“L’Europe prescrit l’austérité comme les médecins de jadis prescrivaient des saignées.” Yanis Varoufakis, ministre grec des finances

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Les déremboursements des médicaments génèrent profits et pathologies aggravées !

jeudi 7 octobre 2010 , 341 : visites

En à peine 4 ans, la
haute autorité de santé
a estimé que près de 500
médicaments ne seraient plus
remboursés. La “logique” invoquée
est de réserver la solidarité
nationale à l’accès aux traitements
les plus performants. C’est
oublier que les petits maux,
mal soignés, occasionnaient
des maladies graves, et que
leurs déremboursements
pourraient bien à terme,
s’avérer très coûteux.

Depuis 2006, les vagues de déremboursements
minent le porte-monnaie des
malades. Aux 282 médicaments qui
n’étaient plus pris en charge par la
Sécurité Sociale, s’en sont ajoutés 200
dont le taux de remboursement est passé miavril
de 35% à 15%.

Et la plupart des mutuelles ne veulent pas assumer
les 85 % restant. Leur service médical a été jugé insuffisant
par la Haute Autorité de Santé (HAS), qui estime
que l’on peut s’en passer en modifiant nos habitudes. Il
s’agit essentiellement d’expectorants, de médicaments
de phytothérapie, d’oligoéléments et de médicaments
contre les troubles digestifs. Inefficaces ? Pour les fluidifiants
bronchiques et autres expectorants par exemple,
on conseille de les remplacer par une bonne hydratation
et le nettoyage des cavités nasales.

Mais, dans le traitement de la bronchite, de la crise
d’asthme ou de la bronchiolite, ils sont prescrits, parfois
en association avec la kinésithérapie. Paradoxal. Les
médicaments de phytothérapie, à base de plantes, sont
destinés à améliorer les troubles mineurs du sommeil. Là
encore, les bons conseilleurs invitent à diminuer le tabac
ou l’alcool et à adopter une bonne hygiène de vie.

Lorsque l’on connaît la situation de la médecine préventive,
celle des citoyens de ce pays, la pénurie des
médecins de ville, et le contexte de misère sociale, tous
ces bons conseils sont déconnectés de la réalité !
Venons-en maintenant aux veinotoniques et aux
vasodilatateurs déremboursés depuis 2006 au nom de
leur service médical trop faible. Pour la HAS, l’enjeu principal
des retraits est “de permettre l’accès aux traitements
les plus performants.” Or les “économies” liées aux remboursements
pourraient se révéler plus coûteuses à terme !

En Italie, où les veinotoniques sont déremboursés depuis
1994, les dépenses pour pathologies veineuses ont explosé.

Les nuitées d’hospitalisation sont passées de 18 000 à
26 000 par an. Inefficaces et inutiles pour les “experts”, les
veinotoniques sont pourtant utilisés par des milliers de
personnes qui y trouvent un vrai bénéfice : soulager leurs
jambes lourdes. Certes, leurs efficacité n’est pas facilement
mesurable. Mais, les arguments "indirects" ne manquent
pas : à forte dose, ils soulagement rapidement une crise
hémorroïdaire. Leur effet sur la tonicité des cellules endothéliales,
qui tapissent les veines et les artères, a été
démontré par plusieurs études.
Les interventions et hospitalisations pour pathologies
veineuses des jambes sont plus courantes quand les veinotoniques
ne sont pas disponibles. Encore une fois, les
“experts” décident que la “bobologie”, celle qui ne vous
tue pas immédiatement, n’a pas à être prise en charge par
l’assurance maladie. Dans l’années 1950-1960, les dents
de lait n’étaient pas soignées puisqu’elles tombaient !

Résultat : les soins et l’hygiène bucco-dentaires étaient
catastrophiques pour toute la vie !

(*) Suite de cet article dans la Dépêche de l’Aube d’octobre

P.-S.

La Dépêche de l’Aube N1098

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