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La dépêche de l'Aube n°862
du Vendredi 31 mars 2006
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33e
congrès du PCF Lappel de M.-G. Buffet
Pour un rassemblement populaire antilibéral
Les
forces progressives doivent lancer un grand débat national
sur la nécessité et la possibilité de construire
un nouveau contrat de travail, combinant emploi et formation
tout au long de la vie, afin déradiquer le chômage,
une nouvelle répartition de largent, une utilisation
des fonds des banques pour des crédits permettant aux
entreprises de créer des emplois et de favoriser la formation.
Le PCF affirme quil y a une alternative possible au CPE
et verse aux débats ses propositions.
Si De Villepin continue à ne pas entendre le peuple :mardi
4 avril nouvelle grande mobilisation à Troyes
Pour tous renseignements concernant le lieu et lheure
des rassemblements, téléphoner au 03 25 73
42 40. |
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"Ce sont les jeunes qui se lèvent qui
portent l'espoir du Monde "
Louis Aragon
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Il y a un gouffre entre ce que vous attendez, ce que vous
exprimez dans les luttes sociales, et les politiques menées
depuis des décennies.
Et la gauche en qui beaucoup ont placé un espoir, à
trois reprises a beaucoup déçu. Nous-mêmes
navons pas toujours été à la hauteur
de ces espoirs. Depuis trop longtemps, les volontés de
changement narrivent pas à se traduire dans les urnes.
Nous voulons mettre fin à cette situation qui blesse la
démocratie et provoque tant de mal-vie. Il y en a assez
du renoncement, de la violence sous toutes ses formes, du dépérissement
des droits, de la crise économique, sociale et démocratique.
Il faut rompre avec les logiques libérales et capitalistes
qui nous conduisent à des malheurs grandissants.
La question de 2007, nest pas de savoir comment se dénoueront
les chocs des égo présidentiels, mais plutôt
: sera-t-il possible, cette fois-ci, délire une politique
qui change vraiment la vie ? Y aura-t-il un moyen pour vous dexprimer
vraiment votre voix ? Y aura-t-il un moyen de se rassembler majoritairment
sur un projet vraiment courageux ?
Jai la conviction que cest possible. A condition de
ne pas se figer dans les clivages du passé et les habitudes.
A condition den finir avec ce bipartisme et ces alternances
sans perspectives. A condition de chercher à rassembler
toutes les énergies antilibérales pour bouleverser
la donne. Ce nest pas une douce folie, ce nest pas
du vent : le 29 mai, cest cela que nous avons fait ensemble.
Et nous avons gagné. Tout cela ne peut pas rester lettre
morte. Il y a devant nous une chance historique, et des attentes
immenses.
Lors de leur congrès, les communistes ont lancé
un appel à toutes les forces, à tous les hommes
et les

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femmes qui veulent en être
dans leur diversité, pour construire un grand rassemblement
populaire et antilibéral. Mais pour que cela ait lieu,
il faut que les citoyennes et les citoyens interviennent, quils
disent ce quils souhaitent. Dans les forums, dans les rencontres
publiques de la gauche, nous vous invitons à venir nombreuses
et nombreux pour apporter votre pierre à cette dynamique.
Pour réussir, ensemble, nous avons besoin de tous. Je madresse
à vous, parce que sans vous, cela risquerait fort de ne
pas se faire et surtout, cela naurait pas de sens. La politique,
la gauche, doivent être votre propriété.
Construisons ensemble un programme à partir des luttes,
du bouillonnement de débats qui se fait jour depuis près
dun an. Et construisons ensemble, pour les législatives
et la présidentielle, des candidatures capables de porter
ce programme, capables dincarner ce rassemblement dans sa
diversité de forces politiques et sociales et de personnalités.
Pour la femme issu de notre parti puisse incarner cela, à
la façon dont nous lavons fait lors de la campagne
du référendum : en garantissant la place de chacune
et chacun, en travaillant à une nouvelle victoire partagée.
Il faut en débattre et lever les blocages.
