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Quelle politique pour l’emploi faut-il mener pour en finir avec le chômage ?

le débat est lancé à gauche !

jeudi 19 octobre 2006 , 2294 : visites , par FLORENT BALLANFAT

Alors que la droite se félicite de ses "résultats" en matière d’emploi, la gauche auboise qui conteste la qualité de la politique du gouvernement, se réunissait jeudi 12 octobre pour présenter et débattre des propositions à mettre en œuvre dès 2007.

L’ampleur du chômage et de la précarité dans notre pays impose une réponse à la mesure des enjeux Pas sûr que toutes les formations de gauche présentes faisaient la même analyse de la situation. Tout d’abord sur le contexte social, comment ne pas tenir compte de la formidable mobilisation contre le CPE en début d’année ? Si l’ensemble des organisations présentes avaient participé à la bataille contre le contrat première embauche, parfois opportunément devant l’ampleur du phénomène, toutes n’ont pas, en revanche, pris la mesure de l’aspiration exprimée par la jeunesse à cette occasion. L’exigence d’un avenir qui ne soit pas fait de chômage et de précarité appelle pourtant des réponses à la hauteur d’une telle attente et non des petites mesures qui ont déjà montré leurs limites, comme la réactivation des emplois-jeunes proposée par le PS. Les Verts eux proposent la création d’un revenu pour les étudiants afin de garantir leur autonomie, le PCF intègre cette proposition dans le cadre général d’un parcours sécurisé tout au long de la vie permettant de s’affranchir de la menace du chômage.

Des solutions à apporter à l’échelle européenne, nationale et locale La question de l’ambition a été posée rapidement dans ce débat, si le MRC et les Verts n’ont pas donné d’objectifs concrets en termes d’emplois, les socialistes ont montré un certain manque d’ambition, en proposant sur une mandature de réduire le chômage à 5%... un objectif "réaliste" selon Albert Danilo (PS) mais qui laisserait plus d’un million de personnes en difficulté... tout simplement inacceptable. Comme l’a rappelé JP Cornevin, on n’est pas si loin du projet de l’UMP visant à réduire le chômage à ce taux à hoprizon à 2015. On est loin de la rupture indispensable prôné par ATTAC qui s’exprimait par la voix d’Alain Drot. De même, l’objectif socialiste d’un SMIC à 1500 € d’ici à 2012, illustre bien la difficulté du PS à présenter un projet affichant l’ambition de changer réellement les choses dans ce pays. Le PCF affirme lui, la nécessité de porter le salaire minimum à 1500 € pour 35h tout de suite et de revaloriser l’ensemble des minimas sociaux... ceci constitue une différence notable qui tient bien compte de l’urgence vécue par la population qui souffre de l’effondrement de son pouvoir d’achat.

Il existe bien des points sur lesquels les organisations de gauche sont d’accord, notamment sur la réduction du temps de travail à 35h partout puis à 32h, la création d’emplois en encourageant l’économie solidaire et le développement durable, la nécessité de protéger l’environnement... toutefois il parait assez difficile de dire que ce qui rassemble les organisations présentes au débat est plus important que les divergences entre elles. La question européenne avait déjà marqué une différence importante à l’occasion du référendum mais celle-ci ne semble pas avoir été dépassée depuis chez les verts et les socialistes. Le rôle primordial que doit joueur l’Europe était ainsi aux abonnés absents en dehors des programmes du MRC, du PCF qui rejoint assez largement les propositions d’ATTAC. Pour Claude Maitrot, représentant chevènementiste, il faut tirer les leçons du "non" du 29 mai 2005 et sortir du carcan libéral de l’Europe. Pierre Mathieu, pour le Parti Communiste, proposait une solution originale en transformant le pacte de stabilité en un pacte pour la croissance et l’emploi en utilisant la banque centrale européenne comme un outil pour mettre en œuvre cette politique.

Nul doute que si JM Massin (Verts) était arrivé dès le début de la réunion, il aurait trouvé une réponse à sa question ; en effet, sur le champ d’action des collectivités territoriales, Pierre Mathieu avait en effet apporté une solution à ce problème. L’élu communiste, en responsabilité au niveau régional, a ainsi rappelé la proposition du PCF de mettre en place une réforme de la fiscalité locale permettant aux collectivités de répondre aux besoins locaux et ainsi d’activer les viviers d’emplois locaux.

La question incontournable du financement des mesures Les temps changent cependant, puisque toutes les organisations présentes ont contesté les bienfaits du système d’exonération de cotisations sociales patronales (27 milliards d’euros), et autres cadeaux fiscaux au patronat dont l’inefficacité a été également soulignée récemment par la Cour des comptes. Mais dans ce domaine, entre le discours officiel et le programme il y a une petite nuance, puisque ni le PS, ni les Verts ne semblent prêts à renoncer à ce type d’intervention contenu dans leurs projets... les leçons des erreurs passées ont-elles vraiment été tirées ? pas sûr, à entendre les représentants de ces partis, Pierre Mathieu tenait à mettre les choses au point en précisant que si la gauche plurielle avait tout bien fait, elle aurait été au second tour... il faut donc tirer des enseignements de cette période pour ne pas recommencer la même chose.

La priorité pour le PCF est de prendre l’argent où il est, pour financer les mesures qu’il propose comme la sécurité emploi-formation, permettant aux gens d’être soit en position d’emploi, soit en formation sans passer par la case chômage. Même chose pour la création d’emplois publics pour répondre aux besoins actuels et à venir, cela nécessite de l’argent qu’il va bien falloir trouver. Pour ATTAC, il faut bien évidemment s’attaquer à la question de la répartition des richesses pour utiliser l’argent improductif qui reste dans les circuits financiers et le mettre au service de l’emploi et des services publics. C’est dans ce sens que vont les propositions du Parti Communiste, notamment par la création d’un grand pôle financier public regroupant des grands acteurs de ce secteur. Cela aurait pour effet de permettre un meilleur accès au crédit, à des taux plus faibles qu’actuellement notamment pour les petites et moyennes entreprises. Ce pôle public permettrait de faire baisser les charges financières qui pèsent sur les entreprises, avec en contre partie des créations d’emplois.

Sans une véritable réforme de la fiscalité tant locale que nationale, il n’est pas concevable d’imaginer changer véritablement la donne et inverser le rapport de forces entre salariés d’un côté et actionnaires et patrons d’autre part.

P.-S.

La Dépêche de l’Aube N891

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