“Les marchés financiers n’ont que faire de la couleur politique des dirigeants des pays : ce qui compte, à leurs yeux, c’est le respect du programme économique.” Sous-commandant Marcos

Elections 2007

Est-ce cela la politique de la gauche que nous voulons ?

jeudi 15 juin 2006 , 2373 : visites , par JPC

La loi Sarkozy sur l’immigration, le projet sur la délinquance juvénile, le CNE sont les prémices de l’accélération d’un projet d’une extrême gravité pour notre société que la droite mettrait en œuvre en cas de victoire en 2007. Chasser du pouvoir cette majorité violente qui agit contre la démocratie, contre le peuple, dans l’intérêt du seul profit de quelques uns tel est l’ambition du PCF. Mais la gauche ne battra pas Sarkozy en surfant sur la peur. Pour battre la droite il faut battre son projet dans l’opinion. Comme le 29 mai, comme pour le CPE, la clé réside dans la mobilisation majoritaire du peuple de gauche sur un projet de changement qui soit en rupture avec le libéralisme. Sans une gauche déterminée et combattante il n’y aura pas de changement dans ce pays. Au Parti socialiste, le débat présidentiel fait rage. La compétition des candidates et des candidats est le pain médiatique quotidien. les idées ne manquent pas. Elles sont nombreuses. Et inquiétantes. En faite elles nous rappellent simplement que le Parti socialiste a une ligne majoritaire, un objectif. C’est le " réformisme de gauche ", un blairisme " à la française ". Son projet, c’est l’alternance. C’est le système de la bipolarisation, le changement dans la continuité. L’affichage de son projet se veut ancré à gauche.

Posons nous la question, au delà de l’affichage, quelle est la réalité ?

Sur le Smic d’abord. La revendication des syndicats, la proposition du parti communiste français est 1500 Euros brut tout de suite. Le projet socialiste, c’est 1500 Euros brut d’ici 2012. Soit une augmentation moyenne de 3,3% inflation comprise. C’est à peine plus que la valorisation annuelle mécanique du Smic. La question des financements est la grande inconnue du projet socialiste. Dire demain on rase gratis sans dire immédiatement comment financer une politique alternative, c’est de la poudre aux yeux. Or, la Sécurisation de l’emploi, l’autonomie des jeunes, le développement du service public d’éducation et de la recherche, tout cela coûte cher. Dans son projet le PCF dit où l’argent doit être mobilisé pour mettre en œuvre une autre politique. Sur ce point, le projet socialiste fait une seule proposition avec la réforme de l’impôt sur le revenu (IR) par l’intégration de la Contribution sociale généralisée (CSG). Les communistes pensent que cette mesure non seulement ne fait pas le compte mais est dangereuse. Elle conduit mécaniquement à la remise en cause de la progressivité de l’impôt sur le revenu qui est le seul système juste d’imposition : plus on peut payer, plus on paye. Elle conduit également à remettre en cause le financement mutualisé de l’assurance sociale, à le fiscaliser et donc à déresponsabiliser les entreprises dans le financement de la Sécurité sociale.

Concernant la question du marché financier, de la politique monétaire et de crédit, de la politique européenne, enjeux majeur pour une politique de rupture avec le libéralisme, le PS reste en phase avec la ligne qui l’avait conduit à appeler à voter "oui" au projet de constitution européenne. D’ailleurs sur les services publics, son projet en reste à la notion de "missions de service public". Pas très éloigné des missions de service d’intérêt général de la Constitution européenne. Concernant la politique de l’emploi. Le plein-emploi pour les gens, c’est la fin du chômage. La réalité, dans le programme socialiste, le plein-emploi c’est la proposition de ramener le chômage à 5% à l’horizon 2012. L’UMP fait la même proposition à horizon 2015. En Grande Bretagne, les 3% de chômage, chiffres d’avril 2006, c’est en même temps des millions de salariés pauvres avec des jobs précaires et souvent plusieurs employeurs, sans couverture sociale. Le chômage a baissé au prix du sous-emploi, de la précarité et des très bas-salaires. Est ce cela la politique de la gauche que nous voulons ? assurément NON.

La pilule ne passera pas si facilement

Si une majorité d’électeurs socialistes, communistes, verts, d’extrême gauche, de gauche tout simplement, ont voté NON le 29 mai 2005, c’est parce qu’ils aspirent à une autre politique. Si les jeunes, ont dit non au CPE, ce n’est pas pour continuer la fuite en avant dans la précarité. Les collectifs qui se créent partout en France pour soutenir des candidatures communes antilibérales pour les élections de 2007 ont vocation à rassembler tout cet électorat de gauche et remobiliser aussi celles et ceux qui ne voyant plus d’issue se sont enfermés ces dernières années dans l’abstention. Les communistes qui ont été l’une des forces motrices du rassemblement unitaire du 29 mai doivent l’être également pour ce rassemblement antilibéral pour 2007. Dans notre département, je les appelle à s’investir pleinement dans cette démarche afin de faire connaître les propositions du PCF et convaincre combien la candidature de Marie-George Buffet qui a montré cette capacité à construire l’unité et à " jouer collectif " dans la campagne du référendum serait un atout pour faire mener ce rassemblement à la victoire.

P.-S.

La Dépêche de l’Aube N873

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