L’affirmation de la paix est le plus grand des combats. » Jean Jaurès

Services en gare de troyes

Les usagers attendent mieux et rapidement...

dimanche 23 avril 2006 , 2426 : visites , par FLORENT BALLANFAT

il faut parfois patienter près de 30 minutes pour accéder aux guichets.

Aux guichets, la patience est de rigueur... Devinette : pourquoi les trains circulant sur la ligne Paris - Bâle arrivent-ils aussi souvent en retard ? Réponse : pour permettre aux usagers qui attendent au guichet de ne pas rater leur train... Et encore ça ne suffit pas toujours les cas de personnes montant à bord du train sans billet faute d’avoir pu le prendre aux guichets se multiplient... En effet, il n’est pas rare, à certaines heures de la journée où la file d’attente atteint allègrement la porte d’entrée, qu’il faille patienter 20 à 30 minutes pour prendre son billet. On est loin de l’objectif affiché par la SNCF d’une attente maximum de 10 minutes que Mireille Faugère, membre de la direction nationale de l’entreprise publique, rappelle dans le magazine « Que Choisir » de mars 2006. D’ailleurs la revue de consommateurs, dans son enquête réalisée auprès de 100000 abonnés sur la qualité de services à la SNCF, met le doigt sur un certain nombre de problèmes qu’on retrouve en gare de Troyes notamment en ce qui concerne l’information et la propreté.

Certification et qualité de service : pas à une contradiction près... Et pourtant depuis le début de l’année, les choses bougent à la gare de Troyes entre des travaux de modernisation et l’installation d’un nouveau guichet automatique dernièrement. De même, l’obtention récente de la certification qualité "NF" d’une gare signifie que la SNCF s’engage à mettre en œuvre les moyens permettant de garantir un niveau de service répondant aux attentes des usagers. En apparence ces intentions sont bonnes puisqu’elles reposent sur la volonté de l’entreprise publique de transport ferroviaire de mieux prendre en compte les besoins des voyageurs. Seulement ce qu’on peut lui reprocher c’est de ne pas se donner les moyens de ses ambitions en cherchant à rendre un service de meilleure qualité tout en réduisant le nombre d’agents au guichet notamment. La fermeture d’un guichet le dimanche après 19 heures, la fermeture du Bureau d’Informations et de Réservations le samedi au motif qu’il réalise un chiffre d’affaires plus faible n’est pas acceptable. La qualité d’un service public ne se mesure pas à sa rentabilité financière, ni même à la taille du chiffre d’affaire qu’il génère. C’est d’autant plus vrai pour le transport à l’heure où les plus hautes autorités mondiales déplorent les effets du réchauffement climatique et en appellent à un rééquilibrage entre modes de transports routier et ferroviaire.

La SNCF ne peut pas laisser passer sa chance. Historiquement à la pointe du progrès en matière de développement durable, tant au niveau environnemental et social, que du point de vue technologique, la SNCF a été longtemps une entreprise qui constituait une référence dans le monde entier. Jamais le contexte n’a été aussi favorable pour le développement d’un véritable service public moderne de transport, et pourtant jamais la SNCF n’a paru aussi éloignée de cette préoccupation. Prisonnière d’une exigence de rigueur budgétaire dans laquelle la direction de l’entreprise semble se complaire, et anticipant à l’excès l’ouverture d’un marché qu’elle contribue par son attitude à rendre souhaitable par un certain nombre de ses usagers, la SNCF semble engagée dans une voie dont l’issue pourrait bien être la privatisation. Alors qu’elle dispose d’atouts indéniables, tout se passe comme si l’entreprise publique n’aspirait qu’à une seule chose : détruire son image pour s’en construire une que personne ne lui enviera : celle d’une entreprise privée avec des actionnaires avides de profits et obsédés par la rentabilité financière..

Créer un nouveau modèle de sevice public pour rendre la SNCF incontournable

Le président de la SNCF, Louis Gallois, le répète à qui veut l’entendre, son objectif est de faire de la SNCF l’entreprise de service public de référence en Europe, et la méthode sur laquelle il souhaite s’appuyer est l’innovation. Les spots publicitaires qui accompagnent cette démarche sont clairs pour donner une longueur d’avance à l’entreprise ferroviaire, celle-ci souhaite s’appuyer sur des " idées " qu’elle veut faire grandir. Nous pouvons en proposer une, très simple : mettre en place un véritable service public s’appuyant réellement sur les besoins des usagers. Reste à la faire grandir. Le Conseil Régional de Champagne-Ardenne sous l’impulsion de son vice-président aux Infrastructures et aux Transports, Pierre Mathieu, s’est engagé sur cette voie grâce aux CLAD qui sont de véritables structures de concertation prenant en compte les propositions de ceux qui sont concernés par la qualité du service public. Si la SNCF est capable d’appliquer cette méthode au niveau de son activité TER, elle peut faire de même au niveau national. Pour cela, elle peut compter sur le soutien des cheminots qui n’aspirent bien souvent qu’à remplir leurs missions de service public dans de bonnes conditions. Ceci pose bien évidemment la question des moyens que l’on souhaite mettre en œuvre. Pour les communistes, il est indispensable de donner à la SNCF et à RFF les moyens de construire ce service public que les usagers méritent, et cela passe par une annulation de leurs dettes pour leur permettre de dégager quelques marges de manœuvre C’est pour replacer la SNCF sur de bons rails, et parce qu’ils sont attachés à un service public de qualité que les élus communistes ont mis en circulation une pétition en vue de l’amélioration du service en gare de Troyes. Les quelques 500 signatures déjà recueillies montrent à quel point, l’attachement des cheminots, des voyageurs réguliers ou occasionnels au transport public ferroviaire est important. Elles constituent plus qu’un simple rappel à ces valeurs, c’est véritablement une perche qui est tendue ici à la SNCF, à elle de la saisir.

P.-S.

La Dépêche de l’Aube N865

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