Si nous parvenons à constituer ce rassemblement, avec la
volonté de faire bouger toute la gauche, et de donner toute
sa place à la dynamique populaire antilibérale,
alors nous pourrons battre la droite et réussir à
gauche en changeant vraiment et enfin la vie.
Jai espoir. Beaucoup despoir. Je sais que par le passé
la politique vous a beaucoup déçus, en ne répondant
pas à vos besoins, vos attentes, vos aspirations. Cest
à cela que nous voulons mettre fin
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Le
PCF sadresse au gouvernement
Retirez le CPE...
ou démissionnez !
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Trois millions de jeunes et de salariés viennent de descendre
dans la rue pour manifester leur opposition au CPE et en exiger
le retrait.
Ces manifestations, comme le soutien massif de l'opinion publique
qu'elles rencontrent, imposent au gouvernement de retirer cette
réforme dont il est devenu évident pour tout le
monde qu'elle a pour seul objectif de généraliser
la précarité et aller vers la suppression de toutes
les protections du travail.
Face à cette volonté populaire, le gouvernement
manuvre et tergiverse. En proposant des aménagements
que la loi rend impossibles, il bafoue la volonté populaire.
C'est irresponsable. Cette attitude est par ailleurs dangereuse.
Seule

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l'obstination du gouvernement
est aujourd'hui responsable des conséquen-ces économiques,
sociales et humaines qui résultent ou peu-vent résulter
de la poursuite ou l'aggravation de cette crise.
Il est inadmissible d'entendre D. de Villepin justifier son refus
par des arguments électoralistes.
Le gouvernement doit être le gouvernement de la France,
et ne saurait être mis au service des ambitions présidentielles
du Premier Ministre ou du Ministre de l'Intérieur.
Il est maintenant temps d'en finir. Le gouvernement doit entendre
et se soumettre à la volonté d'une majorité
de françaises et de français. Il doit retirer le
CPE .
Dans le cas contraire il doit se démettre
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La première chose qui frappe en arrivant
au Parc des Expositions du Bourget, c'est le nombre de participants
(délégué-e-s, invité-e-s, équipes
techniques et camarades des sections locales présents tout
au long du congrès, on peut les remercier pour tout ce qu'ils
font, parce que c'est vraiment un gros boulot). C'est là
qu'on prend conscience de la dimension du parti, qui malgré
son affaiblissement durant les dernières années, reste
une organisation politique militante importante. C'est déjà
en soi un formidable espoir, renforcé par la présence
de près de 150 jeunes de moins de 30 ans parmi les congressistes,
de quoi montrer à ceux qui en douterait que le PCF a encore
un bel avenir devant lui.
Ce qui est intéressant c'est de voir aboutir le processus
de construction politique engagé dès les débats
durant les conférences de section, puis au cours du congrès
fédéral. Après 3 semaines consécutives
de préparations, de discussions, de prises de décisions
le risque était grand de se couper de l'actualité
et de ce qui monte dans tout le pays notamment par rapport au CPE.
J'ai donc été content d'apprendre la décision
qui avait été prise de participer à la manifestation
des jeunes du jeudi 23 mars. La place des communistes est bien au
côté de ceux qui se battent contre ce qu'on cherche
à leur faire passer pour une fatalité.
Ca a été un des temps forts de ce 33ème congrès,
à mon avis, tout comme l'a été le témoignage
du maire de Caracas - libertador, proche d'Hugo Chavez et rouage
important dans la révolution bolivarienne. J'ai également
apprécié les interventions des autres invités
venus de tous les continents qui nous rappellent que nous sommes
tous des citoyens du monde engagés dans le même combat
pour le rendre plus juste et solidaire.
Si je ne devais retenir qu'une image ça serait celle de la
fin du congrès lorsque chantant l'internationale tout le
monde se tenait par la main. Il n'y a avait pas de perdant ou de
gagnant à l'issu du scrutin, il n'y avait que des femmes
et des hommes unis autour d'un même projet de société.
