“Nous ferons barrage à Marine Le Pen, les yeux ouverts pour la suite.” Pierre Laurent, secrétaire national du PCF

Fusion GDF-SUEZ

Contre le service public

samedi 18 mars 2006 , 2308 : visites , par LDA

Fin février, le Premier ministre a annoncé la fusion entre Gaz de France et GDF. C’est une privatisation de fait de cette dernière. Suez possède un capital de 41 milliards d’euros, près du double de celui de GDF. Les modalités de la fusion aboutissent mécaniquement à l’absorption de l’entreprise nationale. L’État, qui contrôle 80% du capital de GDF, n’en contrôlera plus que 34%. Le pouvoir livre ainsi un bien national à un groupe privé. La fusion n’était pas le seul moyen de protéger Suez. Une solution défendue par la CGT consiste à "élargir la présence publique dans Suez ". Une montée de la Caisse des dépôts dans le capital accompagnée d’une entrée d’autres fonds stables comme la Caisse d’épargne, le Fonds de réserve pour les retraites, mais aussi de collectivités locales, permettrait d’empêcher rapidement toute OPA hostile et l’éclatement de l’entreprise entre la branche énergie et l’environnement. La fusion ne préservera pas l’emploi. Les doublons vont être supprimés avec les emplois correspondants. Ce fut le cas de 300 000 emplois dans l’énergie depuis 10 ans en Europe. Cette fusion menace les 58 000 emplois communs à EDF et GDF. Le service public ne sera pas préservé. L’État sera minoritaire dans le capital de l’entité issue de la fusion. Dès lors, il ne présidera plus aux choix stratégiques à la gestion de l’entreprise. Celle-ci sera conduite par les actionnaires privés et guidée par leur exigence de rentabilité. Enfin, le contrat de service public qui garantit en particulier le maintien de la péréquation tarifaire est re-négociable en 2007. Les actionnaires n’ont jamais caché leur volonté qu’elle soit rediscutée. De la même manière, ils souhaitent la fin des tarifs régulés. Le prix du gaz au particulier pourrait flamber. Mise en concurrence entre EDF et GDF Quant à la fusion, elle ne permet pas de répondre aux enjeux énergétiques. En privatisant GDF, le gouvernement perd toute maîtrise de la filière gazière. Les tensions nouvelles autour du gaz invitent au contraire à l’accroissement de la maîtrise publique du secteur. D’autre part, en fusionnant GDF avec Suez, propriétaire de l’électricien belge Electrabel, le gouvernement fait le choix d’une mise en concurrence directe avec EDF. Ces stratégies de fusions sont extrêmement coûteuses. 188 milliards d’euros ont été dilapidés de la sorte en Europe ces dernières années sans qu’un seul centime aille à l’investissement dans de nouvelles capacités de production ou dans la recherche. Bref, la fusion GDF-Suez, contrairement à ce qu’affirme le pouvoir, est lourde de menaces pour le service public et l’emploi. Elle constitue un choix idéologique qui va à l’encontre des impératifs de sécurité d’approvisionnement en gaz ou en électricité et d’environnement. À terme, elle menace l’accès à l’énergie e nos concitoyens. À l’opposé de cette politique, ces enjeux appellent au contraire à un accroissement de la maîtrise publique du secteur de l’énergie

P.-S.

La Dépêche de l’Aube N860

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