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La dépêche de l'Aube n°846
du Vendredi 9 décembre
2005
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Emploi,
délocalisation, politique industrielle 250 participants
pour débattre avec M.-G. Buffet.
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On l'appelait "Romilly la chaussette" elle est devenue
une ville sinistrée par le chômage.
Alors pour le troisième forum citoyen co- organisé
dans l'Aube par le PCF, ATTAC, le CAPAL et le MRC, les communistes
de Romilly-sur-Seine avaient souhaité débattre des
questions de l'emploi. Romilly, ce sont quarante années
de municipalité communiste jusqu'en 1989, année
où Michel Cartelet, sous l'étiquette des radicaux
de gauche, conquiert la municipalité avec l'aide de la
droite. Sans doute ici plus fortement qu'ailleurs, on ressent
que les pertes d'activités de productions sont synonymes
de mort. "En quelques années, vingt mille emplois
ont été supprimés dans la région",
explique Joë Triché, Conseiller général
communiste dans cette commune passée, en peu de temps,
de 18 000 à 14 000 habitants. Et l'on n'est pas au bout
du déclin. Jacquemard, la dernière usine de chaussettes,
va liquider toutes ses activités de production. Le pays
du textile est sinistré. Qu'on convoque un forum sur l'emploi
avec la secrétaire nationale du PCF, Marie-George Buffet,
qu'on appelle à y débattre pour savoir comment la
gauche doit réagir, ce qu'elle doit inscrire dans son programme,
et ce sont 250 personnes qui se retrouvent dans la salle des fêtes
par cette froide soirée décembre.
Que feront ceux qui proposent de prendre la place du gouvernement
?
Deux heures de débat, animé par Stéphane
Sahuc, journaliste de l'Humanité, où les propositions
fusent, et pas seulement de la tribune où, avec Joë
Triché et Jean Pierre Cornevin ont pris place Marie-George
Buffet, Michel Husson, du Conseil scientifique d'ATTAC, Patrick
Trannoy, secrétaire national du MRC, et Pierre Mathieu,
Conseiller régional communiste. D'emblée, un salarié
de Jacquemard entre dans le vif du sujet : "Trois plans sociaux
en cinq ans n'ont rien résolu. Alors que fait le gouvernement
? Et que feront ceux qui se proposent de prendre la place ?"
Toute la soirée sera consacrée à tenter de
répondre à cette interpellation. Dans les réponses
des uns et des autres, bien des différences peuvent être
pointées. Pour le représentant du MRC, l'accent
est mis sur la nécessité de protéger les
productions françaises, une protection douanière
qui s'accompagne de la responsabilité de la "puissance
publique", de l'État pour "faire prévaloir
la logique industrielle sur la logique financière".
Michel Husson insiste, lui, plus particulièrement sur "la
continuité des droits du salarié indépendamment
de l'emploi qu'il occupe". C'est, d'après le dirigeant
d'ATTAC, ce qui est commun à tous les projets de sécurité
d'emploi mis en avant par le PCF ou les syndicats. Une continuité
des droits qu'accompagne le fait que le financement de ces mesures
doive revenir aux entreprises.
Le fait du prince
Répertoriant les propositions des communistes, Marie-George
Buffet insiste sur la question de la démocratie, des droits
des salariés. "Les décisions économiques
sont le fait du prince et les droits des actionnaires sont des
droits divins", montre-t-elle. Et elle plaide pour "un
droit d'ingérence" des salariés et des élus
quand une entreprise décide de délocaliser une production
ou de licencier. Un droit d'ingérence qui permet de décréter
un moratoire sur de telles décisions. Ce droit d'ingérence
doit aller jusqu'au "droit d'appropriation sociale"
avec des fonds publics pour poursuivre les productions.
Il faut des solutions de haut niveau
Différentes, souvent complémentaires, ces propositions
ont cependant un fond commun. Toutes les mesures proposées
s'en prennent à la logique des revenus financiers. Elles
ont toutes un contenu anticapitaliste et c'est d'ailleurs lorsque
ce contenu est le plus parlant que

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la salle approuve le plus
vivement. "C'est quand la gauche joue petit bras, c'est quand
elle s'accommode de la logique libérale et qu'elle se contente
de l'accompagner qu'elle est sanctionnée, dit Marie-George
Buffet. Il faut, pour répondre aux attentes populaires,
que la gauche exprime des solutions de haut niveau" Témoignages
et propositions se succèdent de la salle. MF Pautras, la
Conseillère générale communiste de la Chapelle
St-Luc dénonce la volonté de faire travailler les
érémistes en échange de leur allocation.
