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Spécial Anniversaire N° 1000

Ils ont fait la Dépêche...Quand on lutte, on a toujours vingt ans

Par Geneviève Delabruyère

vendredi 21 novembre 2008 , 1557 : visites

Ecrire l’histoire de la Dépêche ? Mission impossible. Nul ne le pourra jamais.

Elle est faite de tant de vies mêlées, entrecroisées, de tant de coups donnés, reçus... Elle colle si fortement à l’histoire du département, à ses luttes, à ses hommes, à ses femmes le plus souvent obscurs, anonymes. Elle est la voix des sans voix.

Quelques anecdotes se transmettent : Ce temps, vers 1930, où elle avait 3 directeurs... parce qu’il y en avait toujours 1 en prison et qu’il fallait faire face. Ainsi Henri PLANSON raconte que, lorsqu’il est né, son père Lucien était rue Hennequin. Puis cette Dépêche clandestine, fabriquée avec les moyens du bord, dès 1940, par Maurice ROMAGON et ses amis et distribuée de nuit, à la barbe de l’occupant par des militants communistes courageux.

Au gré des aléas matériels, politiques... ou le plus souvent financiers, la Dépêche sera quotidienne (avant la guerre), hebdomadaire, grand ou petit format. Mais elle est là !

1980 : Un Bi-hebdo Mardi 8 pages - vendredi 12 pages.

C’est un évènement qui ne laisse personne indifférent. Surfont sur l’immense vague d’espoir que crée l’union de la gauche, les communistes de l’Aube décident de se doter d’un bi-hebdo. La ténacité, l’enthousiasme d’Yves ROY, secrétaire fédéral, vont lever tous les obstacles. Pour réussir l’exploit, deux journalistes professionnels de qualité sont engagés : Didier BERNEAU et Robert COUXREUR ;

Et l’on attaque tous azimuts La politique nationale, départementale, bien sûr, mais aussi la vie culturelle, sportive, associative. Un petit roman feuilleton (Guy de MAUPASSANT, Victor HUGO, s’il vous plait !) des mots croisés , des petites annonces. En un mot un journal, un vrai.

Et qui retentit ! La droite ne s’y trompe pas.

Les travailleurs non plus qui se reconnaissent et soutiennent et appellent pour que l’on parle de leurs luttes, de leurs conditions de travail. Dans les quartiers populaires on fait la chasse à l’huissier qui vient saisir les pauvres qui (déjà) ne peuvent faire face. Et les familles se racontent.

" Est-ce ainsi que les hommes vivent ? " est le thème d’enquêtes au plus profond de la société. Pour l’équipe qui construit le journal, un seul objectif : écouter, dénoncer, ouvrir des perspectives de lutte, d’espoir.

Ne pas " mouliner de la politique " mais amener à la réflexion à partir du vécu. Pas le plus facile. " Mais il est bien court le temps des cerises ! " C’était compter sans les requins de la finances et de la politique. La belle embellie ne pût faire face, au cours des années, aux contingences capitalistes. Une nouvelle " nouvelle formule " fut étudiée, conçue, réalisée, plus modeste certes mais avec le même esprit de plonger dans la foule pour dénoncer les injustices, lever les espoirs, car c’est son unique raison d’être.

Et ça continue ! Pour longtemps. Des anecdotes des " Unes " célèbres Citons au hasard :

Noël à la FRAM, occupée par ses ouvriers avec pour titre " exigeons que le travail soit fait à la FRAM " et non expatrié en Italie ou en Tunisie. (...Noël 1980) 1000 femmes debout, avec G. Marchais déclarant à la foire de champagne " les femmes craintives, les femmes soumises les femmes passives c’est fini et bien fini. Et c’est irréversible "

Un dessin de Gérard Le berre, Robert Galley devant son gâteau d’anniversaire. Un huissier : " Que Monsieur m’excuse, il y a là une délégation de locataires à qui on a coupé l’électricité ", " Qu’on leur distribue mes 60 bougies " répond le ministre maire.

Merci Adélaïde, 84 ans, pensionnaire à la Réunion vote pour l’élection de Robert Galley à la mairie de Troyes, ses amies octogénaires seront aussi inscrites sur les listes électorales Troyennes.

Conseil Général : A l’ouverture de la session, les conseillers généraux ont le nez dans la Dépêche et les commentaires vont bon train.

Les Kasse occupent le bureau de Robert Galley, à Troyes mais aussi à Paris au ministère des Dom-Tom. Elles refusent la liquidation de leur entreprise. Le pot de yaourt, qui symbolise la minuscule augmentation du prix de journée des enfants en colonie de vacances votée par les conseillers généraux. Certains lecteurs le découperont pour s ’en servir de bulletin de vote.

Le Paris-Bâle, spécial entreprises, bourré de personnalités, immobilisé par des travailleurs en colère etc... etc...

Un journal, une équipe !

Didier BERNEAU, Robert COUVREUR, Geneviève DELABRUYERE traitent de l’actualité, animent le réseau de correspondants, mènent des enquêtes. Par exemple une série d’articles retracera la vie des résistants aubois. Jeannette PETITJEAN fouille l’histoire locale et y ajoute son grain de sel pour le plus grand plaisir des lecteurs. Gérard LE BERRE croque les hommes politiques qui rient jaunes.

Jean LEFEVRE commet déjà quelques humeurs malignes. Raymond FAGEOT démarche la publicité. Grâce à son opiniâtreté, à sa faconde, il multiplie les contrats qui font vivre le journal.

Hubert HERRIG, Guy CHAMARANDES et leur équipe : Maryse, Lii, Corinne, Jean-Louis, Jean-Michel, Patrick, Douillot fabriquent le journal dans une atmosphère vivifiante ! Yves ROY, André GAUDOT, Alain DIDIER gèrent l’intendance. " Bien sûr nous eûmes des orages.... "

P.-S.

La Dépêche de l’Aube N1000

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