|
|
La dépêche de l'Aube n°759
du Jeudi 8 avril 2004
|
|
|
|
|
|
|
Le
conseil régional
a une majorité de gauche
et deux vice-présidents communistes
|
Vendredi dernier, il y avait foule à Châlons-en-Champagne
pour la mise en place du nouveau Conseil régional.
Lhémicycle de lHôtel de la Région
se révélait insuffisant pour accueillir un public
très nombreux et heureux de voir enfin arriver aux commandes
de la Région, la gauche dans sa diversité. Dans
le public se mêlaient élus locaux, responsables politiques
et militants ayant contribués au succès de la liste,
ainsi que de nombreux syndicalistes. Cette session inaugurale
à dailleurs été marquée par
une présence forte des salariés de lAFPA venus
rappeler au gouvernement leur opposition déterminée
au processus de démantèlement de leur outil public
de formation et du besoin de soutien dans leurs actions de la
nouvelle majorité régionale.
Il y avait aussi beaucoup de gravité et démotion
dans la droite «sonnée» par lampleur
et la force du désavoeu des électeurs et ne réalisant
pas pleinement encore les conséquences du choix des Champardennais
La gauche dans lopposition depuis la création de
linstitution régionale en 1986, avait du mal à
réaliser quelle occupe désormais la majorité
des sièges (28 sur 49) et quelle est donc désormais
en mesure de mettre en oeuvre au plan régional une autre
démarche et dautres décisions. Cette nouvelle
donne, historique, dans une région dont tout le monde pensait
quelle ne pouvait rester quà droite tant lhégémonie
de celle-ci est forte et son influence ancrée sest
révélée avec lélection de Jean-Paul
Bachy comme nouveau président du Conseil régional
pour 28 voix sur 34 suffrages exprimés. A noter que le
candidat du F.N a recueilli 6 voix et que les 15 élus de
lUMP et de lUDF ont décidé de ne pas
participer au vote. Une élection accueillie par un tonnerre
dapplaudissements.
Une nouvelle démarche politique
Avant de procéder à lélection des vice-présidents,
dans une intervention argumentée et combative, Jean-Paul
Bachy est revenu sur la démarche quil entendait impulser
avec son équipe. Sur les problèmes de la décentralisation,
face au marché de dupe préconisé par le gouvernement,
il a indiqué quau «front du refus et de la
solidarité» devait sorganiser. Il a fait part
de sa décision de procéder à une évaluation
globale des effets de la politique régionale au cours des
dernières années, pour avoir «une idée
objective de leurs résultats et de mieux cerner les marges
dont dispose la région pour initier de nouvelles orientations».
Il a rappelé les priorités portées par la
liste et indiqué que les urgences simposent notamment
pour les lycées et luniversité. Cest
ainsi que le principe de la gratuité des manuels scolaires
et outils pédagogiques se traduira dans la réalité.
La mise en application des nouvelles politiques de la région
devrait être marquée par un double souci : celui
de concrétiser dautres façons de travailler
et dexprimer la volonté de changement par des mesures
symboliques fortes; celui dinscrire les politiques nouvelles
dans la durée en garantissant la perennité sur le
long terme des réformes engagées.
Enfin, avant de procéder à lélection
des vice-présidents, Jean-Paul Bachy a insisté sur
le fait que lassemblée régionale devait faire
place à linnovation, à la transparence et
à louverture vers les Champardennais. Suite à
lintervention du Président, Karine Jarry, a brièvement
fait part du sens de la démarche qui serait celle des élus
communistes au sein de la nouvelle majorité.

|
Pierre Mathieu
Elu vice-président du Conseil régional en charge
des transports et des infrastructures.
Après lélection de son président, le
Conseil régional a procédé à lélection
de ses 10 vice-présidents. Michèle Leflon élue
communiste des Ardennes qui aura en charge la question de la formation
professionnelle et Pierre Mathieu qui se voit confier limportant
secteur des transports et des infrastructures ou de gros dossiers
sont à faire aboutir, électrification Paris-Bâle,
arrivée dans les merlleures conditions du TGV Est, renégociation
du contrat plan Etat/Région, développement du transport
ferroviaire régional. Pierre Mathieu a indiqué quil
allait semployer rapidement à associer dans son secteur
tous les secteurs concernés par la politique régionale.
