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La dépêche de l'Aube n°766
du Jeudi 27 mai 2004
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Fin des expulsions
locatives
Une belle victoire
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Après la victoire remportée par les «recalculés»,
la lutte engagée contre les expulsions locatives à
linitiative de Bernard Birsinger, maire communiste de Bobigny,
et de plusieurs de ses collègues, vient à son tour
de marquer un très beau point.
Après plusieurs semaines de bataille, au cours desquelles
le maire de Bobigny a été traîné devant
les tribunaux par le préfet de Seine-Saint-Denis, le ministre
Jean-Louis Borlo a dû annoncer "la fin des expulsions
pour les locataires de bonne foi", c'est-à-dire l'écrasante
majorité des cas. Le paiement de l'APL, supprimée
quand les gens en avaient le plus besoin, est rétabli comme
le demandaient les communistes.
Pour des dizaines de milliers de familles, c'est le soulagement,
une fenêtre qui s'ouvre à nouveau quand tout semblait
conduire vers la spirale de l'endettement, de la misère,
de l'exclusion. Évidemment, pour ces familles, tout n'est
pas réglé, mais le droit à un toit sera au
moins respecté.
Les expulsions : la signature dune société
en échec
Cette victoire est une belle leçon. Le 15 mars dernier,
alors que la trêve hivernale des expulsions prenait officiellement
fin, des élus ont eu le courage de dire "non",
de déclarer "illégitime" ce que la loi
autorisait pourtant, de braver les idées reçues
sur les "mauvais payeurs". Le premier réflexe
des autorités a été l'assignation au tribunal.
Mais, quelques jours après la déclaration de ces
arrêtés municipaux anti-expulsions, les urnes parlaient
à leur tour et infligeaient à la droite une sévère
claque électorale. Le gouvernement tire les conclusions
d'une situation devenue intenable : comment continuer à
justifier de jeter à la rue des milliers de familles, la
plupart du temps avec des enfants, sans leur donner la moindre
chance de se remettre à flot ? L'expulsion est un révélateur,
le symptôme d'une société malade du chômage,
de la précarité, des bas salaires, de la pauvreté,
de l'indifférence au malheur, de la pénurie de logements
aux loyers abordables. L'expulsion est l'inhumaine signature d'une
société en échec.

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Poser la question de
la politique du logement en général
Pour les communistes, cette victoire en appelle d'autres et d'autres
mobilisations. Déjà, il faut s'assurer que les expulsions
cessent vraiment. Que les gens menacés se manifestent.
Cette lutte a montré que rassemblés, les travailleurs
sociaux, les associations, les élus communistes et les
bailleurs sociaux qui veulent vraiment assurer leur mission de
service public, peuvent faire vivre le droit au logement.
Il faut à présent poser la question de la politique
du logement en général. Tout d'abord l'APL n'est
pas assez élevée. Les charges sont l'équivalent
du prix du loyer de base. Réfléchissons comment
on peut inclure les charges dans le calcul de l'APL.
Il faut également relever tous les plafonds du fonds de
solidarité logement. On est confronté cette année
à des caisses déjà vides. On ne peut pas
mettre en place un tel dispositif sans en même temps augmenter
la part de l'argent public réservée au logement
social. On vit les conséquences directes de la baisse de
plus de 8% du budget. Les prévisions pour 2005 sont encore
à la baisse.
Il faut que le droit au logement ne soit plus seulement l'objet
de déclarations mais qu'il devienne effectif. Il faut une
politique nationale du logement qui relance la construction, réfléchisse
aux aides, reconstruise la vie et mette des moyens humains et
financiers.
La coordination des maires anti-expulsions demande à être
reçue pour participer à la mise en uvre des
propositions et éventuellement à leur amélioration.
Chômeurs, expulsions, intermittents
le gouvernement
n'est décidément pas sorti indemne des consultations
électorales de mars.
Dans ce contexte, l'élection européenne du 13 juin
aura son importance. Les forces antilibérales ont tout
intérêt à frapper une nouvelle fois le plus
fort possible. En matière de logement aussi, les dogmes
du tout-marché et de la libre concurrence viennent de montrer
leurs limites
JPC.