Pierre Mathieu annonce la mise en place au Conseil régional,
d'une "commission de contrôle et d'évaluation
des fonds publics" sous présidence communiste. Un
membre d'ATTAC dénonce le fait que la société
oppose en permanence le consommateur au salarié : "le
consommateur demande des prix de plus en plus bas, pour y répondre
les entreprises baissent leurs coups salariaux, donc le pouvoir
d'achat", spirale infernale qui pose la question d'un meilleur
partage des richesses : "les entreprises doivent baisser
leurs profits et non la masse salariale". Un cheminot dénonce
le démantèlement du service public, et un salarié
de la centrale nucléaire de Nogent dénonce le recours
systématique à la sous-traitance et les risques
d'accident qui en découlent. "Il faut conditionner
les échanges commerciaux internationaux à des obligations
sociales, notamment sur les salaires", avance un participant.
"Nous ne pouvons pas attendre 2007, s'exclame une salariée
de Jacquemard.
Il n'y a pas de réactions assez importantes. Attention
à la fatalité" Justement une manifestation
pour l'emploi à l'appel de toutes les organisations syndicales
et partis de gauche locaux est prévue pour le 10 décembre.
Les attentes sont pressantes. C'est toute la gauche qui est interpellée
LDA et LHumanité
Lettre de MG Buffet à M le Ministre
Avant le Forum citoyen, MG Buffet a souhaité rencontrer
les salariés de Jacquemard. Elle sest engagée
à faire un courrier à G. Larcher Ministre délégué
à lemploi.
Cest chose faite :
Lors dun déplacement à Romilly-sur-Seine
(Aube), jai reçu une délégation
de lintersyndicale des salariés du Groupe Jacquemard,
leader français de la fabrication de chaussettes. Depuis
les années 2000, ce groupe a effectué plusieurs
plans sociaux alors quil a bénéficé
de 10 millions dEuros de fonds publics.
Il ne reste que 20% de la production à Romilly, le
reste ayant été délocalisé en
Roumanie. Mais de nouveau, un plan de 300 suppressions demplois
est anoncé, ce serait la fin de la production en France.
La direction évoque le maintien dune plate-forme
logistique mais sans aucune précision.
Afin de répondre à la légitime inquiétude
des salariés, pouvez-vous, Monsieur le Premier Ministre,
intervenir auprès de la direction de cette entreprise
pour quelle mette cartes sur table et que les organisations
syndicales puissent exposer des propositions alternatives
?
Je vous prie de croire, Monsieur le Ministre, en lassurance
de mes sentiments respectueux. |
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SNCF/Intox
antigrève
Les cheminots ont raison !
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Devant la puissance du mouvement engagé par les cheminots,
les opposants à la grève ont accusé le coup,
soufflant le chaud et le froid, ne sachant pas exactement sur
quel pied danser.
Alors que le président de la République est lui-même
monté au créneau pour affirmer que l'entreprise
"est et restera publique", que la direction concède
de premiers reculs, comme quoi l'affaire mérite d'être
prise au sérieux, l'UMP lançait sur internet un
sondage pour limiter le droit de grève.
La plupart des médias écrits et audiovisuels, alignés
sur la propagande de la direction et du pouvoir, ont attaqué
le mouvement sur le registre de l'intox anti-grève. À
les écouter, cette grève n'avait aucun objet, ne
serait qu'un "coup de force" de la CGT. Ce tir de barrage
a légitimement provoqué des réactions de
colère dans les AG de cheminots. Cela rappelle le rouleau
compresseur médiatique lors du référendum.
De qui se moque-t-on ? Ainsi les problèmes soulevés
par les cheminots n'existeraient pas. ? Soyons sérieux.