Au final, on sort de ce congrès fatigué mais regonflé
à bloc et plus déterminé que jamais à
faire vivre l'espoir
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.....LES
MOTS
Autrefois le mot tambo qui veut dire tambour est devenu tango, danse
très agitée comme la salsa, mais qui s'est beaucoup
assagie à fréquenter les salons bourgeois. Tango,
c'était aussi le lieu où l'on parquait les esclaves
noirs en Argentine. Les mots vivent disent les grammairiens. Sans
doute, mais ce sont les utilisateurs de ces mots qui les modifient,
les adaptent, les subvertissent.
Parfois les mots sont si beaux que certains cherchent à se
les approprier. Les hommes politiques de droite qui n'ont pas beaucoup
d'idées et beaucoup d'arrières pensées à
odeur de portefeuille sont très à l'écoute
de la gauche pour voler les mots. Celle-ci utilise en effet des
mots luxueux, congés payés, sécurité
sociale, droits, plein emploi. Quand la droite a un projet scélérat,
elle va l'entourer chaudement de ces mots-là . "Le CPE
c'est pour le plein emploi des jeunes", ils disent. C'est beau
mais c'est faux. C'est chaud, mais c'est salaud. Parce qu'ils se
servent des jeunes comme d'une masse d'armes pour enfoncer les droits
de tous. C'est une manipe de grande ampleur pour détricoter
et dynamiter les droits anciens. Mais la jeunesse ne se laisse pas
manipuler me semble-t-il. Elle défile. Elle invente des mots
neufs et des chansons. Elle veut des lendemains qui chantent pardi.
Malicette
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La
Bourse au Conseil municipal (4e partie).......
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Au dernier Conseil municipal (1) il a été
évidemment question de la Bourse du Travail.
La Conseillère communiste Anna Zajac n'a pas mâché
ses mots et rappelé l'ensemble des données :
- La reconversion de la Bourse avance à grande vitesse, "vitesse
TGV disent certains". Normal, pourrait-on dire puisque le maire
veut faire de ce secteur une "locomotive commerciale".
- Le dossier a été étudié en dehors
du Conseil Municipal. C'est le journal Press'Troyes qui l'a annoncé
en février, alors qu'aucune commission ni conseil n'en a
débattu. Même constatation pour le passage Saint-Nicolas,
nouvelle rue baptisée en dehors de toute concertation. "Les
règles de la démocratie ont-elles changé ?
" demande Anna Zajac qui rappelle que toutes les dénominations
de voie sont soumises à une commission puis au C.M.
- Ce lieu est chargé d'histoire. Depuis cent ans, il est
lié à l'histoire du mouvement ouvrier. La mémoire
de la Bourse doit être conservée: mémoire syndicaliste
et politique, mais aussi mémoires culturelle, sportive et
festive. "De nombreux troyens et troyennes nous ont fait part
de leur inquiétude, de leur colère quant à
la disparition programmée de cette mémoire troyenne
liée aux luttes mais aussi aux joies de la classe ouvrière
"
"Je rappelle que la bourse est occupée depuis 1905 par
les organisations ouvrières qui ont à l'époque
offert aux travailleurs, des services de Mutualité (placement,
secours de chômage, secours de route et contre les accidents.),
un service d'enseignement (bibliothèques, renseignements,
musée social, cours professionnels.), un service de propagande
(études statistiques, économiques, création
de syndicats dans toutes les branches, demande de conseils des prud'hommes.),
le service de résistance (organisation des luttes, caisses
de grèves). Les temps ont changé, mais les luttes
sont toujours d'actualité. Nous exigeons que toute cette
mémoire soit respectée, le monde ouvrier a sa fierté.
Les Troyennes et les Troyens ne se contenteront pas d'une plaque
commémorative "
Anna Zajac demande donc que le C.M se penche sur ce problème
de la mémoire ouvrière. Elle admet bien volontiers
qu'on peut embellir cet espace pour dynamiser le centre ville. "Dynamiser
oui, dynamiter la mémoire ouvrière, non ! "
Il faut savoir encore qu'il est demandé à toutes les
organisations présentes dans la Bourse de quitter les lieux
sous 3 mois. Il s'agit de la CGT et ses différents syndicats,
la CNL (locataires) , l'UNR (personnes âgées) et la
FNATH (accidentés du travail et handicapés). Les conditions
de relogement sont bien entendu à l'étude, mais là
encore, les choses les moins acceptables sont proposées.
