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| La dépêche
de l'Aube n°637 du Jeudi 6 décembre 2001 | 
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Réorienter
la politique de la France Trois propositions
de Robert Hue
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Les
autorités américaines viennent de déclarer que la récession touche les États-Unis
depuis le mois de mars 2001 et signe la fin d'un cycle d'environ dix ans de croissance
continue de l'activité et de la consommation. Cela signifie que nous ne
sommes pas en présence d'un phénomène conjoncturel, passager, qu'il serait possible
de corriger par quelques mesures de circonstances. En France aussi
Les signes ne manquent pas qui montrent que notre pays a commencé à être touché.
Premier aspect : 45.000 emplois seulement ont été créés au troisième trimestre
: c'est trois fois moins que l'an passé. Le chômage remonte ; dans l'industrie,
les effectifs sont en recul; le nombre des offres d'emplois a diminué de 28% depuis
le début de l'année. Enfin, la consommation des ménages - et leur confiance dans
l'avenir - sont également en recul. Deuxième aspect: les mesures qui prétendent
endiguer ce mouvement ont des effets pervers, jusqu'à l'accentuer. Le pacte de
stabilité européen ligote littéralement la dépense publique quand il faudrait
la stimuler, pour répondre aux besoins considérables à satisfaire dans de multiples
domaines: par exemple la santé, la sécurité et la tranquillité des citoyens, l'éducation
et la formation, l'environnement et la sécurité industrielle, les transports,
etc. Quant à la baisse des impôts, elle profite essentiellement aux hauts revenus
qui n'en font pas usage pour consommer davantage mais pour alimenter les marchés
financiers. Et elle prive la nation des moyens indispensables pour une politique
de services publics efficaces pour la population. Trois propositions
"Il me paraît évident, vient de déclarer Robert Hue, candidat du Parti communiste
à l'élection présidentielle lors d'une rencontre publique en Picardie, qu'une
approche radicalement nouvelle des problèmes économiques et sociaux est nécessaire.
Et j'enrage que le débat public autour de la campagne présidentielle qui s'ouvre
tourne sur tout autre chose Pendant ce temps-là, les hommes et les femmes de notre
pays s'inquiètent, s'angoissent même, et désespèrent de plus en plus d'une vie
politique qui se désintéresse d'eux pour ne tourner qu'autour du possible destin
personnel dont rêvent tels ou tels candidats, et qu'ils voudraient nous faire
prendre pour le destin de la France !" 
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Le candidat communiste
fait plusieurs propositions : Revaloriser sensiblement et vite
les salaires, les retraites et les minima sociaux. Ce qui est décisif, aujourd'hui,
pour échapper à la récession et à ses conséquences sociales, économiques, humaines,
c'est d'organiser le soutien ferme et durable à la consommation populaire, pour
relancer durablement une vraie croissance, un vrai développement national, favorable
à nos concitoyens Engager résolument l'autorité de la France
dans l'exigence d'une réorientation de la construction européenne. La France ne
peut plus et ne doit plus supporter les contraintes du pacte de stabilité et la
toute puissance de la Banque centrale européenne, qui creusent les difficultés
pour tous les pays de l'Union. Comment peut-on supporter les admonestations et
les rappels à l'ordre en faveur d'une "rigueur" si douce aux puissants
et si dure pour les peuples, alors qu'aucune vision globale, qu'aucun projet commun
de grande envergure ne sont envisagés, qui seraient susceptibles de mobiliser
les moyens et les compétences de l'Europe pour affronter la situation actuelle,
en créant des activités, des emplois, des richesses nouvelles sur notre continent
! La loi de modernisation sociale et la loi de contrôle des
fonds publics accordés aux entreprises doivent entrer immédiatement en application.
Assez de faux-fuyants Ces lois constituent, l'une et l'autre,
des moyens efficaces de contrecarrer l'irresponsabilité des puissances d'argent
qui tuent les entreprises pour favoriser leur fuite en avant sur les marchés financiers,
où elles espèrent des profits rapides et substantiels sans se soucier du temps
que cela durera, ni des dégâts que cela cause ! "Je le dis aujourd'hui au
gouvernement, a ajouté Robert Hue: "Il y en a assez des tergiversations et
des faux-fuyants". C'est à la fin de l'année, au plus tard, que ces deux
lois doivent entrer en vigueur. C'est ici et maintenant, sans ambiguïté, qu'il
faut choisir entre les salariés - leur vie, leur avenir et celui du pays - et
les intérêts égoïstes des actionnaires." Pour sa part, Robert Hue soumet
ses propositions à la réflexion, au débat, à l'action des citoyennes et des citoyens,
afin de peser sur le cours de la politique actuelle, dans le sens de vos attentes,
de vos aspirations. C'est votre avenir, la qualité de votre vie quotidienne qui
sont en jeu" |
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Vivre
en sécurité Combattre l'injustice
et la violence |
Le but
des communistes, et de leur candidat Robert Hue, n'est pas d'expliquer ou d'excuser
la violence, mais de la faire reculer jusqu'à disparaître. Robert Hue, qui s'exprimait
le 22 novembre à Marseille devant les élus communistes, estime nécessaire l'élaboration
d'un "programme pluriannuel" permettant de doubler, par exemple sur
cinq ans, l'effort financier de l'État consacré à la sécurité (police, justice,
politique de la ville), lequel représente actuellement 95 milliards de francs
par an. Ce plan devrait servir les axes forts d'une politique d'ensemble :
Une lutte vigoureuse contre les trafics, les mafias, l'économie
parallèle. l Une pédagogie réfléchie et rigoureuse, conduite dès l'école et
dans tous les secteurs de la vie sociale, médias compris, et fondée sur l'apprentissage
du respect de l'autre, corollaire du respect que les autres vous doivent.