Qui peut prétendre sans sombrer dans le ridicule que la
privatisation des entreprises publiques dans ce pays est un «non
sujet" ? La SNCM vient d'être privatisée. Les
salariés de la RTM luttent contre la livraison progressive
au privé du tramway marseillais. 15% du capital d'EDF est
mis en Bourse, peu après l'entrée de GDF. Idem pour
les autoroutes. Le congrès des maires de France s'inquiète
de la disparition des services publics en zone rurale. L'explosion
de la banlieue montre aussi la pénurie de services publics
dans ces zones urbaines. Et la SNCF serait indemne de toute menace
? À qui veut-on faire croire ces sornettes ?
En matière de réseau ferré, toutes les directives
européennes organisent l'ouverture au privé du trafic

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ferroviaire, le fret d'abord,
le trafic voyageurs ensuite.
Toutes les réorganisations de l'entreprise visent à
préparer la SNCF à cette emprise élargie
des logiques libérales. Cette libéralisation a déjà
ouvert la voie aux premiers trains privés de la Connex
en Lorraine. La Connex, ce géant du privé qui est
aussi maître d'uvre de la SNCM. Mais à part
ça, donc, la privatisation est un non-sujet ?!
Ne racontons pas d'histoire, les syndicats de cheminots alertent.
Ils ont mille fois raison. Et puisque le chef de l'État
et le ministre affirment, sous la pression de la grève,
qu'il n'est pas question de privatisation, il faut passer aux
travaux pratiques et prendre les mesures qui empêcheront
concrètement le privé de faire sont lit dans le
fossé béant entre les promesses et les actes. Les
cheminots ne demandent pas autre chose. Passer aux actes ! Leur
plate-forme revendicative détaille les points sur lesquels
ils attendent des engagements. Plutôt que de la caricaturer
ou de la taire, les médias feraient uvre utile en
la faisant connaître et en organisant le débat public.
Sinon à quoi sert de se prendre la tête entre les
mains quand la banlieue brûle pour ensuite recommencer,
comme si de rien n'était, le train-train des commentaires
anti-grèves, anti-syndicats, anti-salariés du public,
anti-empêcheurs de tourner en rond. Ce ne sont pas des mots
qui menacent la SNCF, encore moins la grève, ce sont les
filialisations, l'alignement des gestions sur les critères
du privé, le déficit d'emplois, la faiblesse des
salaires.
Les cheminots demandent une vraie négociation. Le meilleur
moyen de faire rouler les trains, c'est de les prendre au sérieux.
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La riposte à la droite, la construction dun rassemblement
citoyen majoritaire appellent un développement de lactivité
des communistes et de leurs amis.
Les initiatives prises à tous les niveaux, forums, tracts,
invitations. nécessitent des moyens financiers importants.
Cest pourquoi la fédération de lAube
du PCF a lancé une souscription exceptionnelle dont lobjectif
est de collecter dici la fin décembre 10 000 euros
dans le département. Sur cet objectif, 3200 euros seront
versés au Conseil National contribuant ainsi à couvrir
les besoins nationaux estimés jusquà la fin
de lannée à 800 000 euros.
Dans cette période, les organisations du PCF vont multiplier
les initiatives afin datteindre les objectifs fixés
- tombola - loto, versement individuel, collectes..
Les moyens financiers du parti communiste français proviennent
des cotisations des adhérents, du reversement des indemnités
des élus, du financement public attribué proportionnellement
au nombre de voix et de parlementaires
( UMP : 33 millions deuros; PS : 19 millions deuros;
PCF : 3,7 millions deuros)
Amis lecteurs contribuez à la réussite de cet objectif
nécessaire en nous adressant, à laide du bon
en page une, votre versement.

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Souscription 2005
Nous remercions fraternellement les 39 souscripteurs
qui ont versé au total une somme de 3643 euros
ADENIN Louis, BADUEL Roger, BLANCHON Roger, BONNEVIE Steve,
BUNLON Guy, CAMUS Jacqueline, CAQUEUX Alice, CHARTIER Guy,
CHOQUART Jean, CLERC-RAGOT Claire, COMMUNAL Denis, CONIN André,
CORNEVIN Jean-Pierre, DOUCET Daniel, DUBOIS Jean, FINCK Isabelle,
GIMENEZ Suzanne, GUERIN Jacqueline, HERRIG Yvette et Hubert,
JACQUINOT Yves, JOSEPH Didier, JOURDHEUILLE Régine,
JOUVANCY Claude, LARIVE Luce, LEFEVRE Jean, LELOUP Roland,
LUDOT Jeannine, MARCIAN Fabienne, MATHIEU Pierre, MEAN Raymond,
MERIAUX Françoise et Henri, MILITZER Henriette et Rudolphe,
MOULIN Louis, POCHINOT Ginette, RANCE Josiane, SENE Pierre,
THIEBAUX Robert, TRICHE Joë, TURQUIN Hélène.
