“On commence par dire : cela est impossible pour se dispenser de le tenter, et cela devient impossible, en effet, parce qu’on ne le tente pas.” Charles Fourier

L'Humeur
  • NOUVELLES AHURISSANTES
  • 2 août 2012,
    par Malicette
  • (Nous venons d’apprendre le départ de Gilles millière pour londres. la nouvelle fait du bruit. pourquoi le département se priverait-il d’un chef aussi prestigieux ? et comment philippe adnot va-t-il prendre la chose, lui qui s’était battu bec et (...))
  • Lire la suite
1 Clic une Claque
  • TOUT VA TRÈS BIEN...
  • jeudi 2 août 2012
  • (Huit articles en 2 semaines de juillet dans la page locale de L’Est-éclair pour louer l’action du maire, E. Vuillemin ! La droite romillonne nage (...))
  • Lire la suite
Accueil du site > L’hebdo > 2012 > 08 Août > N1193 > Coût du travail : un problème, vraiment ?

Coût du travail : un problème, vraiment ?

Politique industrielle

jeudi 2 août 2012 , 127 : visites , par LDA

De la récente conférence sociale aux plans massifs de suppressions d’emplois, le patronat pousse les feux sur le “coût du travail”. Un chant des sirènes auquel le nouveau gouvernement n’est pas insensible.

Depuis l’annonce des coupes sombres qu’il s’apprête à pratiquer dans les effectifs de son groupe, Philippe Varin, le patron de PSA, se répand dans tous les médias pour demander une « baisse massive du coût du travail en France ». P. Varin a perçu une rémunération de 3 253 700 euros en 2010 et de 1 302 700 euros en 2011 ; pour information. Pour ne prendre que l’exemple de l’industrie automobile, ce coût du travail, soi-disant exorbitant et qui ne pèse que pour 10% dans le prix de revient, n’empêche pourtant pas le japonais Toyota de produire en France, à Onnaing dans le Nord des voitures destinées à être exportées vers les USA. Dans une étude comparative, publiée au printemps dernier, l’INSEE relève que « dans l’industrie automobile le coût horaire allemand est le plus élevé d’Europe. Il est en particulier supérieur de 29% à celui observé en France : 43,14 euros contre 33,38 ». Quant au coût salarial unitaire dans l’industrie (qui tient compte de la productivité du travail), il est pratiquement équivalent dans les deux pays et diminue en France comme en Allemagne (-0,5% en France par an, -0,7% en Allemagne).

LE COÛT DES PATRONS
En revanche, le « coût du travail  » des dirigeants de PSA est lui très élevé. En 2011, 8,62 millions d’euros de rémunérations ont été versés aux cinq membres du directoire. Pour 2012, ils ont annoncé renoncer à leur part variable (en principe déterminée sur les performances de l’entreprise). Ils percevront moins mais il reste encore pas mal de marge. Avec des salaires fixes de 1,3 million d’euros pour le pdg, de 930 000 euros pour le directeur Asie et de 620 000 euros pour les trois autres, ils auront encore largement de quoi voir venir. à ce « coût des patrons » démesuré, il faut ajouter celui des 15 membres du directoire non dirigeants qui ont empoché 1,4 million d’euros en jetons de présence et « autres prestations  » : une augmentation de 30,5% sur l’année précédente !

LE COÛT DES ACTIONNAIRES
Dans la valse étourdissante des millions, on trouve aussi les actionnaires dont le « coût » est également pesant. Entre 2002 et 2008, ils ont accaparé 50% des résultats nets en dividendes, sans compter les coûteuses opérations de rachats d’actions ; pour la seule année 2011, 457 millions d’€. L’exemple de PSA est symptomatique d’un discours patronal qui n’est qu’un leurre. Ce n’est pas le coût du travail qui pèse sur les entreprises. Le travail produit la richesse mais cette richesse est détournée dans la rémunération de patrons, faramineuse et bien souvent imméritée, du capital qui exige plus de rentabilité et plus vite, et dans des aventures boursières et financières. Les plans de restructurations massives sont la traduction d’une logique néolibérale poussée à son paroxysme dans la course aux profits. Rompre avec un tel système est une urgence vitale pour notre avenir.


Le coût des dirigeants et des actionnaires est un boulet que tirent les salariés.


P.-S.

La dépêche de l’Aube N1193

Portfolio

LE “COÛT” DES PATRONS

Répondre à cet article pour débattre, pas de promo de sites web commerciaux, merci

Société Nouvelle de la Dépêche de l’Aube, 22 ter rue Anatole France- 10000 TROYES. Tél 03 25 73 32 82. Fax 03 25 73 84 13 6 SARL au capital de 300 euros. Durée 99 ans. Gérant-Directeur : jean Lefevre. Associés à part égales : Jean Lefevre, Anna Zajac, Hugues Petitjean, Françoise Cuisin, Geneviève Delabruyère. Inscription Commission Paritaire N°0211 C 87550. Abonnements : 1 ans = 30 euros Régis, publicité, petites annonces : La Dépêche de l’Aube - Imprimerie JMI 87, av Gallieni 10300 STE-SAVINE.

|