“L’Europe aspire visiblement à être gouvernée par une commission américaine. Toute sa politique s’y dirige.” Paul Valéry - regards sur le monde actuel (1931)

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Cordon “sanitaire”

vendredi 13 mai 2011 , 176 : visites

En présentant ses voeux aux acteurs de santé, le chef de l’état a promis d’engager « une démarche de refondation en profondeur de notre politique de médicament. ».

Des décisions sont attendues pour le milieu de l’année. Cette fermeté et cette célérité suffiront-elles à effacer de nos mémoires le souvenir d’un Jacques Servier, élevé au rang de Grand Croix de la Légion d’Honneur il y a tout juste deux ans ? Quoi qu’il en soit de ces petites manoeuvres de campagne électorale, nous pensons qu’il y a lieu de reconsidérer toute la chaîne du médicament, de sa mise sur le marché jusqu’aux conditions de sa surveillance pharmacologique. En disant cela, nous ne sommes pas pour “jeter le bébé avec l’eau du bain”. Nous savons parfaitement que l’industrie pharmaceutique installée en France emploie 300 000 personnes et que ce secteur économique, très rentable pour ses actionnaires, cherche malgré tout à réduire ses effectifs.

Mais nous savons aussi d’expérience que la volonté politique se renforce, au fil des ans, de demander aux patients et aux complémentaires, en jouant sur les niveaux de remboursement, de payer les conséquences d’une politique du médicament non seulement incohérente mais dangereuse pour la santé publique. Rien en effet, sur le fond, n’a changé dans l’encadrement du médicament mis en place voilà une trentaine d’années. Certes,depuis la création en 1978 de la commission AMM (Autorisation de Mise sur le Marché), des institutions nouvelles sont apparues comme l’Agence française de sécurité sanitaire ou encore, plus près de nous, la Haute autorité de santé, mais sans corriger la faute originelle de notre système qui autorise les laboratoires à être juge et partie. Le moment est venu de couper ce cordon qui n’a rien de sanitaire. Pour le président de la Mutualité Française, Etienne Caniard, le drame du Mediator « est le fruit d’un enchaînement de dysfonctionnements. Ces défaillances peuvent de reproduire à tout moment et tout l’enjeu est désormais de ne pas se trouver dans une situation similaire.

Le second enseignement est qu’il ne faut pas jeter l’opprobre sur l’ensemble des médicaments. Cette affaire risque de discréditer l’ensemble des spécialités pharmaceutiques et donc des produits indispensables à la santé des Français. Il faut distinguer les produits efficaces de ceux qui ne le sont pas et il est donc nécessaire que les pouvoirs publics fassent preuve d’une rigueur extrême en matière d’évaluation des médicaments, de règles de remboursement, de fixation des prix, de formation des médecins et d’information du public ».

P.-S.

La Dépêche de l’Aube N1129

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