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Musée départemental
de la Résistance et de la Déportation Lettre
ouverte de Joë Triché à Philippe Adnot, président
du Conseil général
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Le 12 mai, je vous ai adressé un courrier vous demandant
un débat sur la création à Troyes dun
musée départemental de la Résistance et de
la Déportation. Celui-ci pouvant se dérouler au
cours de la session du Conseil général des 17 et
18 mai comme je vous lai proposé.
Je regrette profondément quil nait pas pu avoir
lieu. Vous avez prétexté dans un premier temps que
vous naviez pas reçu ma missive et ensuite que le
règlement intérieur nautorise pas de débat
sur les questions diverses. Sagissant dune période
tragique de notre histoire, où des femmes et des hommes
de notre pays nont pas hésité au prix des
pires sacrifices de sengager dans un combat pour la libération
de notre pays, mopposer le règlement intérieur
mapparaît extrêmement choquant. Et surtout que
vont en penser celles et ceux qui ont vécu cette période.
Pourtant aujourdhui, toutes les associations danciens
combattants souhaitent la création à Troyes où
dans lagglomération dun tel musée. Sollicités
par lANACR et la FNDIRP, des Conseils municipaux commencent
à prendre position en faveur de ce projet. Ce fut récemment
le cas de Crancey, Romilly, Maizières la Grande Paroisse
et Pars-les-Romilly.
Concernant la ville de Troyes, elle dit être daccord
avec ce projet en souhaitant ne pas être seule pour le porter.
La réalisation de ce musée départemental
vise un triple objectif :
- perpétuer le souvenir en collectant les innombrables
documents et objets encore en possession des résistants
ou de leur famille, afin quils ne soient pas immédiatement
perdus pour la connaissance de cette période de lhistoire
locale.

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- Sensibiliser le public,
notamment les jeunes générations
- Eveiller leur curiosité et nourrir leurs réflexions
sur des problèmes et des évènements qui,
au regard de lactualité, ont encore une portée
dans le monde daujourdhui où sévissent
lantisémitisme, la xénophobie et le rascisme.
Alors pourquoi à Troyes ou dans lagglomération
?
- Parce que lagglomération troyenne, carrefour routier
et autoroutier est au centre géographique de notre département.
- Parce que les établissements scolaires y sont nombreux
jusquà lenseignement supérieur avec
près de 5 000 étudiants.
- Parce que la ville de Troyes et son agglomération sont
fréquentées par la population auboise et aujourdhui
par des touristes de notre pays et de létranger.
Mais aussi et surtout parce que la résistance y fut active
dès 1940 et que tous les secteurs et réseaux y convergèrent.
Tels sont les arguments essentiels qui militent en faveur de ce
projet qui tient tant à coeur à ces hommes et ces
femmes ayant consentis dénormes sacrifices pour que
notre pays et notre peuple recouvrent la liberté et la
démocratie. Nous qui navons pas connu cette période
douloureuse de notre histoire, nous avons le devoir de donner
aux générations futures les moyens de sapproprier
cette période tragique. Si nous ne le faisions pas, elles
seraient en droit de nous le reprocher. Nous devons aussi comprendre
et entendre celles et ceux qui craignent de voir leur engagement
et leur combat sombrer dans loubli.
Joë Triché.
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Européennes
Réunion publique Mercredi 2 juin 19 H
Maison des associations avenue Pasteur - Troyes
avec Fabienne Pourre et Jacques Rambur chefs de file de la liste
«LEurope oui, mais pas celle-là !»
et Anna Zajac
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Liste
de «LEurope oui. Mais pas celle-là ! De la rue
aux urnes, lEurope avec et pour les peuples»
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Alternativement dominée par les partis de droite ou sociaux-démocrates,
lEurope na pas répondu aux espoirs.
Au nom du sacro-saint "marché ouvert où la concurrence
est libre", elle organise la casse des services publics, le
démantèlement des retraites et de la Sécu,
la marchandisation de la formation. Le projet de Constitution "Giscard"
voudrait rendre intangible cette orientation ultra-libérale.