Une politique concertée entre l'État, les collectivités et les associations
pour la mise à disposition, en ville comme en milieu rural, de services publics
ayant les moyens d'être réellement au service de la personne. Donc disposant des
moyens matériels et humains de faire face 
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à leur tâche autrement que par les
petits boulots. Une définition du rôle, des missions et des
moyens de police et de justice, dans le cadre d'un service public de proximité,
alliant prévention, anmation de la vie sociale, justice; sachant sanctionner et
éduquer et sachant aussi créer les conditions pour de justes réparations aux victimes,
trop souvent délaissées. Le candidat des communistes propose à cette fin une concertation
entre l'État, les collectivités, les banques et les assurances. Ces premières
idées vont s'enrichir du dialogue que Robert Hue entend poursuivre avec les acteurs
de la vie sociale, les parents, les jeunes, les employeurs, les formateurs et
les associations, débouchant sur un état des lieux, "sans rien cacher et
sans rien rajouter pour repérer les points d'appui et traswvailler avec tous à
la sécurité." Il est non moins urgent d'accroître les moyens de la police
en personnel formé et qualifié et il est légitime de reprendre la réflexion autour
de la loi sur la présomption d'innocence. | |
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Election
présidentielle ROBERT HUE à la rencontre des communistes
«J’attends de ces rencontres que les communistes se comportent en actrices
et en acteurs de cette campagne» a déclaré le candidat du PCF à l’élection
présidentielle qui vient d’entamer une série de 18 rencontres avec les communistes
dans toute la France. Pour notre fédération, une rencontre
avec le candidat communiste est organisée le Mercredi 12 décembre à Stains (Seine-Saint-Denis)
Un car partira de la Bourse du Travail de Troyes à
17 heures Prix 60 F par personne. Réservation Nom - Prénom :
Adresse : Localité : Je participe à la rencontre avec Robert Hue organisée
à Stains. Ci-joint mon chèque de 60 F x personnes, soit ......... F
Libellez vos chèques à la fédération de l’Aube du PCF et retournez-les 16-18,
rue du Palais de Justice 10000 - TROYES | |
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Romilly
pôle de santé Il est urgent que l'A.R.H. examine la
solution publique |
Depuis
huit mois, la survie de la polyclinique Pasteur est posée, avec elle c'est le
maintien à Romilly-sur-Seine de la chirurgie et des emplois qui s'y rattachent.
En avril 2001, Joë Triché déclarait "Il faut prendre la mesure exacte de
la situation pour envisager ce qu'il convient de faire pour maintenir à Romilly
les lits de chirurgie et les emplois qu'ils impliquent. Si demain ils devaient
être rattachés à un autre établissement privé, le risque que ces lits de chirurgie
soient transférés à Troyes est bien réel avec des conséquences graves pour le
devenir de Romilly." Le 14 avril 2001, l'Est-Eclair dans un article écrivait
: «Michel Cartelet, maire de Romilly et président du Conseil d'administration
de l'hôpital est inquiet mais refuse de dramatiser.» Il continuait à préconiser
le rapprochement hôpital-clinique et, quelques semaines plus tard, il applaudissait
et accueillait en sauveur l'arrivée du Dr Janer. Dans le même temps, se mettait
en place un comité de défense du pôle de santé à Romilly comprenant la chirurgie,
la médecine, les urgences et la maternité. Il était constitué avec Joë Triché,
conseiller général communiste, de la CFDT, la CGT, du PCF, des Mutuelles de France,
du Secours Populaire, etc. Une pétition fut lancée (elle a recueilli près de 5.000
signatures), elle demandait, entre autre, que soit examinées toutes les solutions
y compris publiques et 
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organisait le 26 juin une manifestation
pour soutenir cette solution. Ce fut la même démarche, lorsqu'en juillet dernier,
une délégation fut reçue par le directeur de l'Agence Régionale Hospitalière.
Au rassemblement des romillons autour de ces propositions, Michel Cartelet déclarait
parlant de Joë Triché et du Comité de défense «il y en a qui s'agitent, moi j'agis»
et continuait de soutenir la solution privée. Qu'en est-il aujourd'hui
? Dans la presse locale du 17 novembre 2001 M. Robert Janer déclare entre
autre "avoir été un peu optimiste.[...] Nous sommes prêts à investir, à emprunter,
mais les banques elles-mêmes s'interrogent sur la viabilité d'une clinique à Romilly.
