Les Mutuelles de France ont fêté leur 40 e anniversaire en mai dernier.
La présidente Me Bocanfuso et la directrice, Me Douine, ont mis l’accent sur les dangers qui touchent tout le secteur de santé et donc de la sécurité sociale menacée de déficits records (30 milliards pour 2010).
Mais ce déficit annoncé est un trompe-l’oeil quand on voit que les exonérations de cotisations de Sécu pour le patronat est lui, de 30,7 milliards. Cherchez l’erreur ! Faut-il ajouter que ces exonérations n’ont créé que des emplois précaires et sous qualifiés. Le résultat d’une telle politique se lit sur les feuilles de maladie des patients mutualistes : franchise de 1 € sur tout acte médical ; forfait de 18 € sur les actes dépassant 91 € et toute une série de franchises (50 c par boîte de médicaments, ou par acte paramédical, 2 € sur les transports sanitaires).
Faut-il ajouter que l’État s’est déchargé sur les mutuelles de certaines dépenses. Il leur fait payer la CMU (5,9 % sur les cotisations) et même la grippe A (Le coût pour les Mutuelles de France est de 86 000 €) ! Tous ces frais à répercuter sur les cotisations aboutissent à ce que 5 millions de Français (8 %) de la population ne peuvent plus se payer une mutuelle. Les Mutuelles de France dénoncent la marchandisation qui atteint tout le système de santé favorisant désormais les cliniques privées. Tout ce qui est rentable est livré aux appétits des investisseurs, le reste est abandonné au secteur public.
Les Mutuelles de France dénoncent fermement (à peu près la seule à le faire) les dépassements d’honoraires des chirurgiens. (Ci-dessous pour une opération ORL à la clinique St Jean de Dieu à Paris, la sécu prend 1506 euros en charge et les toubibs réclament 1760 de dépassements d’honoraires.)
Dans l’Aube, se rendre dans une des 3 cliniques privées du groupe Vitalia, c’est se jeter dans la gueule d’un loup affamé d’argent frais. (Opération de la hanche : + 800 € ; genou, + 500 € et 150 € pour le canal carpien, maladie fréquente chez les bonnetières.
Pas étonnant si solidarité et répartition, les principes fondateurs de la Sécu, sont en pleine crise, malgré les discours vertueux de nos dirigeants. Car, en jurant, la main sur le coeur, fidélité aux principes, ils mettent en place des lois qui les anéantissent : loi « Hôpital, Patients, Santé, territoire », mise en place des « Agences régionales de santé ». N.Sarkozy est d’ailleurs clair quand il annonce : « Les régimes de base ne pourront pas tout financer, il faudra faire des choix. »
Les Mutuelles répondent par le joli mot de solidarité et réclament l’élargissement du financement à tous les revenus, à commencer par les revenus financiers !
La bataille que mènent les mutuelles de travailleurs est une bataille qui engage un choix de société.
