“Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ; c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe, et de ne pas faire écho, de notre âme de notre bouche et de nos mains aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques.”bouche et de nos mains aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques.” Jean Jaures (Discours à la Jeunesse / Albi 1903)

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FRANCHISES MEDICALES ET MENSONGES SARKOSYSTES

jeudi 4 octobre 2007 , 1991 : visites

En matière d’assurance maladie l’UMP et Nicolas Sarkozy ont une idée fixe : l’augmentation des dépenses de santé, ce serait d’abord et avant tout la faute des patients. Il faudrait donc les "responsabiliser", c’est à dire les pénaliser financièrement pour "qu’ils consomment moins", ou, au minimum, pour que "la Sécu rembourse de moins en moins".

Aujourd’hui Nicolas Sarkozy va plus loin, beaucoup plus loin, en annonçant la mise en place de "FRANCHISES" c’est-à-dire un seuil annuel de dépenses en dessous duquel l’assurance maladie ne remboursera rien. Rien du tout. Ce plafond serait de 50 euros par an et par assuré. En pratique, les patients devraient payer 0,50 euro par boîte de médicament, autant par acte paramédical (kiné, par exemple) et 2 euros par transport sanitaire. Ces franchises pourraient, dit-on, être prises en charge par les assurances complémentaires. Dans ce cas, les complémentaires santé ne manqueront pas de répercuter la charge supplémentaire sur leurs tarifs Franchise = Régression sociale : Dans son principe même une franchise d’un montant identique pour tous "pèsera" différemment selon les revenus. C’est la fin d’un système d’assurance maladie solidaire dans lequel chacun cotise selon son reveu et qui protège, équitablement, les individus en bonne santé et les malades. Franchise = Menace sur l’accès aux soins primaires et la santé publique : Pour les "gros consommateurs", c’est-à-dire les patients atteints de maladies lourdes, il n’y aura pas le choix : il faudra payer.

La cible de cette mesure ce sont surtout les petits ou moyens consommateurs qu’il faut dissuader de se faire soigner pour des maladies apparemment moins sévères (celles qui, non soignées, peuvent justement s’aggraver) et bien évidemment pour les actes de prévention que l’on croit toujours pouvoir "reporter" à plus tard. L’inverse d’une politique cohérente de santé publique.

Franchise = Remise en cause du "tiers payant" : Les professionnels de santé ne pouvant savoir si le montant de la franchise a, ou non, déjà été acquitté, les patients devront systématiquement faire intégralement "l’avance de frais". Ce qui constituerait un obstacle supplémentaire à l’accès aux soins des plus modestes. Franchise = Porte ouverte à l’escalade : Nicolas Sarkozy ne s’en est pas caché, cette franchise sera "modulable" c’est-à-dire que "si les dépenses augmentent et si le déficit augmente on pourrait augmenter le montant", et comme les dépenses augmenteront, inéluctablement, la franchise augmentera, non moins inéluctablement, et avec elle augmentera la gravité de ses effets pervers.Sachant le projet très impopulaire, Sarkozy a tenté de lui donner différentes justifications. À l’en croire, le but serait désormais de financer la recherche sur la maladie d’Alzheimer et le cancer. Mais, le rendement attendu des franchises (environ 800 millions d’euros) est très loin des besoins. En réalité, les franchises reflètent un choix fondamental, autant idéologique qu’économique, touchant au modèle de protection sociale : il s’agit de favoriser au maximum les systèmes de couverture privés et de réduire d’autant le rôle, la place de la Sécu. Beaucoup expriment un sentiment de profonde injustice devant un projet consistant à pénaliser une fois encore les malades, alors que le gouvernement vient de brûler près de 15 milliards d’euros d’argent public dans des cadeaux fiscaux profitant pour l’essentiel à une minorité de foyers favorisés - soit plus que le montant du déficit de la Sécu toutes branches confondues !

D’autres moyens sont possibles

- l’Etat doit 5,2 milliards d’euros à la sécurité sociale,
- 13 milliards d’euros : c’est la somme qui rentrerait dans les caisses assurances chômage et maladie si les revenus boursiers cotisaient
- 23 milliards d’euros : c’est le coût pour l’assurance maladie des exonérations de cotisations patronales voulues par le MEDEF et gracieusement accordées par la loi .
- 1,9 milliards d’euros : c’est l’ensemble des cotisations patronales non payées (fraudes) Par contre :
- 1% d’augmentation de salaire généralisée (soit un coût de 30 euros pour un salaire de 1500 euros net) représente une rentrée de 2,5 milliards d’euros pour la sécurité sociale.

P.-S.

La Dépêche de l’Aube N941

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