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“efforts” : les riches peuvent mieux faire

Loi de finances rectificative 2012

jeudi 19 juillet 2012 , 2668 : visites , par LDA

À l’heure d’un début de
mandat présidentiel placé
sous le signe des “efforts”,
les finances de l’État
devraient être le levier
du changement attendu.
Les moyens existent. Mais
la volonté politique ?

Le débat à l’Assemblée Nationale
sur le projet de budget
rectificatif 2012 sera-t-il une
première étape vers une nouvelle
répartition des richesses
ou un point d’appui pour justifier
la rigueur ? Les mesures
proposées pour faire rentrer
dans les caisses de l’état 7,2
milliards d’euros de recettes
supplémentaires ne sont pas
radicales mais elles mettent à
contribution les riches et les
grandes entreprises, avec le
rétablissement de l’impôt sur
la fortune, le relèvement de la
contribution sur les stocks-options,
une taxe de 3% sur les
dividendes, etc. C’est certes le
signal d’une intention de renverser
la vapeur dans le partage
des « efforts » pour sortir
de la crise, là où les salariés
et les familles ont déjà trop
payé. Et pourtant la balance
pourrait pencher encore plus
du côté de la taxation de la finance
 ; il reste de la marge !
Mais cette volonté affirmée de
justice reste nuancée par des
signaux contradictoires. Pour
preuve, dans la lettre de cadrage
budgétaire pour 2013,
est demandée la réduction de
15% en 3 ans des dépenses de
fonctionnement, un effort de
« maîtrise » des prestations de
« guichet » (comme les bourses
d’études ou les aides au logement)
et une baisse de 2,5%
des effectifs publics en dehors
des missions prioritaires.

ALLER PLUS LOIN
Avec cette nouvelle donne de
« l’effort », les cartes restent
trop inégalement encore distribuées,
le jeu toujours trop
entre les mains des valets de
pique de l’austérité. Contingentées
par le pacte budgétaire
européen et les autres
traités dont il est le dernier
avatar, les intentions du gouvernement
de ne pas décevoir
ceux qui ont mis au pouvoir la
gauche aboutissent à des mesures
de « compromis » là où il
y a besoin de ruptures nettes,
à tout le moins de réorientations
sérieuses.

L’ARGENT EXISTE
Pour atteindre ses objectifs, le
gouvernement doit trouver 30
milliards d’euros l’année prochaine.
Contrairement à ce
qu’on entend, ce chiffrage est
dérisoire au vu des marges de
manoeuvre budgétaires dont
il pourrait disposer. L’inspection
générale des finances a
estimé qu’au minimum 70 milliards
d’euros issus des niches
fiscales et sociales sont sans
effet positif pour l’emploi et
l’activité. Avec une réforme
courageuse de l’impôt sur le
revenu instituant une réelle
progressivité, ce sont 20 autres
milliards qui pourraient
être dégagés. S’y ajoutent les
40 à 50 milliards résultant de
la fraude fiscale. La solution
pour régler le problème des finances
de l’état n’est ni dans
des demi-mesures fiscales, ni
dans la réduction de la dépense
publique. Elle réside
dans une sortie des logiques
comptables austéritaires.
Les
moyens financiers existent
bel et bien pour soutenir massivement
l’emploi, l’activité
économique et la reconversion
écologique. Cette voie permettrait
de sortir de la crise.
Aussi nécessite-t-elle une volonté
politique de résistance
face aux dogmes libéraux.


Il y a besoin de ruptures nettes, à tout le
moins de réorientations sérieuses.


P.-S.

La dépêche de l’Aube N1191

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