Il ny a pas de petit versement, chacun étant
invité à souscrire selon ses possibilités |
Les versements sont plafonnés à 7 622 euros. Effectués
par chèque, ils donnent droit à une remise dimpôts
pour 66 % de la valeur du don, selon un plafond de 20 % du revenu
imposable. Un reçu fiscal vous sera adressé début
2006.
La fédération de lAube du PCF
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QUI A MIS LE FEU
Données :Taux de chômage des jeunes (jusqu'à
25 ans), 41 %, à la Grande Borne à Grigny, 37% dans
le grand ensemble de Clichy-Montfermeil, 55% à Reynerie à
Toulouse et les autres quartiers "sensibles" à
l'avenant. Ce qui fait beaucoup d'oisiveté et de bras ballants
comme on disait au siècle dernier.
Au collège comme au lycée, et puisque l'école
n'a jamais transformé les hiérarchies sociales, grandit
l'échec scolaire et donc se banalisent les chahuts, les provocs,
les trafics illicites, les conseils de disciplines, les exclusions.
Ce qui fait un niveau de culture dégradé, la baisse
des qualifications et même un apartheid scolaire car les familles
plus aisées ne vont tout de même se mêler à
la "racaille" !
Sur le terrain la police se militarise. Les brigades anticriminalités
(BAC) préfèrent le "saute dessus" à
l'enquête. Et bien sûr le saute dessus sur les petits
délinquants, c'est moins risqué. Résultat :
le taux d'affaires élucidées baisse constamment. La
simple justice et le relationnel en prennent un coup. Messieurs
de la police, venez donc boire un petit thé à la menthe
par ici !
Alors, il y a du vrai dans ce que dit le ministre de l'insécurité
sociale. Chômage, bêtise, haine sont bien au rendez-vous
et sont la cause de la crise de la révolte voituricide des
quartiers.
Le problème c'est que la connerie et la haine ne sont pas
du côté qu'on croit.
Malicette
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Nogent-sur-Seine
Projet de communauté de commune : la démocratie
en danger
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Dans son édition du 05 décembre,
rubrique " indiscrétions ", L'EST-ECLAIR (et Libé)
confirment mes craintes, exprimées il y a quelques jours
dans mon journal en ligne sur Internet, sur la tentation pour certains
de vouloir annexer la commune du Mériot à la communauté
de communes
Le Conseil municipal du Mériot, comme 5 autres communes,
ont démocratiquement choisi de ne pas rejoindre, du moins
pour le moment, la nouvelle structure intercommunale en gestation.
C'est leur choix, et ce choix doit être respecté. Ce
serait un crime contre la démocratie que de vouloir, pour
satisfaire à des intérêts bien particuliers,
obliger Le Mériot à rejoindre la communauté
de communes. Car, comment expliquer cette agitation extraordinaire
autour du choix et du refus des seuls élus du Mériot
alors que les élus des 5 autres communes récalcitrantes
semblent ne faire, eux, l'objet d'aucune pression. Ces 5 autres
communes ne représentent-elles rien pour ceux qui sont aujourd'hui
tentés par une annexion du Mériot ? Faut-il y voir
un rapport avec la future usine de diester, à cheval sur
les territoires de Nogent et du Mériot, tant attendue par
certains "gros" industriels ? Et de nous poser cette question
: à qui va le plus profiter cette usine de diester ?
Si la décision d'intégrer ou non Le Mériot
à la communauté de communes appartient bien à
M le Préfet, on peut légitimement penser, ou craindre,
que des élus et autres puissants acteurs industriels et économiques
puissent être tentés de faire "pression"
sur le représentant de l'Etat. On ne peut imaginer M le préfet
prendre seul cette grave décision sans avoir préalablement
entendu les uns et les autres
Une annexion au forcing du Mériot à la communauté
de communes jetterait à jamais le discrédit sur l'intercommunalité
et lui ôterait toute légitimité.
J'ai toujours regretté que les populations des communes,
qu'elles aient dit oui ou non, n'aient pas été consultées.