Nous n'en voulons pas !
Le 13 juin, sanctionnons les politiques ultra-libérales en
France et en Europe :
celles qui traitent la santé, la culture ou l'éducation
comme de simples marchandises ;
celles qui privatisent les services publics comme EDF-GDF;
celles qui précarisent l'emploi et mettent les chômeurs
au pain sec ;
celles qui mettent en cause la Sécu et les retraites.
Le 13 juin, pour une autre Europe et un autre monde. Les peuples
européens aspirent à vivre ensemble, à mettre
en commun leurs atouts, à agir pour la paix et un développement
partagé et durable, à construire un monde meilleur
pour tous les peuples. L'Union européenne est de taille à
porter ce projet exaltant. Elle doit pour cela s'affranchir de la
conception qui a prévalu jusqu'à maintenant à
sa construction : ultralibérale, technocratique, atlantiste.
Et se donner les moyens de répondre vraiment aux aspirations
profondes des peuples qui la composent : au progrès social,
à la maîtrise citoyenne des choix, à la coopération
entre les peuples et à la paix.
Le 13 juin, faisons bouger la gauche, poussons-la à faire
du neuf, à rompre enfin avec les politiques libérales.
Comme en France, il faut faire bouger la gauche en Europe. Hier
encore, 11 des 15 pays européens étaient gouvernés
par des partis de gauche. Mais l'Europe n'a pas changé de
cap. Il faut bousculer la gauche pour qu'elle porte en Europe les
aspirations populaires à l'égalité et à
la justice sociale, à la fraternité et à la
paix; pour qu'elle rompe avec les choix ultra-libéraux en
libérant l'Union européenne de la domination des marchés
financiers.
De la rue aux urnes : le 13 juin, en nous rassemblant, faisons nous
entendre tous ensemble, avec les listes présentées
par le Parti communiste français et des personnalités
du monde syndical, associatif et altermondialiste
LDA
Liste de Rassemblement à linitiative du Parti Communiste
Français avec le soutien de Marie-George Buffet
01 Fabienne POURRE, présidente de la commission Europe-monde-mondialisation
du PCF
02 Jacques RAMBUR, technicien qualité Alsthom, syndicaliste
(Franche-Comté)
03 Annie LÉVI-CYFERMAN, avocate militante des «sans»,
antifaciste (Lorraine)
04 Patrick ABATE, vice-président du Conseil régional
de Lorraine
05 Claudine VÉDERINE, militante pacifiste (Bourgogne)
06 Christophe LIME, maire-adjoint, agent EDF, responsable syndical
(Franche-Comté)
07 Karine JARRY, conseillère régionale (Champagne-Ardennes)
08 Roger CHARAUDIE, maire de Garchizy (Bourgogne)
09 Danielle VILLIERE, aide-soignante (Champagne-Ardennes)
10 Serge JAEGGY, cheminot syndicaliste (Alsace)
11 Michèle GRÜNER, conseillère régionale
(Lorraine)
12 Sel MEHMET, restaurateur, militant associatif culturel (Alsace)
13 Annie MENETRIER, agent France-Telecom, conseillère municipale
(Franche-Comté)
14 Hubert LOUIS, militant déducation populaire et culturelle
(Bourgogne)
15 Céline CLÉMENT, maître de conférence
(Alsace)
16 Stéfan MINELLA, employé territorail (Alsace)
17 Anna ZAJAC, militante antiraciste (Champagne-Ardennes)
18 Alain RENAULT, syndicaliste du spectacle, militant déducation
populaire (Bourgogne)
19 Simone MAZAURIC, universitaire (Lorraine)
20 Daniel BOUTAVANT, militant altermondialiste (Bourgogne)
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Plus dexpulsions
Le ministre du logement vient d'annoncer à grand fracas qu'il
supprimait les expulsions des locataires de bonne foi. Comme je
suis de mauvaise foi, et je l'assume, moi Malicette, j'en conclus
que le ministre, et j'ai un peu honte de le dire, j'en conclus que
le ministre, et ça me fait mal au cur de suspecter
un homme si charmant, j'en conclus qu'il expulsait auparavant des
locataires de bonne foi.