Quant à la précipitation elle est motivée par
le fait que le bâtiment "ne répondait pas aux
normes de sécurité " C'est avouer qu'on a laissé
les militants et les visiteurs durant de longues années dans
un lieu sans sécurité.
Il est évident que les militants syndicalistes ou associatifs
parlent comme la conseillère communiste de la même
voix sur ce dossier épineux. La responsable de la CGT Régine
Rodriguez "veut que la mémoire ouvrière reste.
" et qu'on ne donne pas le nom de St-Nicolas au passage situé
entre J.-Jaurès et V.-Hugo.
Les deux géants de la laïcité n'auraient pas
apprécié sans doute.
(À suivre).
Jean Lefèvre
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. C.P.E. Cartelet en voudrait-il plus ?..
Michel Cartelet a déclaré au Conseil municipal quil
était personnellement pour le retrait pur et simple du CPE,
car il ne concernait quune tranche spécifique de la
population. Si le CPE avait été généralisé
à tout le monde du travail, aurait-il alors été
daccord ?
Passy Conh.
. La France nest pas seule à résister
!
Avec une discipline quasi militaire, la plupart des médias
ressassent la fable dune France isolée, Seule à
résister à une évidence mondiale, celle du
libéralisme devenu, de commentaires en commentaires, le stade
ultime de lévolution humaine. La jungle comme idéal...
Mais quel journal télévisé informera quau
moment où 3 millions de Français manifestaient dans
les rues, 1,5 million de fonctionnaires britanniques -étaient
en grève contre une réforme des retraites et que 2000
écoles étaient fermées ? Quelles nouvelles
recevons-nous des centaines de milliers de salariés des services
publics allemands en grève depuis des jours et des jours
? La France est peut-être en pointe; elle a sans doute puisé,
dans son histoire, une unité nationale fondée sur
un contrat social qui limite les possibilités de diviser
son peuple ; elle nest pas pour autant seule au monde. Et
cest bien pourquoi les Barroso à la tête de la
Commission européenne ou les Seillière prêtent
une telle attention aux évènements français.
Il ne sagit pas dune péripétie locale,
mais dune résistance au bulldozer libéral lancé
contre les droits sociaux et si la France en est lavant garde
et bien on en est fière.
P. C
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Quand
le maire de Romilly ne veut pas embarrasser sa majorité
UMP
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Le lundi 27 mars, le Conseil municipal était
réuni. un Conseil municipal tout ordinaire, sauf quil
se réunissait la veille de la grande journée de grève
et de manifestations du 28 mars.
A la fin de lordre du jour, alors que tous les syndicats de
lycéens, détudiants, de salariés du public
et du privé appelaient à manifester et à la
grève, rien naurait été dit sur ce grand
mouvement approuvé par 70% des Français, si le groupe
des Elus Communistes et Partenaires navait déposé
un voeu appelant le Conseil municipal à se prononcer pour
le retrait du CPE (voir le texte ci-dessous).
En moins de 5 minutes, laffaire était pliée
!
Michel Cartelet déclarait quun Conseil municipal navait
pas à remettre en cause une loi votée par le parlement
(note de la rédactrice) : Raffarin disait «ce nest
pas la rue qui gouverne» cest quelque peu la même
démarche. Il continuait en déclarant quil ne
mettrait pas ce voeu en discussion et donc pas au vote, interdisant
donc aux Conseillers municipaux démettre un avis.
Alors que dans toute la France, dans les municipalités de
gauche les élus se prononcent pour le retrait du CPE, Michel
Cartelet na pas voulu faire délibérer par un
voeu une question qui fâche ses amis de la droite. Aurait-il
eu peur que ce voeu soit adopté contre ses adjoints UMP ?