[...] Nous attendons un signe fort des pouvoirs publics autour du pôle de santé
de Romilly." Ainsi le Dr Janer veut bien reprendre la clinique, la gérer
sous la forme privée, mais n'entend pas prendre de risque financier et il en appelle
aux finances publiques ! Le Parti communiste français réaffirme que les fonds
publics doivent aller aux hôpitaux publics qui en manquent cruellement. à Romilly,
le maintien d'un pôle de santé de qualité passe par la reprise par le public des
lits de chirurgie gérés par le privé qui se révèle défaillant. Toutes autres solutions
seraient préjudiciables pour les finances publiques, la santé des Romillons et
le personnel de la polyclinique Pasteur. Jocelyne Pochinot
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| Le syndicat
Alliance de la police a trouvé insuffisante l'augmentation desalaire proposée
par le gouvernement. «Un jeune des quartiers, avec la drogue, gagne notre salaire
d'un mois en une semaine et s'en vante» dit son secrétaire national. Pourquoi
ne propose-t-on pas de payer les jeunes des quartiers avec le salaire des policiers
et d' occuper les policiers au trafic de drogue ? Cette méthode astucieuse
permettrait en outre de ramener la paix dans les quartiers. On occuperait ces
jeunes nouveaux salariés (car tout salaire mérite travail !) à faire traverser
les grand-mères, à allumer ou éteindre les feux rouges, à souffler sur les feuilles
d'automne glissantes pour le pas du vieillard ou le pneu de la R 5, peut-être
même à la répression des incivilités. Quant aux policiers, quatre fois mieux
payés dans leur nouvelle activité, ils n'auraient plus à servir de cibles aux
malfrats. Ils ne se fusilleraient pas non plus entre eux et pourraient même laisser
leur arme au vestiaire. Je n'y verrai que le respect le plus grand de la déontologie.
Naèj Ervefel | |
| Proche-Orient
. Arrêter
le cycle de la violence |
Le PCF
exprime son horreur et sa révolte après les attentats dune violence inouïe
qui viennent de frapper, en plein centre de Jérusalem et de Haïfa, des femmes
et des hommes sans défense, faisant des centaines de blessés et des dizaines de
morts. Ces actes barbares marquent une étape dans une escalade dont personne ne
peut plus prévoir les conséquences. Le PCF condamne absolument ces attentats.
Mais il condamne également les mesures aveugles de représailles dans lesquelles
sest engagée le gouvernement israëlien. Dans ce cycle de violence, le risque
est immense de nouveaux bains de sang, dune fuite en avant dans la terreur
et dun 
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embrasement de la région. Dans une telle
situation, il est dextrême urgence de tout faire pour mettre un coup darrêt
à la poursuite de lescalade. Toutes les parties intéressées doivent immédiatement
prendre leurs responsabilités. Le gouvernement israëlien doit renoncer à sa démarche
de vengeance et lAutorité Palestinienne doit sengager à arrêter les
responsables des attentats et à empêcher de tels actes. Pour sa part, lEurope
doit prendre linitiative, avec les états-Unis et dautres pays concernés,
comme la Russie et lEgypte, pour faire cesser la violence, pour aider au
retour au calme et pour favoriser le retour au dialogue politique |
Risques
industriels et technologiques ICOA à Crancey
Les industriels et l'état doivent faire la transparence |
Demander
des informations sur la nature des risques potentiels agace la direction dICOA
France qui nhésite pas à mentir publiquement par ommission. Le collectif
«environnement - cadre de vie» de la section de Romilly du PCF a adressé, le 15
novembre dernier, une lettre ouverte au préfet pour demander des informations
sur «les dispositions mises en oeuvre en cas de sinistre [chez ICOA] et quelle
est la nature des mesures opérationnelles prises aujourdhui en termes de
prévention.» (Cf. Dépêche du 22 novembre). Traitée en quelques lignes par la presse
locale, cette information a cependant «fait bondir» le directeur général dICOA
qui, lui, a bénéficié dun quart de page le 19 novembre dernier. Mensonge
par ommission Pourquoi un tel sursaut de la direction dune usine
classée par la DRIRE «Seveso II-seuil haut», cest-à-dire le fin du fin en
matière de risque industriel, comme lont rappelé les intervenants lors dun
débat régional, qui sest tenu à Châlons-en-Champagne le 26 novembre dernier,
sur les risques technologiques ? Dans son «droit de réponse» à un courrier qui
ne lui était dailleurs pas adressé, le directeur du site précise : «ce produit
[le diisocyanate de toluène] nest en aucun cas inflammable.» Faux ! Dans
les documents officiels de la DRIRE, la nature du risque décrit est le suivant
: incendie, nuage toxique. De nuage toxique, il nest, bien évidemment, nulle
part question dans la réponse par voie de presse de la direction dICOA qui
utilise sciemment le mensonge par ommission ! Sans doute pour ne pas «apeurer
les riverains de façon injustifiée» comme elle le reproche aux membres du collectif
communiste. Utiliser une telle stratégie ne va certainement pas dans le sens de
résorber la crise de confiance profonde qui existe actuellement à légard
des industriels sur ces questions. Toute la transparence doit être faite par
les industriels et les services de létat afin que la population et les salariés

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soient informés des risques encourus sans
pour autant diaboliser tel ou tel site industriel. Le débat sur ces questions
ne peut pas se résumer, comme cela lest souvent, à une opposition entre
lemploi et la sécurité environnementale. Un antagonisme trompeur dont les
patrons savent faire leurs choux gras. Propositions communistes
Les communistes ont des propositions concrètes qui peuvent être rapidement mises
en oeuvre : Dabord créer des comités locaux autour des
entreprises dangereuses associant riverains, salariés, élus locaux et directions
dentreprises. Renforcer le rôle et les pouvoirs des salariés
et celui des CHSCT. Protéger salariés et syndicats contre les patrons qui sen
prennent aux salariés qui osent parler des défaillances de sécurité dans leurs
entreprises. Le recours à lemploi précaire, à des salariés
insuffisamment formés, les réductions deffectifs font courir des risques
majeurs. La sécurité passe avant tout par lhumain, en qualité de formation
et en nombre. Renforcer les effectifs des Directions régionales
de lindustrie, de la recherche et de lenvironnement (DRIRE) qui sont
actuellement en nombre notoirement insuffisant. Veiller au strict
respect, et sans dérogation, des règles durbanisation autour des sites à
risques. étendre les périmètres de sécurité autour de tels sites. La protection
de lenvironnement et du cadre de vie concerne lensemble de la population.
