faux-semblants
entre partisans du OUI ! Pour Chirac, le scrutin n'est pas un
scrutin "politique"; Hollande invite le pouvoir à
"rester le plus loin possible du débat européen".
On demande aux Français d'adopter une constitution pour
l'Europe. On nous dit que s'ils ne l'adoptent pas, c'est la fin
du monde. Et il faudrait donc que le gouvernement, qui passe la
moitié de son temps à négocier avec Bruxelles,
ne rende aucun compte de ses actions nationales et européennes,
si liées !
Tout cela n'est pas sérieux, venant de gens qui ne jurent
que par l'Europe.
En vérité, les choses sont beaucoup plus simples.
La construction européenne mérite un vrai débat.
Les communistes estiment que le texte qui porte la marque de Giscard
vise à rendre intangibles les politiques libérales
que les Français rejettent dans leur majorité. D'autres
estiment le contraire. Il faut donner aux Français les
moyens de juger par eux-mêmes. Et ils voteront alors en
connaissance de cause. De cela, aucun homme, aucune femme de gauche
ne peut avoir peur.
La secrétaire nationale du PCF, Marie-George Buffet, a
pour sa part affirmé, à l'issue d'un entretien avec
Jacques Chirac, que le référendum sur le traité
constitutionnel européen était "une question
politique" qui concerne "les politiques qui seront menées
demain en France". Favorable au NON, la dirigeante communiste
a déclaré : "Contrairement à ce qui
a pu être dit, je pense pour ma part qu'il serait dramatique
de dire aux Françaises et aux Français que ce débat
serait apolitique, ni de gauche ni de droite, et ne concernerait
pas la politique intérieure".
Elle a plaidé pour un accès aux médias des
partisans du NON et pour un financement de la campagne officielle
afin de "permettre à toutes les formations d'informer
les citoyens sur leur opinion motivée sur le traité".
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