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Voeu
du Conseil municipal de Romilly-sur-Seine
Séance du 27 mars 2006 présentée par le groupe
Communistes et Partenaires
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Le contrat première embauche est massivement
rejeté partout en France. Il lest par les jeunes, lycéens
et étudiants, par les salariés du public comme du
privé, par plus des deux tiers de la population, refusant
cette forme virulente de la précarité, du démantèlement
du code du travail, qui touchent les moins de 26 ans.
A la veille de la journée daction unitaire de toutes
les organisations syndicales représentatives, lycéennes,
étudiantes, salariées, du 28 mars, le Conseil municipal
de Romilly-sur-Seine exprime sa solidarité et son soutien
envers le mouvement en cours, refuse la précarisation exclusion
de la société, en particulier de notre jeunesse, se
prononce pour la sécurisation du parcours de vie, dune
formation nécessaire tout au long de la carrière professionnelle,
assurant avenir et visibilité, visant à une réelle
égalité des chances.
Le Conseil municipal de Romilly-sur-Seine se prononce pour le retrait
du C.P.E., louverture dune véritable concertation,
une politique de lemploi offrant de réelles perspectives
davenir à la jeunesse de notre pays
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Le Théâtre amateur, organisé
par SCENOBLIQUE se donne en spectacle du 7 au 9 avril, à
St Parres aux Tertres et la Madeleine.
Son succès ne se dément pas d'année en année
ce qui prouve la vigueur de ce théâtre-là, qu'on
dit amateur, mot d'amour et de passion. On l'a vu lors des représentations
de la Marguerite à St Parres aux Tertres (Comédiens
de l'Aube) ou de l'Atelier de J.C Grumberg (Cie Christodile) au
Théâtre de la Madeleine.
La pièce de Salacrou a été montée par
Régis Henry qui dirige les Comédiens de l'Aube. Il
s'est, bien entendu, octroyé le premier rôle comme
si Salacrou l'avait écrit pour lui. Comme la salle était
pleine, il en a profité pour être excellent dans ce
personnage misogyne, méchant, fou, vieux et aveugle dont
la seule obsession est le retour de son fils mort en mer. Le destin
va lui donner un substitut en la personne d'un marin vagabond qui
n'en peut mais. Robert Triché est impeccable dans son nouveau
destin de fils " adopté ". Marguerite (Brigitte
Vinot) qui a pris un amant en la personne du médecin (Yvon
Perrin) subit la mauvaise humeur du vieux malgré son zèle
à le soigner. La fausseté de la situation permet à
Salacrou de montrer l'absurdité angoissante de la mort. Que
Marguerite écarte le médecin (qui a perdu aussi son
rôle de soignant), qu'elle remplace le père dans son
attente d'un retour impossible du mari, cela ne fait pas une fin
morale comme dans les feuilletons bien pensants. Mais cela donne
à penser comme on dit.
Le théâtre de Salacrou qui dénonce souvent les
injustices sociales brosse là des personnages énigmatiques,
ambigus. Il pose par exemple, sans la résoudre (que le spectateur
travaille un peu lui aussi !), la question que le metteur en scène
rappelle dans sa présentation "L'amour est-il plus fort
que la mort l ? ".
Les Comédiens de l'Aube pratiquent un théâtre
amateur de qualité comme leur directeur l'a toute sa vie
adopté.
Il est évident que ce théâtre se porte bien
dans l'Aube, qu'il a son public nombreux et motivé, comportant
ses réseaux et ses aides, modestes cependant quand il s'agit
de financements, modestes aussi dans les moyens techniques mis à
leur disposition (salles, techniciens
) Ce théâtre
refuse très souvent les spectacles aguicheurs, à la
limite de la grossièreté, comme le pratiquent quelques
troupes (parfois dites professionnelles et subventionnées)
qui confondent populaire et populacier.
Régis Henry et sa troupe seront de nouveau sur scène
les 12 et 18 mai pour dire des poèmes de René Guy
Cadou, poète entre autres de la Résistance.
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