à ce titre, elle relève du terrain de laction politique. Cest donc
tout naturellement que les communistes intègrent cette problématique dans leur
réflexion politique ; pour être utile à la société en mettant en débat des propositions
alternatives et en sinscrivant dans une action à long terme sur toutes ces
questions qui préoccupent nos concitoyens. Alain Keslick
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| Femmes
afghanes Ne
pas les oublier |
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Les femmes afghanes doivent pouvoir, comme dans l'ensemble
du monde, travailler, se soigner, étudier, participer à la vie publique en votant
et en étant membres des instances dirigeantes à venir du pays. Le réseau
mis en place à la Fête de l'Humanité pour les aider se propose d'organiser concrètement
la solidarité par le financement d'un projet d'école. Le journal est partie prenante,
lui qui a publié 100 lettres de femmes afghanes. Sylviane Ainardi est à l'origine,
pour le groupe Bouge l'Europe! au Parlement européen, d'un appel (ci-dessous).
Le 10 décembre, dans le cadre de la journée internationale des droits de l'Homme,
le Parti communiste consacre cette journée aux femmes d'Afghanistan. Appel
pour la participation des femmes afghanes au processus de démocratisation.
Le prochain gouvernement afghan sera multiethnique ou ne sera pas. La reconstruction
et la démocratisation de ce pays passent par une représentation de l'ensemble
du peuple afghan. Ce peuple est composé de différentes cultures, ethnies,
d'hommes et de femmes. Les femmes, qui constituent 
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plus de la moitié de la population, ont
connu depuis des années, la négation de leur intelligence, de leur visage, de
leur existence, de leurs droits fondamentaux. Elles sont médecins, enseignantes,
ouvrières, paysannes. Elles aspirent à une pleine égalité, à agir en toute liberté
pour l'avenir de leur pays. Sous le régime des taliban, elles ont résisté
à l'obscurantisme et certaines se sont organisées au péril de leur vie. L'expérience
historique montre que les droits des femmes, leur participation à la vie de la
cité sont une garantie de la démocratie. Sans elles, pas de changement, de progrès
possible. Hier, nous nous mobilisions contre l'horreur qu'elles subissaient.
Aujourd'hui, mobilisons-nous pour qu'elles aient la place qui leur revient dans
les négociations politiques qui s'engagent et dans les futures institutions qui
en seront issues. Elles sont les actrices incontournables de la reconstruction
de l'Afghanistan. ONU, Union européenne, tous les états de la coalition contre
le terrorisme, doivent aujourd'hui exercer une pression maximale pour que les
Afghanes écrivent elles-mêmes une nouvelle page de leur histoire" .
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| Sida Plus
de 60 millions de personnes infectées en 20 ans |
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Vingt ans après l'identification du sida , cette maladie
dévastatrice a déjà tué plus de vingt millions de personnes et la plupart des
quarante autres millions atteintes par le virus(VIH) mourront si elles n'ont pas
accès aux traitements disponibles, selon l'ONU-SIDA. En 2001, le sida
aura causé la mort de 3 millions de personnes, selon le rapport annuel publié
mercredi par l'ONUSIDA (le programme des Nations-Unies pour le VIH-SIDA) et l'OMS.
