Marie George Buffet est aujourd’hui ce Samedi à 17 h 30 à Troyes pour un grand meeting.
A soixante quatre jours du 1er tour de l’élection présidentielle l’intérêt de la population pour cette échéance importante pour l’avenir du pays va grandissant. Après cinq années d’une politique de droite qui a considérablement aggravé les inégalités sociales, une des grandes question est : est ce que la gauche peut être à la hauteur des espérances que porte en elle la population ? Sur cette question notamment, Marie George Buffet apportera des réponses aux Auboises et Aubois présents au meeting.
Mais à ce titre l’on sait déjà que le discours de Ségolène Royal à Villepinte pose plus de questions qu’il n’apporte de réponses.
Après avoir entretenu l’ambiguïté, flirté ces derniers mois avec des thèmes sécuritaires chers à la droite, au point de semer le trouble et le doute, et pris finalement la mesure des attentes sociales du pays, la candidate socialiste a décidé d’infléchir son discours à gauche. Elle a énoncé 100 propositions organisées autour des principales urgences sociales du pays : le pouvoir d’achat, le travail, la réussite éducative, la Sécurité sociale, le logement... Et des revendications du monde du travail figurent dans ce catalogue.
Par rapport à ce que l’on connaissait déjà, notamment au travers du projet socialiste, peu de neuf a été annoncé, mais plusieurs corrections de formules visent à gommer l’inquiétude suscitée, par exemple sur la carte scolaire. Après le "trou d’air" enregistré par les sondages, il y a là une volonté de relancer sa campagne, mais il faut surtout y voir un signe. Le peuple de gauche ne se résout pas à abdiquer ses espérances sociales, ses exigences de changement et la candidate socialiste ne peut qu’en tenir compte à l’approche des urnes. Les électeurs de gauche veulent battre la droite parce qu’ils espèrent une autre politique.
S. Royal n’a pas dit un mot sur les moyens financiers nécessaires à la mise en œuvre de ses promesses électorales Reste que le pacte de Ségolène Royal fait en même temps une totale impasse sur les moyens du changement. Pas un mot sur la réforme fiscale nécessaire, sur la maîtrise des moyens de financement et l’utilisation des profits drainés vers les marchés financiers, sur la réforme du financement de la protection sociale. Pas un mot sur le recul des pouvoirs des actionnaires, sur les nouveaux droits des salariés à l’entreprise. Pas un mot sur les mesures et les combats susceptibles de réorienter fondamentalement l’Union européenne.
Au lendemain du discours de Royal, il demeure donc plus indispensable que jamais, pour rendre crédible la gauche et sa victoire, qu’une autre voie porte plus avant l’audace transformatrice de la gauche, comme l’a rappelé Marie-George Buffet au grand jury RTL-LCI-Le Figaro. Car, sans les moyens du changement, sans le courage de mettre en cause le pouvoir des puissants, sans identification claire des responsabilités, en particulier celle des marchés financiers, la route est libre pour toutes les démagogies de la droite.
Sarkozy n’a de cesse de brouiller les cartes, s’appuyant sur les désillusions créées par la gauche dans le monde ouvrier et salarié. Il n’y a qu’une manière efficace de lui couper l’herbe sous le pied, c’est de rassembler dans la clarté, de dire la vérité sur ce qu’il faudra changer pour réussir le changement. Pour gagner, la gauche a besoin de propositions courageuses et non seulement de promesses. Elle a besoin qu’au 1er tour s’exprime dans les urnes cette nécessité absolue que pour réaliser le changement tant attendu il faudra aller chercher l’argent là où il est, là où il abonde, là où il ne sert pas la population de notre pays à vivre mieux