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OLYMPIA POUR SAUVER TRICOTAGE DES VOSGES

jeudi 6 mai 2010 , 1317 : visites , par Joë Triché

Le rachat d’Olympia par Tricotage des Vosges a sonné le glas d’une entreprise créée en 1918 par la famille Jacquemard.

Devenue leader de la fabrication de chaussettes en France - dont une grande partie sous sa propre marque - Olympia a prospéré à Romilly en employant jusqu’à 1 200 salariés, réalisant un chiffre d’affaires de 60 à 70 millions d’€ pour une production annuelle de 30 millions de paires de chaussettes, et dégageant chaque année de confortables bénéfices. C’était à l’époque où tout était fabriqué à Romilly et la publicité arborait fièrement un petit drapeau tricolore avec comme slogan : “Jacquemard, 100% français“.

Mais à partir de 1998, changement de stratégie avec la délocalisation de la production et le développement des importations massives. C’était, nous a-t-on dit, une nécessité vitale pour sauver l’emploi. La suite, chacun la connaît aujourd’hui : 13 millions d’€ de dettes et 1 000 emplois supprimés. Ironie du sort, le groupe Olympia a été racheté par une entreprise qui fabrique toute sa production en France, dans les Vosges. En 2008, cette dernière réalisait 1,3 million d’€ de bénéfices nets alors qu’Olympia faisait des pertes abyssales en produisant en Roumanie et en important de Turquie. Difficile à croire !

OLYMPIA POUR SAUVER L’USINE DES VOSGES ?

Tout n’a pas été dit sur les réelles motivations qui ont conduit Tricotage des Vosges à réaliser cette opération d’acquisition. En effet, cette société a perdu, il y a quelques mois, un important contrat de fabrication avec la société DIM, occasionnant une chute de 60% du chiffre d’affaires de l’entreprise vosgienne avec un bénéfice ramené de 1,3 million d’€ à 300 000 €. Cette situation, si elle perdurait trop longtemps, se serait sans aucun doute traduite par un plan de licenciements dans les Vosges. C’est dans ce contexte que Jacques Marie, patron de Tricotage des Vosges, président de chez DIM jusqu’en 1993, s’est porté acquéreur d’Olympia. Les réels motifs de cette opération deviennent de plus en plus clairs. Seulement environ 30% de la production roumaine sera rapatrié dans les Vosges afin de compenser la perte du contrat DIM ; le reste de la production sera toujours réalisé en délocalisation.

UN SAUVETAGE QUI COUTE CHER AUX SALARIES ET A LA VILLE DE ROMILLY

Encore 80 salariés sur le carreau à Romilly ; la podo-chaussette, présentée il y a peu comme “la” chance pour Olympia abandonnée  ; l’usine de Roumanie n’est pas reprise par l’acquéreur avec sans doute là-bas aussi des licenciements. Et l’usine de la rue du Colonel-Fabien va rester sur les bras de la Ville avec une perte de loyer de 15 000 € par mois.

Pour l’instant, peu de projets sont annoncés pour Romilly par le Pdg. Il dit seulement vouloir ”faire de Romilly un centre logistique performant“. On a entendu des promesses similaires par la bouche de M. Labouze qui présentait, en 2005, un nouveau plan de licenciements chez Olympia, déclarant déjà vouloir faire de Jacquemard une référence nationale en matière de logistique. On a vu ce qu’il en est advenu, les promesses de l’époque n’avaient pour objectif que de faire avaler la couleuvre d’une nouvelle casse de l’emploi. A partir du moment où M. Marie décide de fermer l’usine de Roumanie et de relocaliser 25 à 30% de la production roumaine dans les Vosges, pourquoi ne pas envisager le retour à Romilly des autres 70% ?

En fait, pour sauver son business, le Pdg de Tricotage des Vosges s’est approprié le meilleur
- en fait ce qui est le plus rentable - de ce qui restait d’Olympia : la marque qu’il a obtenue pour une bouchée de pain : 1,5 millions d’€.

Joë Triché, Conseiller général, Conseiller municipal de Romilly

P.-S.

La Dépêche de l’Aube N1076

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