SI PEU D’INTERETS
Il y avait donc un scandale financier et le gouvernement y met peu à peu bon ordre. Pour commencer, les spéculateurs du livret A sont mis à la raison. Une nouvelle étape vient d’être franchie en ramenant le taux de 1,75 à 1,25 %.
L’objectif de 0,5 % se rapproche. On nous dit que les prix baissent et que ce serait une rémunération d’épargne tout à fait suffisante. Passons sur la baisse des prix qui n’est pas évidente au moment de passer la caisse du supermarché. Mais s’agissant des revenus financiers, chiche ! Que Sarkoléon les limite tous à 0,5 % l’an... Même pas cap’ ! La preuve : à quelques jours de là, EDF lançait son emprunt rémunéré à 4,5 % (environ 3,1 % nets). Et les Echos faisaient la fine bouche en avertissant les éventuels souscripteurs qu’on pouvait trouver des placements sûrs et mieux rémunérés. Comme d’habitude, le portefeuille des uns est mieux protégé que le porte-monnaie des autres.
Guy Cure
Sylviane nous a quittés bien trop tôt à l’âge de 75 ans. C’est jeune pour une militante qui a bâti sa vie à chercher un avenir neuf. Elle a milité pour cela toute son existence à la CGT comme au PCF. Née à Troyes le 22 novembre 1934, elle a dû se réfugier pendant la guerre dans la Creuse avec sa famille. La guerre, elle n’a jamais aimé ! En 1954 elle imagine une pétition contre la guerre d’Algérie. Elle va la faire signer devant les usines.
L’affaire Henri Martin vient juste de se terminer ainsi que le sanglant échec de Dien Bien Phu en Indochine. Le colonialisme ne passe pas dans le monde ouvrier. La presse s’empare de la pétition de la jeune femme qui gagne une belle popularité.
Sylviane a fait de bonnes études et travaille quelque temps comme secrétaire chez Petitjean à Saint-André. Sa combativité intéresse René Jourdheuille qui la fait entrer à l’UD où elle restera toute sa carrière jusqu’en 1994. Le Parti Communiste voit aussi en elle un élément de qualité.
Il la présente dans de nombreuses élections. Elle est Conseillère Municipale à Sainte Savine près de Gabriel Thierry, adjointe avec Paul Stephan et reste conseillère quand la mairie tombe dans les mains de la droite (Coillot). Sylviane avait son caractère mais tout le monde l’aimait pour sa droiture et sa fidélité. Elle fut mariée avec M Vivien en 1960 dont elle eut 2 enfants Max et Raphaël, puis avec Hacène en 1969. Ils sont dans la peine aujourd’hui, mais nous sommes là pour leur dire toute l’affection qu’à la Dépêche et au Parti on portait à cette femme d’exception.
JL
Après le décès de notre camarade René Batteur, nous reproduisons une bonne partie de l’allocution de Gilbert Couillard, président départemental de l’ANACR. Le Parti Communiste et la Dépêche de l’Aube s’associent à cet hommage car René fut de tous les combats et fut présenté régulièrement aux élections cantonales et municipales. " En tant que Président Départemental de l’ANACR, alors que le Président Ibanez du comité du Pays d’Othe est dans l’impossibilité d’assister aux obsèques et s’est excusé, je vais vous rappeler brièvement la vie de René Batteur, un ancien résistant de la commune de St-Mards-en-Othe.
Aujourd’hui le Pays d’Othe perd en la personne de René un des pionniers de la résistance FTP et BOA de Forêt d’Othe. René est né le 29 mai 1925 à Savières (nous étions tous deux de la même classe). Contrairement aux réfractaires du STO, il n’avait aucune obligation d’entrer dans la clandestinité et pourtant il n’hésita pas, sans doute par pur patriotisme, pour libérer la France de l’occupation allemande.
Il n’hésitait pas à fustiger sans vergogne les fonctionnaires, les militaires, les policiers et nos dirigeants de l’époque qui furent incontestablement les mercenaires de l’état français de Vichy et qui eurent une part de responsabilité dans le génocide et qui retournèrent leurs vestes à partir du débarquement du 6 juin 1944. Il ne fut pas non plus un de ces opportunistes ou attentistes comme une majorité de la population qui acceptaient (par peur ou par crédulité) l’occupation de notre pays par les nazis et qui changèrent également d’avis au débarquement. Il quitta donc sa terre natale de la vallée de la Seine fin 1943 et il se réfugia dans sa famille à Vaubadon, un hameau de St-Mards-en- Othe ou il fit la connaissance de Charles Guérinot, un des pionniers de la Résistance dans la commune.
C’est également là qu’il fit la connaissance d’Huguette, la fille de Charles, qui devint sa femme. Avec son futur beau-père, il participa à des actions de résistance à partir de janvier 1944. Il fut de ceux qui libérèrent Brion-sur-Ourse et Châtillon-sur-Seine et il s’engagea au 106 RI. Il fut démobilisé en octobre. Ce qui lui valut la carte du combattant et la carte des CVR (Combattants Volontaires de la Résistance). Il se maria donc avec Huguette en mai 1946 et ils habitèrent à Troyes. Puis à St André-les-Vergers où ils firent construire, il fut artisan plâtrier.
