Inauguré le 14 avril 1984, en présence de Marcel Carné et de François Truffaut, entourés d’une pléiade d’artistes et de 2 000 personnes, le cinéma public Eden est aujourd’hui dans le couloir de la mort.
Cette réalisation tant attendue, qui répondait à un énorme besoin, valut à la ville de Romilly d’être consacrée par France 3 Champagne-Ardenne ville de l’année pour le niveau et la qualité de ces équipements.
A cette époque, la municipalité à direction communiste et les cinéphiles n’avaient pas considéré comme une fatalité la mort définitive de septième art dans la seconde ville du département.
C’est pourquoi, confronté au renoncement du privé à poursuivre cette activité, le Conseil municipal à majorité de gauche décida la création d’un cinéma public. Les deux premières salles furent inaugurées en 1984. Trois ans plus tard, une 3ème salle était ouverte au public, inaugurée - et portant son nom - par Claude Lelouch et Nicole Croisille. Un véritable effort d’accès à un cinéma de qualité accompagna cette belle réalisation avec l’instauration d’une tarification attractive, une action en direction des comités d’entreprises, des écoles...
L’engouement de la population récompensa les efforts d’une équipe d’animation et de gestion enthousiaste et compétente ; il ne se fit pas attendre. On venait même de Troyes pour découvrir les nouveaux films, les artistes et metteurs en scène qui assistaient aux avant-premières.
L’Eden en danger de mort
C’est ce que l’on peut craindre de pire avec la récente décision de la communauté de communes des « Portes de Romilly » présidée par Guy Allard. Elle vient, en effet, d’autoriser l’ouverture d’un cinéma multiplex de six salles sur la zone commerciale de la Belle-Idée. Guy Allard vient de signer l’arrêt de mort de l’Eden. Le maire de Romilly ne s’y trompe d’ailleurs pas puisqu’il annonce déjà une autre affectation à ses locaux.
Avec C. Maitrot, je me suis évidemment opposé à cette décision car l’Eden, idéalement placé a proximité du centre-ville et des principaux établissements d’enseignement, est un atout incontestable pour le coeur de Romilly.
De surcroît, en prenant cette position, j’ai voulu rester fidéle à ce que j’ai toujours dit lors des débats sur la seconde tranche d’aménagements commerciaux de la Belle-Idée : je suis favorable à la venue de toute activité nouvelle à Romilly, mais je suis opposé aux déplacements d’activités du centre-ville vers la périphérie.
Ce qu’envisageaient d’ailleurs tous les projets d’études, d’où mon refus, en son temps, d’en choisir un.
D’ailleurs, au moment du choix définitif, la société SORODI, pressentant probablement que ce dossier pouvait lui échapper, annonça au dernier moment qu’elle retirait de son projet l’ouverture d’un cinéma : c’était en 2007. Et effectivement, fin 2008, elle présenta un projet de création d’un espace ludique s a n s c i n éma .
Que s’est-il passé depuis lors ?
Personne ne le saura. Toujours est-il que le 18 octobre dernier, sous la houlette de Guy Allard, son président, la communauté de communes a entériné l’ouverture d’un cinéma multiplex privé, condamnant l’Eden à mort.
Cette décision, cependant, est assez mal ressentie : beaucoup pensent que, petit-à-petit le privé « fait son nid » à Romilly, avec les coudées franches pour réaliser son business.
