“Il n’y a qu’un moyen d’abolir la guerre entre les peuples, c’est abolir la guerre économique.” Jean Jaurès

Assez !

vendredi 27 août 2010 , 581 : visites , par LDA

C’est maintenant et c’est en France. Chaque jour des hommes, des enfants, des femmes, des mères avec des bébés au sein sont condamnés à errer dans les rues de nos villes, à dormir sur les trottoirs ou dans des terrains vagues, sans équipements sanitaires, sans ressources.

Il en est ainsi parce que Sarkozy, son gouvernement et son ministre de l’Intérieur, Hortefeux, l’ont décidé pour leurs besoins de basse politique et parce qu’ils sont des étrangers, parce qu’ils sont des Roms. Il n’est pas nécessaire de convoquer ici des comparaisons avec certaines périodes de l’histoire. Elles viennent à l’esprit, bien sûr, mais cela se passe aujourd’hui et ici.

Devant les caméras de télévision, Hortefeux lance des chiffres comme autant de communiqués de victoire. 79 hommes pour un charter à destination de la Roumanie. 700 reconduites d’ici à la fin du mois. 51 camps illégaux démantelés ! Quelles belles victoires en effet, monsieur le ministre de l’Intérieur condamné pour propos racistes, quand la police vient au matin détruire les misérables abris que sont parvenus à se construire des hommes et des femmes qui ne font qu’espérer un avenir meilleur, parce qu’ils sont des parias dans leur pays et qu’on en fait des parias en France. Mais de quelle bataille s’agit-il au juste ? Celle de la sécurité des Français ? Allons donc !
De quelle sécurité parle-t-on quand on ne laisse à des centaines de personnes d’autre recours que la rue ? Que l’on songe un instant à la monstruosité d’un monde entièrement peuplé de clones de Brice Hortefeux ! Cette instrumentalisation des Roms, pris en otages par le pouvoir, est intolérable. Elle spécule sur la peur de l’autre, du différent. Mais c’est une mascarade éhontée et dramatique. De quoi sont coupables les Roms, si ce n’est d’être là ? De la dette publique, de l’enrichissement des banques, du chômage des jeunes, des difficultés des banlieues, des délocalisations, des inégalités, du prix du lait, quoi encore ?... Sept siècles avant notre ère, Homère avait cette grande et belle idée : « Les Immortels prennent sur la terre les traits des étrangers pour éprouver la violence ou la justice des hommes. » Les Immortels... Sans doute voulait-il dire ainsi que toujours les hommes seront confrontés à l’autre, à la tentation du rejet de l’autre. Mais c’est dans la rencontre avec l’autre que se façonne l’humain.

Que l’on songe un instant à la monstruosité d’un monde entièrement peuplé de clones de Brice Hortefeux !

Mais ce n’est pas le temps de plaisanter, fût-ce avec des scénarios d’épouvante. Oui, sans doute, la France doit discuter avec la Roumanie et les pays concernés. Bien évidemment l’Europe, la belle Europe du « marché libre » et des « frontières ouvertes », doit inventer des solutions pour qu’il soit mis fin, dans tous les pays, aux discriminations dont sont victimes ces citoyens européens que sont les Roms. Oui, bien sûr les camps de fortune ne sont pas des solutions durables. Mais c’est pour les remplacer par rien ? C’est pour acculer les municipalités où étaient installés ces camps à rechercher seules des solutions transitoires et forcément insatisfaisantes ? Le gouvernement se flatte - à bon compte - de ses aides humanitaires à l’étranger. Sarkozy se serait même pris de bec avecl Barroso à propos du Pakistan. Pensez donc ! Mais c’est ici et maintenant que ce même gouvernement chasse de leurs abris précaires les Roms dont il a décidé qu’ils seraient les instruments de sa démagogie politique, sécuritaire, de rideau de fumée. C’est aujourd’hui, chez nous, en France. Il faut que de partout des voix s’élèvent. C’est assez !

P.-S.

La Dépêche de l’Aube N1092

1 Message

  • Assez ! 5 septembre 2010 11:06, par JOINVILLE

    Le grand défaut des Roms c’est qu’ils ne sont pas exploitables économiquement. Si les patrons capitalistes pouvaient en tirer quelque chose ce serait différent. Voyez comme ils emploient des clandestins sans-papiers et l’État ferme les yeux.

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