À la retraite, il reprit la maison de son beau-père à St-Mards avec son épouse qui décéda en décembre 2003, ce qui le traumatisa complètement. Toute sa vie, il fut très engagé politiquement au parti communiste. Il fut un fervent défenseur des faibles et de la classe ouvrière. Il fit deux mandats de Conseiller municipal à St-Mardsen- Othe avec des responsabilités. Il fut également Président de la société de chasse, sans oublier ses engagements au comité ANACR du Pays d’Othe. Il était très affable et serviable. Ce fut la vie d’un ami et d’un camarade au grand coeur. Le comité ANACR de l’Aube s’associe au comité du Pays d’Othe dont il fut un dirigeant fidèle et dévoué et présente à sa famille ses très sincères condoléances.
Adieu René, repose en paix.
LES RACINES DU MAL
Dernièrement à une brocante, en quête de livres anciens, je découvris un volume qui, bien que d’impression récente, traitait du règne de l’empereur Justinien( [1]). Un pavé ! 920 pages, un bon kilo et demi pour 2 petits euros ; j’ai craqué.
Je savais que ledit empereur sentait le souffre, notamment du fait de son épouse Théodora qui, à en croire Procope (historien du VIe siècle), était issue du "porneion*". Ce dernier, prolixe sur les polissonneries d’icelle, je m’attendais ingénument à un de ces ouvrages dont Mme Roland( [2]) disait sans ambages qu’ils se lisent d’une seule main.
Point d’anecdote salace, hélas, mais une passionnante érudition historique. Ainsi, j’appris qu’aux Ve et VIe siècles Constantinople avait connu des "troubles urbains" que l’auteur caractérise comme suit, sic : "Ils expriment de manière confuse, un malaise d’origine sociale qui peut être lié [...] à l’accroissement de la pauvreté. Les émeutes [...] sont l’expression confuse et violente de la colère ou du mal-être des classes populaires face aux nantis [...] en un temps où les écarts sociaux sont très prononcés."
J’en suis resté baba ! Dans cet océan de fulminations contre les "incivilités" et "l’insécurité", dans cette surenchère qualificative du "sauvageon" à la "racaille", existent donc des gens sérieux, savants, et pas communistes !, pour identifier les racines du mal. Ce sont les mêmes naguère qu’aujourd’hui. Et, itou, plutôt qu’une politique de prévention, on colle les miquettes aux "braves gens" pour leur faire avaler les couleuvres de la répression et du flicage.
15 siècles plus tard, Vuillemin a ouvert le quadrille à Romilly avec sa police municipale et sa vidéo-surveillance. Hormis, le fait que ça va coûter bonbon aux romillons, hormis le fait que la sécurité des biens et des personnes est une mission régalienne de l’état, en oubliant même que c’est Sarkozy ministre de l’intérieur qui a mis fin à la police de proximité et tout fait pour torpiller les contrats locaux de sécurité (CLS), peut-on honnêtement penser que les problèmes seront ainsi réglés ? Marx disait que l’histoire se répète deux fois : la première sous forme de tragédie, la seconde comme une farce. à Romilly, nous sommes dans la farce... coûteuse, inutile, avec les contribuables dans le rôle des dindons. "La taaaagadatactique du gendaaaarme..."
Policette
* Grec "porneion" : quartier chaud. Mais vous aviez compris !
ECOLE : MOINS MAIS PLUS
Le débat sur le temps scolaire illustre magnifiquement la politique du gouvernement à l’égard de l’Éducation nationale.
Pour ce qui concerne le débat : Xavier Darcos a annoncé à la presse le 27 septembre la suppression des cours le samedi matin. Une semaine plus tard, les enseignants et les parents d’élèves ont appris par la presse que toutes les écoles feraient la semaine de quatre jours, avec deux heures de cours en moins par semaine. On aurait pu penser que le sujet méritait au moins quelque concertation avec les principaux intéressés...
Pour ce qui concerne le fond : Quelques semaines auparavant, il était demandé aux enseignants des écoles de faire une heure de sport de plus par semaine. Dans le même temps, une campagne était orchestrée pour déplorer le faible niveau des écoliers français. Le tout sur fond d’austérité et de suppression de 11 200 postes dans l’Éducation nationale. En résumé, les enseignants sont sommés de faire plus et mieux avec moins.
Pourtant, une enquête de l’OCDE sur les compétences des élèves de 15 ans montre que les petits Français sont toujours au-dessus de la moyenne européenne. Dans tous les domaines évalués, ils sont au-dessus des Allemands, si souvent cités en exemple.
Pourtant, un sondage CSA/SNUipp réalisé le 22 aout dernier auprès de l’ensemble de la population montre que l’opinion fait le lien entre les moyens et les résultats. A la question "En ce qui concerne l’évolution de l’école maternelle et élémentaire, sur quoi faut-il mettre l’accent en priorité dans les années qui viennent ? ", 60 % répondent : "Baisser le nombre d’élèves par classe". Pourtant, il parait de simple bon sens de ne pas séparer la question du temps de travail des élèves d’autres réflexions : sur les contenus d’enseignements, sur les programmes, sur la présence ou non des disciplines sportives et artistiques sur le temps scolaire, sur le temps de travail de leurs parents, sur les structures d’accueil des jeunes (et leur financement), ...
Oui mais, est-il possible de discuter, de proposer, de confronter, de réfléchir, quand la préoccupation première de Xavier Darcos est : "Comment réaliser les 70 000 suppressions d’emplois d’enseignants programmées dans les cinq ans à venir ? ".
Guy Cure