Une telle révolution dans le fonctionnement des communes,
donc des pouvoirs des Conseils municipaux, aurait mérité
débat public et référendum local. Mais, en
espérant et en attendant que la loi change un jour les règles
du jeu, et que la parole soit donnée aux citoyens, il nous
faut aujourd'hui respecter les choix des élus, sinon pourquoi
les avoir élus
Conseiller municipal à Nogent- sur-Seine, j'appelle M le
Maire et le Conseil municipal de Nogent, ainsi que tous les élus
des cantons de Nogent et de Villenauxe, à interpeller M le
Préfet pour faire respecter les choix démocratiques
des uns et des autres et à ne pas prendre une décision
qui ne pourrait que contribuer à assimiler demain l'intercommunalité
à une bouffonnerie. Et de nous demander, avec craintes, ce
que seront demain les pouvoirs d'un Conseil municipal après
un tel crime contre la liberté et la démocratie !
Les 6 communes qui ont choisi de dire aujourd'hui non à la
communauté de communes, n'ont pas dit non à l'intercommunalité.
Elles ont choisi d'attendre, d'observer, face à un projet
opaque qui ne présente aucune garantie pour les communes
et les populations
C'est aussi la raison pour laquelle ma
collègue et moi avons refusé de nous prononcer sur
l'adhésion de Nogent à cette communauté de
communes
La Suisse et la Norvège n'ont pas adhéré à
l'union européenne, c'est leur choix, et aucune nation ne
leur conteste aujourd'hui ce choix, et l'Europe n'a pas choisi de
les annexer
Alors ! Si Le Mériot et 5 autres communes
ont choisi d'attendre, il faut impérativement respecter leur
choix.
J'en appelle à la responsabilité de tous les élus
pour faire respecter la liberté et la démocratie dans
nos cantons, et donc à faire respecter les choix des uns
et des autres.
Laurent Levasseur
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Stagiaires précaires
une nouvelle fragilité sociale
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Les problèmes soulevés par le mouvement
Génération précaire, qui a organisé
sa première grève nationale, sont plus que légitimes.
Ces jeunes stagiaires exigent que les stages soient reconnus comme
faisant partie de la formation et refusent que les stages cachent
un moyen abusif des employeurs pour faire faire du travail gratuit
en concurrence avec d'autres salariés qui, eux, auraient
bénéficié d'un contrat de travail et d'un salaire.
Les employeurs utilisent toutes les modalités possibles pour
développer la précarité du travail et utiliser
au maximum les compétences des gens en les payant le moins
possible.
La faiblesse d'encadrement réglementaire des stages est une
aubaine pour nombre d'entre eux, car c'est l'occasion d'utiliser
à très bon marché des jeunes hyperformés.
Ce détournement de stages est une nouvelle forme de fragilité
sociale. La précarité dans la restauration rapide
n'est pas la même que celle de l'intérim dans l'industrie.
La majorité des emplois offerts aux jeunes sont des emplois
précaires : CDD, intérim, chômage partiel
et à présent ces formes de stages qui n'apparaissent
même pas dans les statistiques. À la fin de leurs études,
les jeunes se retrouvent la plupart du temps devant le choix : stage
post-diplôme ou chômage.
Les employeurs utilisent une situation de non-droit. Le stage doit
être encadré par un statut afin de contrôler
son lien direct à une formation et permettre au stagiaire
d'y voir plus clair sur la durée du stage, les conditions
de rémunération ou de protection sociale
Par ailleurs, un stage post-diplôme ne devrait pas exister
car il s'agit d'un véritable emploi. Il faut rattacher cette
réalité aux cadres du Code du travail, par exemple
une période d'essai pour accéder à un CDI.
Pour les organisations syndicales, la CGT, des négociations
avec le gouvernement et le Medef doivent s'engager pour clarifier
cette situation. La question de la réglementation des stages
pourrait aussi être abordée lors des négociations
de branche en cours dans plusieurs secteurs d'activité. Il
s'agit, dans les entreprises, d'aller à la rencontre de ces
nouveaux précaires et leur donner plus de "visibilité"
: ces stagiaires en effet se retrouvent dans l'ambiguïté
d'être étudiant tout en ayant un pied dans la vie active.
Il faut inventer ensemble des formes adaptées d'actions collectives
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