Karine Jarry (Marne) élue par ses collègues communiste
comme présidente de leur groupe, siègera aux côtés
de Pierre Mathieu et de Michèle Leflon à la commission
permanente du Conseil régional. Dans le cadre de sa prochaine
session, le Conseil régionaal procèdera à
la mise en place de ses commissions de travail où les élus
communistes assureront aussi toutes leurs fonctions. LTA
|
Déclaration
de Karine Jarry
Résister et construire !
En ce lendemain délection, les communistes
Champardennais partagent profondément la joie de
la majorité de notre peuple. Pourtant, bon nombre
dobservateurs étaient persuadés, avant
le 28 mars, que notre région résisterait à
la détermination des électrices et des électeurs
de sanctionner le gouvernement, et à leur aspiration
forte de changer la donne en Champagne-Ardenne. Ils se sont
trompés. Lextrême gauche na pas
fait la «percée» annoncée. Le
Front national est en léger recul. La droite a été
très sévèrement désavouée
et sa politique de casse sociale rejetée. La gauche
a gagné. Vingt-huit élu(e)s de la liste conduite
par Jean-Paul Bachy, dont six communistes dirigeront désormais
notre région.
Les communistes, leurs élu(e)s à tous les
niveaux ont largement contribué à cette victoire
historique. Ils vont maintenant travailler à la mise
en oeuvre des propositions de lensemble de la gauche.
Ils vont le faire avec leur apport spécifique, dans
une démarche permettant aux Champardennais dêtre
pleinement informés et associés à la
construction dune région solidaire.
Le résultat du vote de dimanche donne des grandes
responsabilités à la gauche, face à
un gouvernement qui reste sourd aux urnes, comme il la
été aux luttes de ces derniers mois. Jacques
Chirac maintient Raffarin comme premier ministre et reste
sur les orientations anti sociales que les électeurs
ont massivement rejetées.
Dans ce contexte, tout en étant lucides sur lampleur
du travail à réaliser, nous entendons tout
à la fois contribuer à faire de notre région
un pôle de résistance à la droite, être
résolument aux côtés des salariés
sur le terrain des luttes, tout en poursuivant le débat
que nous avons engagé depuis deux ans avec les citoyen(ne)s
et les forces progressistes, pour construire une alternative
réelle et durable à gauche.
Toute la démarche de notre campagne électorale
avait pour thème essentiel : «résister
et construire». Cela reste plus que jamais à
lordre du jour des communistes.
Karine Jarry
Présidente du groupe communiste
|
|
|
 |
|
|
Construire
à gauche une dynamique.
|
Le peuple de gauche a remporté le 28 mars une grande
victoire.
Pour y avoir pleinement contribué, les communistes s'en
réjouissent profondément. Cette victoire a une très
importante signification politique. Les Françaises et les
Français ont confirmé et considérablement
amplifié leur vote de mécontentement et de colère.
Une majorité d'entre eux avaient soutenu les luttes des
chômeurs, des enseignants, des chercheurs, des intermittents,
des infirmières, de celles et ceux qui depuis le printemps
dernier se mobilisent pour défendre l'emploi, les retraites,
les services publics, les acquis sociaux et démocratiques
auxquels la droite s'en prend avec une violence systématique.
Aujourd'hui, ce soutien s'est exprimé dans les urnes.
La politique Raffarin est désavouée. Non seulement
le gouvernement doit l'entendre, mais la démocratie implique
qu'il en tire les conséquences. Le président de
la République et le Premier ministre doivent remettre
en question la convention UNEDIC, qui réduit scandaleusement
l'indemnisation des chômeurs et des intermittents du spectacle,
renoncer à présenter le 8 avril au Conseil d'État
leur projet de privatisation d'EDF-GDF, ouvrir de véritables
négociations sur l'assurance maladie, donner satisfaction
aux revendications légitimes des chercheurs, rouvrir enfin
un dialogue sérieux avec les partenaires sociaux sur la
réforme du système des retraites.
Si la droite n'entendait pas cet appel et persistait, elle prendrait
une immense responsabilité, dont il est impossible aujourd'hui
de mesurer les conséquences.

|
Dans tous les cas, les
régions et les départements conservés ou
conquis contre la droite doivent devenir autant de pôles
de résistance. Les élu-e-s communistes s'y emploieront
sans relâche et tiendront leur engagement de porter dans
les assemblées départementales et régionales
les exigences qu'elles ou ils ont soutenues dans la rue. Elles
et ils tiendront leur engagement d'accomplir tout leur mandat
en lien permanent avec celles et ceux qui les ont élus.