"Un tiers environ des personnes vivantes infectées ou malades ont entre 15
et 24 ans, et la plupart ignorent qu'elles sont porteuses du virus", souligne
le rapport. Dans des pays déjà accablés par d'énormes problèmes socio-économiques,
le sida menace le développement et la stabilité sociale à une échelle sans précédent,
selon l'ONUSIDA. L'Europe orientale et l'Asie centrale, et en particulier la Russie,

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s'illustrent par "la croissance la
plus rapide de l'épidémie dans le monde" et "un nombre de nouvelles
infections qui montent en flèche". L'Afrique sub-saharienne reste la région
du monde la plus touchée. Les quelques 3,4 millions de nouvelles infections de
cette année, portent à 28,1 millions le nombre d'Africains qui vivent avec le
VIH, qui pour la plupart, en l'absence de traitement adéquat, ne survivront pas
à la décennie. Mais tout n'est pas sombre dans ce constat. "En Ouganda, Zambie,
et Tanzanie, il y a une baisse du nombre de nouvelles infections", relève
le directeur exécutif de l'ONUSIDA. Sur le front politique, une session extraordinaire
de l'assemblée générale des Nations Unies en juin dernier a fixé des objectifs
pour réduire l'expansion de l'épidémie, notamment parmi les jeunes et les nouveaux-nés.
Il s'agit maintenant pour les gouvernements de concrétiser ces engagements.
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Nogent-sur-Seine
Knauf Plastics Les salariés demandent des comptes |
Knauf Plastics à Nogent, cest déjà une longue histoire.
Des décennies dune présence paisible, sans conflit majeur. De temps en temps,
des rumeurs. Cest tout. Autrefois unique, lentreprise sest scindée,
il y a quelques années, en deux unités. Lune spécialisée dans lexpansé
(emballages en polystyrène, etc), lautre dans linjection (coques de
téléphones, de TV, etc). Cest dans cette seconde unité, et par téléphone,
justement !, que neuf salariés ont été avertis, fin octobre de leur licenciement.
Sèchement, brutalement, pour «motif économique» soi-disant. Effondrement du marché
du téléphone (qui a hier engraissé les actionnaires du groupe), perte de marchés
; un refrain tant et tant chanté ces derniers mois à travers lHexagone,
bien souvent pour camoufler des délocalisations organisées. Neuf licenciements
secs sans proposition daccompagnement (convention de conversion, préretraite,
etc), ni de reclassement sérieux. Sans aucune explication ni informations sur
la réalité de la situation financière. Les salariés, soutenus par la CGT, allaient-ils
prendre pour argent comptant les licenciements du patron ? Non, bien sûr, dautant
que depuis lannonce de ces neufs premiers licenciements, la direction fait
effectuer des heures supplémentaires et augmente les cadences. Un proverbe
chinois dit : «quand on lui montre la lune du doigt, limbécile regarde le
doigt». Et quand on lui parle de contrôle de lutilisation des fonds publics
ou loi de modernisation sociale, Gérard Ancelin, maire et shériff de Nogent, tireur
délite de la droite, dégaine rapidement ses colts et fait feu sur... les
35 h, les salariés dans la rue, Joë Triché pour ses positions au Conseil général,
etc. Samedi 17 novembre dernier, une quarantaine de salariés de chez Knauf, des
délégués CGT des entreprises locales et les deux conseillers municipaux communistes
se sont invité à la mairie et ont interpellé le premier édile et deux de ses fidèles
lieutenants. Des hommes, des 
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femmes, aujourdhui brutalement licenciés
ou solidaires et inquiets pour lavenir, des contribuables sont venu dénoncer
des licenciements financés par leurs impôts par le biais des diverses aides distribuées
sans contrepartie, ni garanties, aux entreprises. Soutenus par des «ex» de
Faurécia, les Knauf ont fait la connaissance de la droite nogentaise, démagogue
et dabord arrogante avant dêtre déstabilisée puis agressive face aux
interpellations des uns et des autres. Christophe Latrasse et Patrick Maton pour
la CGT, Laurent Levasseur et Françoise Mériaux, élus communistes de lopposition
municipale de gauche, et le «grand orchestre» de Knauf ont fait trembler les murs
de cette mairie bourgeoise sur les refrains de «non aux licenciements boursiers»
ou de «jte donne, tu mvires, tu mrembourses»... Les tirades
anti-communistes de Thierry Neeser, premier adjoint, vizir de lombre qui
veut être calife à la place du calife, ont bien fait sourire les manifestants
qui se sont promis que celui-ci ne serait jamais maire de Nogent. Pour sa part,
Gérard Ancelin la dit : il ne saisira pas la commission régionale de contrôle
de lutilisation des fonds publics pour savoir si le groupe Knauf a pu bénéficier
daides publiques. Ce nest pas une surprise, mais les salariés ont
vu et entendu. Avec la CGT et les élus communistes nogentais, ils se sont retrouvé
le lundi 26 septembre pour agir, pour refuser les licenciements, pour que la loi
«Hue» soit appliquée et ils se sont donné rendez-vous pour le mercredi suivant
... à la séance du Conseil municipal. ça bouge à Nogent, et quand on sait que
les petits ruisseaux font les grands fleuves, la municipalité de droite nogentaise
pourrait bien partir à la dérive. Laurent Levasseur
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| Mutualité
j'écris ton nom ! |
Cest
un mouvement social dont les racines plongent au cur de notre histoire,
mais dont les valeurs et les pratiques sont plus que jamais d'actualité. L'origine
de ce mouvement part de l'idée que le mieux être, la santé, la sécurité devant
les aléas de la vie pour chacun d'entre nous sont liés à tous les autres individus.