Ma logique me conduit encore, mais est-ce de la logique ?
-N'est-ce pas plutôt cet esprit de contradiction si néfaste
à la bonne marche de nos sociétés, cette éternelle
façon de mettre des grains de sable dans les rouages si bien
huilés du libéralisme qui a, sur terre, apporté
le bonheur à des centaines de milliers de riches et permis
aux millions d'autres d'espérer qu'ils le deviendront
Mais je m'égare. Ma logique, disais-je, me conduit à
dire que maintenant qu'on n'expulsera plus les locataires de bonne
foi, on n'expulsera donc aujourd'hui que des locataires de mauvaise
foi. Ce qui fait que moi, Malicette, pauvre militante des droits
de l'homme locataire, quand je verrai une expulsion se réaliser
dans mon quartier pourri où la moitié des locataires
est expulsable de bonne foi, moi Malicette, il ne me restera plus
qu'à me taire et applaudir.
Cela dit, si on ne peut plus les expulser, on peut leur envoyer
l'huissier, leur couper l'eau, le gaz et l'électricité,
les rendant du même coup des interdits des droits de l'ohm.
On peut aussi leur rafler leur APL, leurs indemnités de chômage,
(les recalculés sont en fait des décalculés),
les empêcher de payer quoi que ce soit et les faire rentrer
de nouveau dans la catégorie des locataires de mauvaise foi..
Malicette
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Nos
peines Les obsèques de Pâquerette Roy
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Les obsèques
de Pâquerette Roy se sont déroulées lundi dernier
en présence de très nombreuses personnes. Amis, camarades
et voisins avaient tenu en effet à lui marquer toute leur reconnaissance
pour sa gentillesse, sa simplicité et sa fidélité
au Parti communiste français qu'elle avait rejoint dès
son plus jeune âge. Avec son époux Georges très
impliqué dans la vie locale, ils formèrent une famille
très appréciée de la population. Cette fidélité
à ses engagements de toujours fut symbolisée dans le
cimetière des Hauts-Buissons avec l'Internationale et la chanson
sur Che Guevara .
À Jojo et ses enfants, la Dépêche de l'Aube leur
renouvelle toutes ses condoléances |
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Nos lecteurs
nous écrivent
La sécu : «remède de cheval»
à dose homéopathique !
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Ca y est ! le remède tant attendu vient de
sortir du laboratoire en pleine effervescence du bon docteur
Douste-Blazy : notre sécu va être mise sous
perfusion avec un traitement tombé dans le domaine
privé et qui na rien de générique
!
Le protocole choisi consiste en un traitement homéopathique
qui relève en fait plus du saucissonnage, distillé
avec machiavélisme, destiné à paraître
moins douloureux et contraignant, reposant sur une bonne
dose dhypnotique administrée au moyen du
tube cathodique.
Le bon docteur Douste-Blazy a décidé de
se passer dun confrère anesthésiste.
Il a lair de nous endormir et de nous tenir en haleine.
En fait, ce plan de réanimation de notre sécu
que lon veut nous faire croire à tout prix
moribonde, relève plus dun charcutier traiteur
que dHippocrate ! Il ne se passe pas un jour, sans
que lon ne repasse à cette turbulente France
den bas le plat lyophilisé et aseptisé
: réforme ultra-libérale à la mode
du Medef ; mais cela fige (dindignation) décidément
au palais.
- Vous reprendrez-bien une tranche de C.R.D.S sur nos
bons retraités imposables !

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- Tenez... Encore
une petite rondelle de ce 1 euro sur la feuille de soins
du patient den bas !
- Allez-y... Resservez-vous de cette tranche dandouille
de forfait hospitalier d1 euro supplémentaire
!
Tous les jours, vous serez les bienvenus au buffet des
zombignards. Mais gare !... le cholestérol vous
guette ! Ainsi que ldème graisseux
du cerveau.
