Mais où s’arrêteront-ils dans la surenchère ? Le député UMP Bernard Carayon vient de demander la suppression des subventions au MRAP.
Celui-ci avait, en effet, mis en cause dimanche dernier « les partis populistes et les extrêmes droites » européens dans le carnage en Norvège (Cf. p.1), jugeant qu’ils portaient « une lourde responsabilité
dans le climat délétère » en Europe. « Il est temps que l’État cesse de subventionner une organisation aussi éloignée des valeurs de la République » (! !!) a-t-il déclaré. Ces « valeurs de la République »
dans lesquelles de drape démagogiquement et sans vergogne
Carayon, où étaient-elles lorsque le parti de Sarkozy, par la voix de Xavier Bertrand, appelait « à voter blanc » en cas de duel entre la gauche et le FN au second tour des cantonales ? Où sont-elles dans les discours et les mesures, encore récents, contre les immigrés, dans la stigmatisation de populations choisies, socialement les plus fragiles ?
L’UMP, qui souille chaque jour davantage de brun le drapeau tricolore de la République, n’a de leçons à donner à personne. Carayon se vautre dans la fange lorsqu’il qualifie le MRAP de mouvement animé d’une « idéologie de haine [...] issu historiquement du Parti communiste
». L’ignominie n’a plus de bornes. Dans l’escalade vert-de-gris (présidentielle oblige), la fille Le Pen nous a aussi gratifié d’un chapelet de flatulences.
Cette demande, émise par un sous-fifre de l’UMP, est une abomination. Sarkozy et Berlusconi ne viennent-il pas de s’entendre comme larrons en foire sur le dos des réfugiés tunisiens et lybiens ? Dans une déclaration, le PCF a estimé que « le racisme et la xénophobie sont des maux à combattre avec la plus grande fermeté [et que] les différents responsables de l’UMP qui font de la surenchère avec le Front national doivent se ressaisir au plus tôt en balayant devant leur porte ». Alors qu’en Europe et autour de la Méditerranée, les peuples se lèvent avec comme première revendication la démocratie, les droites européennes pataugent en toute connaissance de cause dans les lisiers de la bête immonde au ventre toujours fécond. Ces irresponsables doivent être chassés. En
2012, nous fournirons le balai.