Redressement du PCF
À l'occasion de ces élections, les communistes ont
mené une campagne enthousiaste, qui a contribué
dans tout le pays au succès de la gauche contre la droite.
Certes, le résultat des cantonales, qui est comparé
au dernier scutin, de 1998, montre que le recul enregistré
depuis lors n'est pas totalement rattrapé. Mais, dans l'ensemble,
les élections des 21 et 28 mars indiquent un réel
début de redressement du Parti communiste, reconnu de tous.
C'est un encouragement à poursuivre dans cette voie nouvelle,
qui vise à rassembler politiquement, dans la diversité
de leurs opinions et engagements, les femmes et les hommes qui
veulent mieux résister à la politique de la droite
et du Medef et ouvrir une alternative à gauche.
Plus que jamais, il faut pour cela que la gauche ait le courage
d'affronter les diktats de la finance et du Medef et de répondre
enfin aux attentes populaires. Dans les luttes et dans les urnes,
dans l'action et les propositions concrètes, le PCF continuera
à construire à gauche une dynamique sociale et politique
capable d'ouvrir un nouvel espoir pour notre peuple.
|
Conseil
général
Une droite mauvaise perdante et intolérante interdit aux
élus communistes de sexprimer.
|
La droite na pas digéré sa défaite
aux régionales.
Cela s'est senti dès l'ouverture de la session du Conseil
général du 1er avril, séance dont l'objet
était d'installer la nouvelle assemblée suite aux
élections cantonales des 21 et 28 mars dernier.
Comme le veut la loi, c'est le doyen d'âge Franck Simard,
Conseiller général du canton d'Ervy-le-Châtel
qui ouvrit cette séance de la nouvelle assemblée
départementale. Très vite dans ses propos, était
ressentie la colère de la droite suite au basculement de
la région Champagne Ardenne à gauche. Franck Simard
exprimant sans aucun doute ce que pensent tout bas la majorité
de droite et son Président Adnot, il qualifia le choix
des électrices et des électeurs "d'irresponsable
et de gâchis". Il a considéré que ce
|
vote "peut apporter
un certain désordre dans le pays". Enfin, il a estimé
que "la tâche du Conseil général de l'Aube
va se retrouver compliquée par le résultat des régionales."
Mais si la droite pouvait commenter ce résultat des régionales,
elle avait décidé d'interdire à la gauche
d'en parler. Ainsi quand Joë Triché, Conseiller général
communiste de Romilly prenait la parole en apportant son appréciation
sur le résultat de ce scrutin, Adnot lui coupa le micro
et les élus UMP quittèrent l'hémicycle. Cet
incident est révélateur de toute l'intolérance
de la droite mauvaise perdante qui, dans l'Aube, détient
son hégémonie au Conseil général non
pas de son influence électorale de 55 % mais d'un découpage
des cantons qui lui assure 84 % des sièges.
|
|
Les moutons
Pour sa première réunion constitutive, le Conseil
Général frais émoulu, sorti des urnes, a siégé
sous la houlette de M. Adnot. Je dis la houlette car une partie
de notre belle assemblée, la plus importante, est constituée
de mammifères bovidés, généralement
nommés moutons, rarement à 5 pattes, vous l'aviez
remarqué, depuis le temps qu'ils bêlent la même
chanson. Ils détestent en outre le contact avec l'autre
partie dont ils craignent les crocs. Ils les nomment chiens, loups
ou gauche selon l'humeur.
Comme une atmosphère tendue régnait en ce jeudi 1er
avril, suite à des élections nationales désastreuses
pour la droite, une partie des moutons, on ne sait pourquoi, eut
un mouvement de panique lorsque l'élu communiste Joë
Triché prit la parole. Ça se mit à sentir le
loup. L'un d'eux nommé Simard, dont le nom vient du germanique
siegmard, fila soudain vers la sortie après avoir, comme
il est de coutume en cas de peur panique, lancé quelques
misérables bêlements (1) sans respect pour son nom
qui signifie à la fois gloire et victoire. Et comme il est
de coutume aussi, un troupeau de ses congénères suivit
(ou précéda ?) bêtement la première bête,
manifestant tout à la fois un instinct terriblement grégaire
et une sorte de répugnance ancrée depuis la naissance
de l'Humanité en 1904 .
Les rappels du Pasteur Adnot eurent beaucoup de mal à décoller
les onze froussards UMP (2) de l'abreuvoir à bière
où ils s'étaient réfugiés.
