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Italie

entre un “MR ciseaux” et les longs couteaux

vendredi 1er juin 2018 , 308 : visites , par Rémi

Face aux “antisystèmes” de l’extrême droite, le président italien choisit la pire des potions en offrant de gouverner à un technocrate du FMI. Une solution soufflée par Bruxelles et qui va ouvrir davantage les vannes aux populistes qui se frottent les mains par avance.

Les législatives italiennes de mars dernier, qui ont vu “les forces antisystème” l’emporter, n’auront vraisemblablement été qu’une péripétie dans le chaos politique italien. Une péripétie qui avait quand même vu les populistes europhobes et l’extrême droite - les “forces antisystème” - tirer leur épingle du jeu et s’ouvrir devant elles les portes du pouvoir. Si le chef d’État italien a empêché l’installation d’un gouvernement de coalition entre le Mouvement 5 Étoiles et la Ligue du Nord, c’est d’abord pour répondre aux sueurs froides de Bruxelles, qui entendait d’une très mauvaise oreille leurs déclarations d’intention de sortie de l’euro. Et la nomination d’un ancien dirigeant du FMI, Carlo Cottarelli, surnommé “Monsieur Ciseaux” pour sa propension à cisailler la dépense publique, comme l’en avait missionné en 2013 le gouvernement (centre gauche !) d’Enrico Letta, accrédite bien l’idée que Bruxelles est à la manoeuvre. Il n’y a pourtant pas de quoi pousser un ouf ! de soulagement pour l’Italie où le seul choix politique serait entre les ciseaux et les longs couteaux. Les ciseaux des technocrates de l’austérité ou les longs couteaux des démagogues populistes et xénophobes. Voilà à quoi en est réduite la 3ème puissance économique européenne, où le taux de chômage est de 11,5%, où 30% de la population est exposée au risque de pauvreté, et où un jeune sur cinq n’a ni formation, ni emploi. Un désastre social qui a fait le lit des populistes et rendus les italiens réceptifs aux chants des sirènes racistes et nationalistes. Tout cela avec la bénédiction de la commission de Bruxelles et du FMI, qui profite de l’aubaine pour caser l’un des siens.

Dans le brouillage des cartes, la finance fait son beurre

Reste que le “coup de force”, comme le qualifient les néo-fascistes (qui en connaissent un bout en la matière) risque de n’être qu’un coup d’épée dans l’eau. Car Carlo Cottarelli et son «  gouvernement technique  » devront obtenir la confiance du Parlement italien. Forte des positions gagnées aux législatives de mars, l’extrême droite se frotte déjà les mains dans la perspective d’élections anticipées dès l’automne, où, prévoit un ancien président du Conseil de centre gauche, Massimo D’Alema, la Ligue du Nord et le Mouvement 5 Étoiles pourraient prendre 80% des voix. Car la personnalité de Monsieur Ciseaux est si mal vue en Italie (après qu’il se fut penché sur la Grèce et le Portugal pour le FMI) que les élections prochaines, qui s’annoncent, élargiront le boulevard ouvert en mars dernier à l’extrême droite et aux populistes, qui pèsent déjà ensemble plus de 56% des voix. Mais, dans un tel brouillage des cartes aux sombres perspectives, la finance fait son beurre. Les taux d’intérêt sur la dette italienne ont quasiment doublé depuis décembre, avec un bond ces derniers jours. Et l’irruption de Monsieur Ciseaux sur le devant de la scène a comme but premier de « rassurer les marchés », peut être de manière très éphémère et après près de trois mois d’incapacité à former un gouvernement « politique ». Un but atteint à voir la hausse de la bourse de Milan après l’annonce d’un gouvernement Cottarelli. Un gouvernement dont il se pourrait fort qu’il ait la même destinée que ceux de notre IIIème République, agonisante avant de donner les clés du pouvoir à Pétain.

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