Mutualité ne va pas sans solidarité. C'est d'abord une conception des rapports
entre les êtres humains et, à notre époque où tant de problèmes relationnels se
posent, nous serions peut-être bien inspirés de reprendre les valeurs qui fondent
la mutualité. Un mot qui recouvre à lui seul une vaste et belle idée
C'est également faire partie intégrante de l'économie sociale. L'économie solidaire
basée sur un système volontaire de prévoyance en matière de santé et d'invalidité
où cotisations et prestations vont de pair. Dans notre système économique où le
«marché» a la part belle, où la mondialisation avance à marche forcée, c'est une
réponse toujours actuelle. L'économie sociale - que nos aînés ont mise en avant
avec la création des coopératives, des sociétés ouvrières, les mutuelles - avait
et a toujours pour but de permettre le meilleur accès possible aux produits face
à l'exploitation d'un système où l'argent est roi. Sa force, à une certaine époque,
prenait une dimension telle qu'elle faisait peur aux pouvoirs en place qui n'ont
eu de cesse de la contrôler, de la tutelliser. C'est au débute du siècle dernier
(le XXème siècle) que l'âge d'or du mutualisme s'impose. La mutualité avec le
mouvement syndical, devient le point d'appui de tous ceux qui luttent pour des
jours meilleurs. Devant une mutualité plus officielle composée de notables qui
gèrent les assurances sociales et ne prennent aucunement conscience des remous
sociaux qui bouleversent la France, la mutualité ouvrière, avec de maigres moyens,
rassemble et agit pour les plus humbles. C'est la mise en place de réalisations
sociales importantes pour le monde du travail, pour les familles ouvrières.
Ouvriers, fonctionnaires, artisans et paysans ont toujours su se rassembler
pour lutter contre la maladie et les accidents du travail. En 1920, à
Romilly, à l'initiative des militants du mouvement coopératif local, c'est la
création de la solidarité mutuelle des coopérateurs, la SO MU CO, avec l'ouverture
de sa pharmacie mutualiste, mais aussi 
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d'autres services sociaux, voient le jour
à cette époque : médecins, soins infirmiers, soins dentaires. Hélas, les deux
grandes guerres que notre pays a connu au cours de ce XXème siècle ont engendré
les dégâts considérables que l'on connaît. Pourtant, en 1945, au sortir des années
noires, notre pays pourtant exsangue, trouve des hommes et femmes ayant la volonté
de rebâtir y compris en matière de santé et de protection sociale. Pour le conseil
national de la résistance (CNR) la reconstruction économique doit s'accompagner
du développement social. La sécurité sociale voit le jour le 4 octobre 1945 sous
l'impulsion du ministre Ambroise Croizat. Le mouvement mutualiste repart et accompagne
cette grande uvre sociale en faveur de notre pays avec ses réalisations
sociales et sa couverture complémentaire maladie. Mais le mouvement mutualiste
suit des chemins différents. La mutualité officielle ne partage pas les idées
de la mutualité ouvrière. Cette dernière avait accueilli la sécurité sociale comme
une grande conquête sociale et non comme un organisme spoliateur. Ainsi se crée
en 1960 la fédération de la mutualité des travailleurs qui devient en 1986 la
fédération des Mutuelles de France. Unis, nous sommes plus forts !
Il y a eu des années d'orientation différentes au niveau des deux grandes fédérations
mutualistes. Notamment en matière de pénétration des compagnies d'assurances dans
le champ de la santé, orientation, dont la FNMF semblait s'accommoder alors que
la mutualité ouvrière y était résolument hostile. Maintenant le mouvement mutualiste
s'achemine vers l'unification. Qu'est-ce qui a changé ? Des voies nouvelles s'ouvrent
avec le nouveau code de la mutualité, celui-ci répond plus positivement aux directives
européennes et à la pénétration des assurances dans le domaine de la santé. L'union
du mouvement mutualiste a toujours été un des grands axes de la FMF (Fédération
des Mutuelles de France). Car avec toute sa ténacité, la FMF non seulement a survécu,
mais a pris une place originale et incontournable dans le mouvement social, le
monde mutualiste, l'économie sociale, auprès des pouvoirs publics et parmi de
nombreux acteurs sociaux très divers. Son rôle de pionnier dans la mise en place
de la CMU n'est contesté par personne, même si, dans ce domaine, tout n'est pas
encore au point. Face aux prétentions des grandes compagnies d'assurances et du
MEDEF qui "tirent à vue" sur la sécurité sociale, l'union de toutes
les bonnes volontés est plus que jamais nécessaire |
Ecoutez-voir
... Sondage...Pas sympas pour les Dryats |
Sondage Les instituts de sondage engagent du personnel vacataire
qu'ils forment à la va-vite et à la va-comme-je-te-pousse dans les escaliers des
immeubles. «Allez-y, interrogez tout le monde, vous toucherez de 15 à 30 F par
interview». Mais chaque enquête dure une bonne demieheure. C'est pas gros payé
et ne sont pas comptées les heures à vide quand les portes restent fermées et
va que je te frappe et que je te sonne. L'essence non plus n'est pas remboursée.