Mais au fond c'est la hargne et le dépit qui guident l'homo
bovidus, car après avoir refusé d'écouter quelques
vérités dures à digérer, la majorité
Adnot a refusé toute place aux élus communistes aux
présidences comme au secrétariat de l'assemblée.
Malicette
|
(1) «Les électeurs
ont montré, en votant à gauche, «lirresponsabilité
et le gâchis».
(2) Comme il est estampillé sur leur laine.
|
|
|
LEst-Eclair
Abonné mécontent.
|
Je voudrais vous faire part de mon point de vue à la
lecture de votre édition du 26 mars.
Rassurez-vous je ne suis pas naïf. Militant et électeur
communiste de Romilly, en mabonnant à lEst-Eclair,
je ne mattendais pas à le voir soutenir lactivité
des communistes. Mais dans votre édition du vendredi 26
mars, deux jours avant les cantonales, je trouve que vous dépassez
les bornes.
Sur cinq colonnes à la une, vous annoncez la couleur :
haro sur le PC. On y apprend que la candidate S. Auzols, candidate
Divers Droite est soutenue par «....une partie de la Gauche
plurielle». Or, dans un article, page 3, on lit que Joë
Triché a «le soutien du PS, du PRG, du MRC et de
JMarc Massin, Conseiller général des verts».
Nulle part on ne lit quune formation de lancienne
«Gauche plurielle» ne soutient S. Auzols. Votre titre
est donc un mensonge. S. Auzols na que des soutiens de droite
(MM Baroin, Adnot, Botella...)
Sil y a bien longtemps que jai renoncé à
attendre un peu dobjectivité de lEst-Eclair,
on pourrait attendre un minimum dhonnêteté.
Hélas ! Là aussi cest peine perdue. Romilly
va mal, très mal, jamais il na été
si mal. Ses usines ferment les unes après les autres sans
que la municipalité ne lève le petit doigt. Seul
Joë Triché et la Gauche nont cessé dêtre
aux côtés des salariés frappés. Dans
ce temps, la municipalité de S. Auzols casse méthodiquement
et avec persévérence la politique sociale qui soulageait
les Romillons «en bas» comme le dit M. Raffarin. Romilly
va si mal quaujourdhui plus personne ne peut le nier.
Alors à qui la faute ? A la municipalité conduite
depuis 15 ans par M. Cartelet, S. Auzols et la droite locale ?
Pas du tout, nous dit lEst-Eclair. Emboîtant le pas
de MM Baroin, Adnot et Mme Pétrequin, celui-ci nous apprend
que cest de la faute de Joë Triché et des communistes.
«Quand on veut tuer son chien...»
Mais pourquoi donc ? Et bien, daprès votre journal
et quelques responsables politiques de Droite, Joë Triché
étant dans lopposition au Conseil général,
cela nuirait au développement de Romilly. Est-ce avouez
que M. Adnot et sa majorité feraient de la discrimination
à légard des Romillons, pourtant contribuables
du

|
département ? Drôle
de démocrate ! Et puis, le fin du fin, cest la question
économique.
Alors que les Romillons depuis des années voient les usines
simplanter à Nogent, Crancey, Châtres, etc...
voilà que tel un prestidigitateur digne de lémission
de P. Sabatier, S. Auzols nous sort de son chapeau, à 2
jours du deuxième tour, une miraculeuse usine qui viendrait
de Saint-André avec huit salariés, qui soit dit
en passant, devraient faire 80 kilomètres aller-retour
pour venir travailler à Romilly. On nous dit aussi que
22 autres emplois seraient créés plus tard. A la
Trinité peut-être ? On croit rêver. On croit
revivre une opération similaire qui annonçait limplantation
dune entreprise de pommes de terres : «saveur de Champagne»
que les romillons aperçoivent à Nogent-sur-Seine
à chaque fois quils empruntent la RN19. Donc pour
lhonnêteté, cest encore foutu pour cette
fois.
Quant à la démocratie, lEst-Eclair en parle
beaucoup, mais pour la pratique, cest une autre histoire.
Voyez la place accordée à S. Auzols et celle attribuée
à J. Triché. Cela minspire deux réflexions
:
- lEst-Eclair ne fait pas confiance à ses lecteurs
pour se faire eux-mêmes une opinion.
- je nappelle pas cela du journalisme mais du militantisme
politique. Alors ayez le courage de lassumer.