A ce régime hyper-lipidique, le bon docteur Douste-Blazy
tombe à pic. Consultons le et avalons, en nous
pinçant le nez, ses vilaines pilules amères.
Il est temps darrêter ce traitement et de
prendre plutôt des vitamines, avec une bonne tasse
de café bien serré.
Dès le mois de juin prochain, chaussons une bonne
paire de brodequins, et ne manquons pas de faire savoir,
quil est urgent que le bon sens de la rue reprenne
les commandes au pilote Raffarin qui ne répond
plus à la tour de contrôle du terrain parlementaire.
Soyons fiers de sauver notre sécu ! Ne la laissons
pas tomber entre les mains hideuses de ces ultra-libéraux
du seizième. Forçons les à renoncer
à leur projet rétrograde, profondément
injuste, et surtout anti-social.
Sortons définitivement du coma, que diable !
Lionel Trévisan
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Assurance
maladie
Le projet des parlementaires communistes
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Les députés et sénateurs communistes
viennent de présenter à la presse leur projet
de réforme de la Sécurité sociale.
Leur document passe en revue tous les grands chantiers
d'une réforme d'ampleur : politique de prévention,
prise en charge des soins, politique du médicament,
service public hospitalier, formation et recrutement des
personnels hospitaliers, financement de la protection
sociale et gestion de la Sécurité sociale.
Il est grand temps, disent-ils, d'engager la confrontation
publique et transparente sur les différents projets
portés à droite et à gauche et de
sortir des énoncés généraux
qui entretiennent l'illusion que tout le monde est d'accord
sur la réforme à mettre en uvre. La
réserve du gouvernement ne trompe personne car
s'il ne s'agit pour ce pouvoir que de gagner du temps,
le trou idéologique de la Sécurité
sociale ou les dix millions de cartes Vitale incontrôlables,
si l'on en croit le ministre de la Santé, participent
d'une même démarche culpabilisatrice pour
tous et spécifiquement conçue pour imposer
les recettes antisociales du gouvernement, estime Alain
Bocquet. Une méthode particulièrement "choquante",
selon Nicole Borvo, présidente du groupe communiste
au Sénat : elle réclame le report à
la rentrée de l'examen parlementaire prévu
jusqu'au 31 juillet alors même que le gouvernement
n'a pas présenté son projet.
Le moment est venu de dire stop, estiment les parlementaires,
qui entendent démontrer l'inanité des prétextes
financiers utilisés par ce pouvoir pour justifier
les restrictions de moyens et de soins mais aussi les

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ponctions supplémentaires
qu'il entend imposer aux salariés et aux familles.
Sur la question nodale du financement pour faire face
aux besoins de santé, les sénateurs et les
députés entendent à l'inverse soutenir
"avec force une double démarche. Celle d'une
mise à contribution de ressources nouvelles permettant
de dégager plusieurs dizaines de milliards d'euros,
par exemple en taxant les profits boursiers", celle
ensuite "du couplage des politiques de protection
sociale et d'emploi".
Le projet présenté par les parlementaires
communistes n'a pas vocation à dormir dans les
armoires parlementaires. "On ne pourra faire avancer
ces propositions sous forme d'amendements au Parlement
seulement si un mouvement de fond s'exprime dans le pays",
rappelle Alain Bocquet. Le document se veut donc une contribution
à ce que ce mouvement se lève, en versant
au débat public des propositions "qui ne sont
pas à prendre ou à laisser mais peuvent
être enrichies" précise Nicole Borvo.
Des propositions qui sont issues des rencontres et du
travail en commun réalisés au fil des ans
avec les professionnels de santé et les associations
d'usagers.
Les parlementaires savent qu'ils ne sont pas seuls dans
ce combat. Les syndicats animent des rencontres. Des comités
de sauvegarde de la Sécu se mettent sur pied à
l'initiative de militants communistes. Bref, le débat
est lancé, non pas celui étriqué
sur le niveau du déficit mais le grand débat,
portant sur la réforme de modernisation de la Sécurité
sociale pour prendre en compte les besoins nouveaux de
santé.
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