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Sécurité sociale : LES RISQUES DU CINQUIÈME RISQUE

jeudi 2 décembre 2010 , 361 : visites , par LDA

Assurance privée obligatoire, recours sur succession, accès restreint à l’Apa... le « risque dépendance » vu par la droite a tout du cauchemar

« Je souhaite la création d’un nouveau risque, d’une nouvelle branche de la Sécurité sociale, le cinquième risque ».

On aurait presque peine à le croire, mais Sarkozy est venu à la télévision le 16 novembre presque tout exprès pour le confirmer : oui, il va tenir son engagement qui avait été l’une de ses nombreuses promesses de campagne, avant son élection en 2007. Le Premier ministre en a précisé les modalités quelques jours plus tard devant les députés  : cela commencera en 2011 par une « grande concertation » de six mois -sous la responsabilité de la ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale, - et devrait se concrétiser dans le budget 2012 de la Sécurité sociale, débattu à l’automne par le Parlement.

Jusque-là, tout va bien. Il reste que les pistes évoquées par Sarkozy n’ont rien de rassurant. « Faut-il faire un système assurantiel  ? Faut-il obliger les gens à s’assurer ? Faut-il augmenter la CSG ? Faut-il (...) avoir recours sur les successions ? », a fait mine de s’interroger le Président de la République. En évitant soigneusement un mot, en omettant soigneusement une piste : celle de la solidarité. La seule, en vérité, qui offrirait une chance de bâtir « un système juste et équitable pour qu’une personne âgée puisse vivre dignement », dans une France où la possibilité de vivre plus longtemps pourrait sans cela se transformer en cauchemar, alors que notre pays est déjà entré dans la réalité du « apy-boom » qui devrait conduire le nombre des plus de 60 ans à croître de plus de 10 millions d’ici 2060.

Aujourd’hui, le coût de la dépendance est essentiellement assumé par les personnes âgées ellesmêmes
- et leurs familles. Car sorti de la prise en charge par l’assurance maladie, les complémentaires santé et l’Apa (Allocation personnalisée d’autonomie), le « reste à charge » est dans la plupart des cas exorbitant. Dans le cas d’un maintien à domicile, il est en moyenne - d’après le rapport parlementaire sur la dépendance de juin 2010- de 4000 euros par mois. Dans le cas d’une prise en charge en établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), ce cout oscille entre 2200 euros et 5000 euros, suivant les établissements. Une situation qui génère des inégalités flagrantes, et une prise en charge non pas en fonction des besoins des personnes âgées, mais en fonction de leurs moyens ou de ceux de leur famille- en contradiction totale avec les principes fondateurs de la Sécurité sociale, où chacun doit cotiser en fonction de ses moyens et recevoir en fonction de ses moyens...

La privatisation « du cinquième risque » évoqué dans le rapport parlementaire

On voit bien que les options « suggérées » par Sarkozy ne vont pas dans ce sens. Ce qui n’a rien de surprenant de la part d’un homme dont le frère aîné, Guillaume, dirige le groupe Malakoff-Médéric, un des leaders français des assurances complémentaires. De même, dans le rapport parlementaire évoqué ci-dessus est avancée l’idée, devant les 30 milliards que peuvent couter la prise en charge de la dépendance, d’une privatisation « du cinquième risque », via une assurance dépendance obligatoire dès 50 ans. Une proposition assortie, pour la bonne bouche, d’une augmentation de la CSG pour les retraités (de 6,6% à 7,5%), voire d’une exclusion des personnes très faiblement dépendantes (classées « GIR 4 ») du bénéfice de l’Apa -tout cela sans exclure le possible retour de recours sur succession. Et si finalement, le cauchemar des personnes âgées, c’était la droite ?

P.-S.

La Dépêche de l’Aube N1106

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