A lévidence, lEst-Eclair naime pas les
communistes (ce nest pas un scoop) mais comme dit un vieux
dicton populaire «largent na pas dodeur».
Son anticommunisme ne va pas jusquà refuser largent
des lecteurs communistes. Voilà un bel exemple de monopole
de la presse et par voie de conséquence un encouragement
à agir pour le pluralisme, sans lequel aucune démocratie
nest possible. Quant à lappel du pied lancé
aux électeurs du FN, je nen dirais rien, les lecteurs
apprécieront eux-mêmes. Je ne sais si vous aurez
le courage de publier mon courrier, lavenir nous le dira.
Alain Didier
|
|
|
Le
Centenaire de lHuma
L'humanité n'a pas d'âge, mais l'Humanité
a cent ans. Notre beau journal édite à cette occasion
un livre grand format (26/34), richement illustré auquel
les lecteurs de la Dépêche peuvent souscrire. Certains
l'ont déjà fait qui lisent l'huma et veulent l'avoir
dès sa sortie. Les autres, moins pressés, comme
les vrais gourmets sans doute, l'auront à leur disposition
à la Fédération.
Il coûte 39 € et sera disponible si vous le commandez
maintenant.
L'auteur principal est Bernard Chambaz, mais toute la vie de
l'huma sera dedans avec ses auteurs illustres (Jean Jaurès,
Anatole France, Louis Aragon, etc.)
J.L.. |
|
Grand
banquet populaire suivi d'un bal pour le Printemps de
l'Humanité le 18 avril 2004 à 12h30
Halle de la Villette
Prix par personne : 15 € (enfant de -10 ans : 10
€)
Possibilité transport collectif à partir
de 35 personnes
Pour les personnes intéressées
Renseignements et réservation au 03 25 73 43 40
au plus tard Mardi 13 Avril à 14 Heures .
|
 |
Vue
nouvelle sur lorchestre
|
On est allés écouter lorchestre
symphonique de lAube sous la direction du prestigieux
Gilles Millière.
Au programme, l'ouverture d'Egmont qui donne de la résolution,
car Egmont était héroïque et antiraciste.
Suit le concerto de violon de Mendelssohn, qui donne le
frisson parce qu'on le trimballe dans sa tête depuis
l'enfance et qu'une jeune soliste, Amanda Favier, nous
le fait déguster à la force de l'archet,
du sourire et du talent. Cela dit, Amanda manquait de
puissance et d'un Stradivarius car les cors parfois lui
mangeaient le son, comme des ânes vulgaires. Enfin
la suite symphonique de Grieg arriva en quatre danses,
un peu naïve, un peu lourde, agressive comme un viking
ou douce comme Solveig.
On ne fait plus la retape pour l'Orchestre symphonique
de l'Aube, beau comme un débit de l'eau. Même
Adnot lui laisse couler sa vie tranquille.
Tout de même en regardant tous ces jeunes, férus,
doctes, compétents, émoulus à la
meule des conservatoires, émérites (1) sans
titres ni beaux salaires, beaux et sages (en apparence),
on a pu imaginer un moment un orchestre se conduisant
tout seul et même, imprimant sa cadence et ses sautes

|
d'humeur au chef.
Ce serait la vraie démocratie, le chef ayant payé
d'exemple aux répétitions et le peuple musical
l'emmenant à travers les champs symphoniques, découvrir
le pays sonore, ses laboureurs et ses ouvriers de la matière
mélodieuse.
On connaît des musiques qui foncent toute seules
exerçant leur carnage sur les êtres sensibles,
machines jazzy, gros musette, techno convulsive ou rock
impubère que le chef peut laisser sur le feu à
mijoter pendant qu'il va prendre un pot au bar. Je ne
parle pas de celles-là. Je parle des grands ensembles
dans lesquels on peut croiser de vrais chefs d'orchestre
et quand l'un d'entre eux n'est pas capable d'écouter
ses solistes, et le petit peuple des souffleurs, tireurs
d'archet, frappeurs de caisses, beuglards de bugles, lamineurs
de sons, bonnetiers et tricoteurs de mélodies,
cheminots de l'allegro, infirmiers des concertos mal équarris
et des symphonies qui ont fait un faux mouvement, quand
on n'est pas capable d'avoir l'oreille du peuple, c'est
qu'on s'appelle Chirac ou Raffarin.
Jean Lefèvre
(1) Un professeur émérite
est celui qui garde son titre et son salaire à
sa retraite
|
|
|