Voyons une jeune femme comme vous, vous pouvez aller à pied. Quand arrive le moment
de la paie, deux mois plus tard, le gros monsieur poli de l'Institut Machin vous
annonce qu'il ne peut vous payer les enquêtes quand les sondés n'ont pas voulu
donner leur nom. Pourtant, l'enquête est réellement faite et mise dans l'ordinateur.
Elle apporte des réponses au commerçant qui l'a commandée. Sondage et entubage
sont les deux mamelles de la France des petits boulots.
Malicette

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Pas sympa pour les Dryats
On se rappelle du coup médiatique du maire de Saint-André les-Vergers, qui dénonçait
à corps et à cris un trou de 4 millions de Frs dans le budget 2001 laissé par
l'ancienne municipalité. Un effet d'annonce qui s'avère n'être aujourd'hui qu'une
tempête dans un verre d'eau qui avait pour but de justifier à bon compte les futures
augmentations des impôts locaux. Dans la foulée, le maire annonçait qu'il ne pourrait
pas appliquer son programme. Pas tout son programme, car la partie qui lui tient
le plus à cur, la baisse des charges de personnel a déjà commencé, plusieurs
dizaines de contrats à durée déterminée n'ont pas été renouvelés parmi le personnel
communal. Quant au reste, le maire a décidé de plagier le programme de l'opposition.
Ce dernier vient de présenter au conseil municipal, le projet de la ZAC d'Echenilly.
C'est la copie conforme du projet de l'ancienne municipalité de gauche. Il y a
quelques mois encore, en pleine campagne électorale, la droite dryate en avait
fait son cheval de bataille et n'avait pas de mots assez durs pour qualifier ce
projet. Ce n'est pas très sympathique pour le dryat tout cela |
| La
dernière création du TPC Il
faut tuer Sammy |
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Un quotiden lancinant, le désespoir tempéré par le rêve,
la misère sauvée par la dignité, cest ainsi que les adultes engagés peuvent
comprendre une pièce qui fait bien rire les enfants, en tout cas. Ed et
Anna forment un couple charmant sauf le climat qui assomme, Sammy qui grognonne
et le violoncelle qui déconne. Sans compter la corvée de pluche aussi. Heureusement,
c'est de la grosse Bintje. Et va que je te pèle. Esclaves de la truie, ces deux-là.
Esclaves de la vie, oui. Car Sammy, on le découvre à la fin, Sammy est une truie.
Entre temps, on n'a su que frémir de frousse. Ed(1) et Anna (2) vivent à mille
milles de toute terre habitée. Ils rêvent de partir. D'abandonner là leur misère
avec le cochon(3) et le cousin dingue(3) qui a pris le soleil. Partir ? Ils se
mènent en bateau tous les deux. Partir serait laisser là leur triste condition,
à condition d'en avoir les moyens. Partir serait être débarrassé de Sammy après
l'avoir tué. Ça les démange ce meurtre, ce porcicide. Fin des soucis. Partir serait
laisser là le cousin, le fada, grand rêveur qui prend ses quartiers dans la lune
et qui est copain comme cochon avec Sammy. Mais tout le monde rêve dans cette
pièce, à la fois drôle, fantasque, poétique, hors du temps mais dans le temps
quand même ? On bouffe de la purée tous les jours mais on joue le repas plantureux
au salon. On y voit un couple, seulement uni par l'espérance (partir) et par le
labeur journalier (nourrir l'insatiable Sammy). Pas de communication. Pas d'amour.
Nourrir. Partir. Il y a bien là deux personnes. Pas un couple. Une couple. Pierre
Fabrice aurait mis cette fausse farce en scène, à Troyes, dans une HLM (il y a
de la place pour élever un cochon), que nous n'en eussions point été surpris.
Les nombreux enfants qui sont venus tout au long de la semaine n'ont pas manqué
de rire tout leur saoul sinon d'avoir peur 
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de la bête en cage (inconnue et invisible
: un ogre ? un démon ? Ben Laden ?). Que les progressistes se rassurent, la pièce
n'est noire qu'au début. A la fin, la truie met bas. Ed et Anna s'en réjouissent
sans arrières pensées culinaires ni prurit d'ingérences alimentaires d'aucune
sorte, dans nul pays. Les acteurs, Pierre, Marie-Hélène, Jérôme, sont faits
et donc parfaits, ajustés pour cette comédie qui grince un peu. Le public adulte
du samedi a boudé davantage. Mais le TPC n'a pas la grosse artillerie médiatique
des spectacles troyens, fort riches en comm', tout tambours dehors. Quand comprendra-t-on
qu'une compagnie qui fait un excellent travail comme nos amis du Théâtre Populaire,
a besoin de la rumeur publique fut-elle entretenue. Ajoutons pour conclure que
le TPC avait joué une «avant-première» de ce spectacle en mai dernier. On espère
maintenant beaucoup d'après-dernières. Jean Lefèvre
L'auteur, Ahmed Madani, est né en Algérie. Il a créé la Madani Compagnie à Mantes-La-Jolie
et réalise un théâtre d'art citoyen et populaire qui se saisit des grands problèmes
d'aujourd'hui. «Le théâtre est une petite lumière, une chandelle. Et une
simple flamme peut mettre le feu à tout.» Ahmed Madani (1) Pierre
Fabrice, également metteur en scène. (2) Marie-Hélène Aïn (3) Sammy
(4) Jérôme Faure et J.S Bach. |
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Europe
des transports La
SNCF et la RATP face aux menaces du libéralisme |
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Le projet de règlement européen sur les transports de voyageurs,
élaboré l'an passé par la Commission de Bruxelles, vient d'être voté en première
lecture au Parlement européen. Rappelons qu'une fois adopté, ce texte
aura immédiatement force de loi dans tous les pays de l'Union, donc en France.
