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Privatisation de GDF Sarkozy brade GDF aux patrons

vendredi 6 octobre 2006 , 2038 : visites , par LDA

Le parti de Sarkozy, reniant les engagements pris, vient de voter à l’Assemblée la privatisation de GDF afin de livrer l’entreprise au groupe privé Suez.

Le ministre de l’Intérieur s’était pourtant engagé, en 2004, au nom du gouvernement, à ce que l’État conserve au moins 70 % du capital dans EDF et GDF. C’est donc bien la parole d’État qui a été trahie par celui qui aujourd’hui postule à la magistrature suprême.

Le démantèlement d’une grande entreprise publique est décidé par la seule UMP au mépris de l’opinion des Français et des salariés. Les craintes qu’il suscitait pourtant portaient sur les prix et le maintien de l’intégrité de l’entreprise. Balivernes !, répondait alors T. Breton, qui affirmait avec l’aplomb d’un camelot peu scrupuleux que la fusion permettrait l’émergence d’un géant européen capable de tirer les tarifs à la baisse auprès des pays producteurs. Las ! Dans sa "lettre de griefs" que le gouvernement s’est efforcé de tenir hors de la connaissance des élus et des citoyens, la Commission européenne conditionne la fusion à l’abandon des contrats à long terme qui garantissent la stabilité tarifaire, les prix réglementés, qui doivent assurer l’accès de tous à l’énergie et exige que le nouvel ensemble abandonne plusieurs activités.

On en sait un peu plus aujourd’hui : les syndicats ont révélé que les dirigeants de GDF ont proposé de céder 21 % des capacités à la concurrence. Quant à l’abandon des prix réglementés, l’envolée de 48 % du tarif "libéralisé" en 2005 de l’électricité vendue aux entreprises est un avant-goût de ce qui menace les consommateurs avec la fusion et la libéralisation du marché de l’énergie en juillet 2007. L’histoire récente nous enseigne qu’une loi, même votée par la majorité parlementaire de droite, peut être défaite grâce au mouvement social, à une pression de l’opinion si forte que le gouvernement doive revoir leur copie. Cette leçon de démocratie a été infligée au printemps dernier à de Villepin par la jeunesse, qui a balayé le CPE. L’abandon de la maîtrise publique du gaz à l’heure où l’énergie est au cœur des plus grands conflits contemporains est une faute gravissime qui doit au plus vite être corrigée.

Quelle politique énergétique pour la France et pour l’Europe ? La mobilisation sociale qui se poursuit contre l’absorption de GDF ne peut faire l’économie de ce débat. La gauche notamment doit dire précisément quelle alternative elle avance. Le programme du parti socialiste mentionne la réintroduction du contrôle d’EDF à 100 % public et la constitution d’un pôle public de l’énergie. Le Parti communiste propose plus précisément la renationalisation d’EDF-GDF, la fusion des deux entreprises publiques au sein d’Énergie de France et, parallèlement, le renforcement de la présence publique dans le capital de Suez afin d’éviter tout risque d’OPA. En empêchant la discussion publique sur tout autre option, le gouvernement a voulu signifier : "Hors de la libéralisation, hors de la privatisation, point de salut !". On ne connaît pas encore la fin de l’histoire

P.-S.

Les trois députés aubois droits dans leurs bottes !

Peu importe que Sarkozy alors ministre des Finances ait promis que l’Etat resterait actionnaire au moins à 70% de GDF, qu’à 80% l’opinion publique soit hostile à la privatisation de ce fleuron national, que toutes les statistiques et les expériences passées démontrent que cette privatisation va entraîner une augmentation du prix du gaz qui va accabler un peu plus encore la population auboise, les trois députés UMP aubois Mathis, Menuel, Micaux viennent de voter comme un seul homme la privatisation de Gaz de France et ainsi mettre un terme à l’indépendance énergétique de la France. Un acte bien peu glorieux qui sera sans doute un jour classé aux heures sombres de l’histoire de notre pays.

Passy connh

La Dépêche de l’Aube N889

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