La SNCF, la RATP et l'ensemble des acteurs, salariés et usagers, du transport
de voyageurs sont ainsi directement concernés. Marché concurrentiel
À l'image de ses autres projets et en application des traités, la Commission de
Bruxelles veut, avec ce texte, organiser le secteur des transports selon une logique
de marché concurrentiel. Et donc obliger toutes les autorités organisatrices des
régions et des villes d'une certaine importance à passer un appel d'offres pour
attribuer l'exploitation du réseau de transports collectifs. Le but réel: permettre
aux grands groupes privés comme Vivendi-Connex de partir à la conquête de réseaux
jusqu'ici exploités par des opérateurs publics. Pourtant, l'actualité montre tous
les dangers de cette vision libérale de l'économie et de la société. L'exemple
de la Grande-Bretagne, pays chantre de la libéralisation et de la privatisation,
est éclairant Derrière l'enjeu du règlement européen, c'est toute la logique
de l'économie actuelle et de la construction européenne qui est en cause: Veut-on
faire des transports collectifs une activité qui rapporte de l'argent à quelques
gros actionnaires ? Ou, au contraire, doit-on les considérer comme un service
public qui doit être accessible à tous ? C'est cette deuxième option que les
communistes, défendons. Parce que le transport est porteur d'enjeux essentiels
(le droit à la mobilité, le lien social entre les individus, l'aménagement des
territoires, le désengorgement des villes, la préservation de l'environnement
et le développement durable), nous estimons qu'il doit échapper à la régulation
par le marché, être géré selon d'autres principes et placé sous le contrôle des
citoyens. Le service public au cur du projet communiste Cette
bataille pour le service public fait partie intégrante de notre combat pour une
société plus juste, plus humaine et plus démocratique. Lors du 31ème Congrès du
Parti communiste, Robert Hue, candidat à l'élection présidentielle, s'est ainsi
prononcé pour "un secteur public étendu à tous les domaines où c'est nécessaire
et ne se limitant pas obligatoirement aux services ou aux activités que le capitalisme
ne juge pas assez rentables". Les communistes veulent mener cette bataille
avec toutes les 
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forces disponibles, en France et au-delà,
dans le cadre d'une réorientation de la construction européenne. Ce qui implique
la révision des textes des traités afin qu'ils reconnaissent l'existence d'un
secteur de service public non-marchand en Europe. Les entreprises publiques
ont un rôle important à jouer pour construire cette alternative au libéralisme,
à condition de modifier leur stratégie actuelle. En effet, elles ont mieux à faire
qu'à devenir "prédateur" en province et à l'étranger dans chaque marché
ouvert par la dérégulation. La concurrence absurde sur les réseaux urbains qui
en découle entre RATP et SNCF par filiales interposées doit cesser. Autour de
la SNCF, de la RATP, des réseaux du groupe AGIR peut se constituer un grand pôle
public du transport de voyageurs faisant vivre le droit au transport et privilégiant
la coopération avec les opérateurs étrangers. Le bras de fer est engagé
Depuis plus d'un an, le projet de règlement sur les transports de voyageurs fait
l'objet d'un véritable affrontement. D'un côté, les grands groupes font pression
pour obtenir la plus grande "libéralisation" possible. Mais de l'autre,
des forces agissent pour faire prévaloir une logique de service public. L'action
du ministre Jean-Claude Gayssot, la mobilisation des grands opérateurs publics
européens, la prise de position de nombreux élus, l'intervention des euro-députés
du groupe Gauche Unie Europénne (où siègent les communistes) ont ainsi imposé
des reculs aux libéraux. Après la bataille d'amendements menée au Parlement
européen, le projet a réintroduit sous certaines conditions la possibilité d'une
gestion directe ou en régie des réseaux par les collectivités locales. Il prévoit
aussi des possibilités de déroger à la mise en concurrence pour les lignes de
métro et de tramway, ainsi que pour les réseaux de bus sous réserve que l'activité
de l'opérateur soit circonscrite à la région considérée. En revanche, de graves
menaces persistent sur les réseaux ferroviaires régionaux (les TER), y compris
le RER. Quant aux grandes lignes SNCF, elles sont dans le collimateur d'un autre
texte de la Commission : le trop fameux "paquet ferroviaire". Le Conseil
des ministres européens des Transports est maintenant amené à se prononcer, puis
le Parlement européen aura à examiner le texte en deuxième lecture. La mobilisation
des citoyens a démontré son efficacité en obtenant des modifications substantielles
du texte initial. Mais elle doit encore s'amplifier car tout n'est pas réglé et,
de son côté, le lobby des groupes privés se battra jusqu'au bout .
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